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 Vaumarcus: Olivier Guéniat rassure des retraités

29/8/2007

Face à un public de personnes âgées, Olivier Guéniat dénonce le climat d’insécurité engendré par les médias  

Vaumarcus • Dans le cadre du camp « Ouverture et partage 2007 » qui s’est déroulé du 18 au 23 août à Vaumarcus, Olivier Guéniat, s’est adressé à plus d’une cinquantaine de retraités. Au terme de sa conférence, intitulée « Sentiment d’insécurité à tous âges, comment réagir ? », le chef de la police de sûreté neuchâteloise a été vivement applaudi par un public séduit autant par son charisme que par son exposé.

Olivier Guéniat
Que ce soit avec des enfants, des adultes ou des aînés, Olivier Guéniat est un
orateur de talent qui sait parfaitement adapter son discours au public qu’il a
devant lui, notamment avec des touches d’humour et d’excellentes anecdotes.


On ne présente plus Olivier Guéniat. Cet Ajoulot de 40 ans, docteur en sciences forensiques (criminologie, études comportementales, analyses de scènes de crime, etc.), chef de la police de sûreté neuchâteloise depuis bientôt dix ans, a fait beaucoup parler de lui depuis la publication – en mai dernier – de son livre « La délinquance des jeunes – L’insécurité en question », dans lequel il dénonce l’exploitation politico-médiatique de certains faits divers et analyse la situation réelle de la criminalité en Suisse.
Lorsqu’il arrive au Camp de Vaumarcus, Olivier Guéniat est souriant, aimable et disponible. Il prend le temps de saluer et d’échanger quelques mots avec tous ceux et toutes celles qui s’approchent de lui. Venu en voisin (il habite à Vaumarcus) avec un peu d’avance, il installe lui-même le projecteur et prend soin de mettre son téléphone sous silence. Vu de l’extérieur, on a vraiment l’impression qu’une star est dans la Rotonde entourée de fans.

Olivier GuéniatColumbo, Guéniat, même chien

A dix heures précises, Gilbert Grüring, l’un des co-organisateurs du Camp « Ouverture et partage 2007 », prend la parole pour présenter l’orateur : « j’ai cherché le lien qu’il pouvait y avoir entre l’inspecteur Columbo de la série télévisée et Olivier Guéniat. Pas le pardessus, pas la voiture ni la coupe de cheveux… mais il y a le chien ». Apparemment très amusé par cette introduction, le chef de la sûreté révèle que si son chien ressemble bien au basset de Columbo, « la seule chose que je peux retrouver avec lui, c’est le frigo ». Eclats de rire dans la salle, Olivier Guéniat a déjà conquis son public. C’est aussi ça son talent !
Bien entendu, son discours est un peu le résumé de son livre : il met en évidence le danger des idées reçues en matière de sécurité publique et dénonce l’exploitation médiatique et politique des faits divers : « rappelez-vous l’affaire de Michaël, ce jeune tué à la gare d’Yverdon-les-Bains. Un journal a publié plus de vingt-cinq articles sur ce drame en écrivant que les jeunes s’entre-tuaient plus que par le passé. C’est faux ! Statistiquement, la moyenne est à huit jeunes tués par année et ce, depuis 1982 ».

Olivier GuéniatSouvenirs de jeunesse

Pour démontrer que le sentiment d’insécurité est une sorte de névrose collective, Olivier Guéniat plonge dans ses souvenirs : « j’ai passé toute mon enfance à Courtedoux, juste à coté de Porrentruy. Un jour, ma mère nous a donné, à moi et à ma sœur, une clef de la maison en nous disant qu’il fallait dorénavant fermer la porte d’entrée. On ne l’avait jamais fermé et il a même fallu débloquer le cylindre. J’ai mis un certain temps pour cerner ce qui avait amené ce changement : l’arrivée de la télévision à la maison ! »
Selon Olivier Guéniat, la sélection des sujets d’actualités – souvent sombres et pessimistes – présentés par les médias (radio, télévision, journaux), contribue à renforcer le sentiment d’insécurité : « on vend aux gens une fausse réalité en stigmatisant des horreurs, et en démultipliant leur effet par une accumulation d’articles. Ce contexte modifie la perception du public, avec parfois une exploitation politique basée sur des informations déformées ».

Olivier GuéniatParticularités neuchâteloises

« Les personnes âgées qui habitent en ville disent souvent qu’elles ont peur de se faire voler leur sac à main ou de sortir le soir. Le vol à l’arraché est plutôt rare dans le canton. Ce n’est pas un truc de Neuchâtelois. Il y en a eu vingt-quatre l’an dernier, dont treize à Neuchâtel et huit à La Chaux-de-Fonds. C’est quarante fois moins qu’à Lausanne ! » s’exclame le policier.
« Un homme de 20 à 30 ans, la nuit entre 23h00 et 4h00, qui a bu ou qui drague, a beaucoup plus de risques d’être victime d’une agression, qu’une dame âgée de plus de 60 ans qui mène une vie régulière ».
Ce qui ressort de cette conférence c’est que durant les vingt-cinq dernières années il n’y a pas eu d’augmentation des délits, au contraire. « Ainsi, en 1982, il y a eu 71'000 cambriolages. L’an dernier on en a dénombré « que » 61'000. A ce propos, il est intéressant de noter que la construction des autoroutes a engendré une augmentation des cambriolages. Les délinquants internationaux ont une affection particulière pour les lotissements ou les villages situés aux abords des grands axes. C’est pourquoi le Val-de-Ruz est un havre de paix par rapport à l’axe Neuchâtel – Le Landeron traversé par l’autoroute.

Impossible ici de retranscrire tout l’exposé d’Olivier Guéniat, il faudrait remplir plusieurs pages ou reproduire carrément son livre. Lorsque le chef de la police de sûreté neuchâteloise a mis un point final à sa conférence, il a été remercié par un long tonnerre d’applaudissements. Plus de nonante minutes s’étaient écoulées : pour les aînés du camp « Ouverture et partage », il était l’heure d’aller manger… en toute sécurité.


Pascal Tissier

 


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