Neuchâtel: exposition sans barreaux à l'OFS » Blog de PasTis

 Neuchâtel: exposition sans barreaux à l'OFS

30/5/2007

Du boulet au bracelet, ou l’avenir des peines de prison en Suisse

Neuchâtel • Avec l’entrée en vigueur du code pénal révisé au 1er janvier 2007, le recours à des peines privatives de liberté a subi d’importantes modifications. Pour permettre au public de comprendre ces changements, l’Office fédérale de la statistique (OFS) à Neuchâtel a monté une exposition qui présente le passé, le présent et l’avenir de l’application de ces peines.

Daniel Fink
Daniel Fink, chef de la section criminalité et droit pénal de l’OFS, ici avec le bracelet
qui constitue l’élément central du système de surveillance électronique qui pourrait
remplacer la mise en détention.                                                             Photo pti


Depuis le début de l’année, le nouveau code pénal limite sensiblement le recours à des peines d’emprisonnement ferme au profit des peines pécuniaires (jours-amendes) ou des journées de travail d’intérêt général. Daniel Fink rappelle que «la grande majorité (88%) des peines de prison prononcées actuellement par les tribunaux suisses ne dépasse pas une durée de six mois. De ce fait, l’application du nouveau code pénal devrait contribuer à résoudre le problème récurrent de la surpopulation carcérale, voir à diminuer le nombre d’établissement de privation de liberté». A ce propos, le chef de la section criminalité de l’OFS souligne que: «grâce notamment à l’introduction du travail d’intérêt général et du bracelet électronique durant les années 90, la capacité d’accueil actuelle des prisons suisses est quasiment identique à celle de 1900, alors que, dans le même temps, la population du pays a plus que doublé».

Histoire et conférences

L’exposition ouverte depuis aujourd’hui dans l’Espace public de l’OFS retrace, sur deux siècles, l’évolution des peines de prison en Suisse. A travers une dizaine de panneaux explicatifs, illustrés de documents et de statistiques, les visiteurs peuvent découvrir notamment qu’au début des années 1890, la Suisse disposait de plus de deux cents places de détention pour 100'000 habitants, contre nonante aujourd’hui. «A la même époque, on enregistrait plus de 90'000 incarcérations par an, pour des motifs aussi graves que l’ivresse sur la voie publique, le vagabondage ou l’infamie», ajoute Daniel Fink.
En marge de l’exposition «Du boulet au bracelet», l’OFS propose un cycle de conférences. Ces dernières se dérouleront tous les mercredis du mois de juin (dès 19h00).
Ainsi, le 6 juin, Philippe Henry, professeur à l’Université de Neuchâtel, présentera «Crime, justice et société à Neuchâtel aux 18e et 19e siècles: aux origines de la privation de liberté».
Le 13 juin, Pierre Cornu, procureur général de la République et du canton de Neuchâtel et Daniel Fink, chef de la section criminalité et droit pénal de l’OFS, se succèderont sur le thème «Crime, justice et société à Neuchâtel, au 20e siècle».
Le 20 juin, Daniel Fink accueillera Benjamin Brägger, chef du service pénitentiaire de Neuchâtel, pour parler de «La privation de liberté et son avenir à Neuchâtel».
Et le 27 juin, ce sera au tour d’Olivier Guéniat, chef de la police judiciaire de Neuchâtel – accompagné par Vanessa Robatti, responsable de la statistique des jugements pénaux des mineurs, à l’OFS – de commenter «La délinquance juvénile à Neuchâtel aujourd’hui».


Pascal Tissier

L’exposition «Du boulet au bracelet» est ouverte du lundi au vendredi, de 10h00 à 17h00 (ou sur demande), jusqu’au 28 septembre, à l’Espace public de l’Office fédéral de la statistique (OFS). L’entrée à l’exposition et aux conférences est gratuite.
Renseignements: www.statistique.admin.ch

 


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