Colombier: la crèche de Severino Furlanis » Blog de PasTis

 Colombier: la crèche de Severino Furlanis

28/11/2007

Une crèche géante au cœur du village, comme un paradis pour les enfants…

Colombier • Nichée juste derrière l’église catholique, dans le jardin de la cure, la crèche de Severino Furlanis inspire le respect : sur un tout petit lopin de terre, le coiffeur du quartier a construit sept petit bâtiments de pierre et de bois, avec ses personnages et ses animaux, comme un petit village dédié à la nativité… et aux enfants.

Severino Furlanis
Severino Furlanis s’active autour de ses santons pour que sa crèche géante
soit prête pour l’ouverture prévue le samedi 1er décembre.


Lorsque l’on est convié à visiter une crèche, sans autre indication qu’un prénom et un numéro de téléphone, on peut s’attendre à tout… et surtout n’importe quoi. Encore un extravagant qui se prendrait pour un artiste ? Sans conviction, mais curieux, rendez-vous est pris. Et le jour dit, vous rencontrez ce grand bonhomme devant son petit salon de coiffure au six de la rue du Château. Souriant, aimable, vous suivez le prénommé Severino qui traverse la rue, puis le parking qui borde l’église et là, en contrebas d’un mur, à l’abri des passants de la rue, vous découvrez un truc incroyable ! Ça fait d’abord penser à la reconstitution, grandeur nature, d’un village fantôme du Far West… vous descendez quelques marches et là, c’est la baffe ! Magnifique est le seul mot qui vient à l’esprit. Incroyable ! Et là, d’une voix de velours empreinte d’un bel accent vénitien, Severino Furlanis vous fait visiter cette crèche improbable qu’il ne cesse de peaufiner depuis deux ans : « l’année passée il n’y avait que trois cabanons. Avec des pierres et des poutres récupérées sur le chantier de la Salle de spectacles, j’ai pu construire quatre nouvelles maisonnettes ».

Avec même des animaux vivants

Severino FurlanisSeverino ouvre portes et les volets, à travers chaque ouverture apparaissent des santons au visage de plâtre, vêtu de costumes colorés. Il y a même des tapis dans les maisons ! Et avec une modestie désarçonnante, votre guide ajoute le plus calmement du monde : « là, ils sont immobiles, mais si je branche l’électricité, ils s’animent. Celui-là coupe du bois et le maréchal-ferrant frappe son marteau sur l’enclume ». Ben, voyons ! Rien de plus normal… pour lui. « Le jour de l’ouverture, et jusqu’à l’Epiphanie, ici il y aura une chèvre avec ses petits, et dans l’autre étable, il y aura des agneaux. L’année passée, les enfants étaient émerveillés par les poules et ils repartaient souvent avec un œuf pondu du jour. Il y aura donc à nouveau des poules », assure Severino.

Severino cherche un successeur

A la question « d’où sort ce projet ? », Severino sourit : « c’est sorti comme ça autour d’un plateau de châtaignes que je partageais avec des amis. J’ai immédiatement pensé à ce petit terrain à l’abandon où j’allais jouer avec mon petit-fils Mathieu. J’ai demandé l’autorisation à l’église en présentant une maquette en carton et, avec le bois récupéré lors de la démolition de la menuiserie Berthoud, j’ai commencé la construction, aidé par mes deux amis Adriano Bulfone et Bruno de Biasio ».
Comme l’an dernier la crèche sera ouverte au public dès le 1er décembre, tous les jours de 13h30 à 19h00, jusqu’au 6 janvier. L’entrée est libre, et une cagnotte permettra aux visiteurs de contribuer à une bonne cause. « L’an dernier, j’ai pu reverser 2'200 francs à une  association afin de permettre à une petite fille de se faire opérer des yeux, confie Severino. Cette année, j’ai l’intention d’aider « La Frimousse », un atelier pour enfants à Colombier ».
L’avenir de cette crèche est incertain, âgé de 66 ans, Severino veut maintenant consacrer son temps libre à ses deux petits-enfants, Mathieu (6 ans) et Thibault (3 ans) : « si personne ne se manifeste pour s’occuper de cette crèche, je vais devoir la démonter ». Ça ce n’est pas drôle !


Pascal Tissier

 

 

Category : ARTICLES PRESSE Print

| Contact author |