FC Peseux-Comète: les vestiaires de la discorde » Blog de PasTis

 FC Peseux-Comète: les vestiaires de la discorde

27/2/2008

Pas de nouveaux vestiaires pour le FC Peseux-Comète ?

Peseux • Par vingt-deux voix contre dix, le Conseil général de Peseux a refusé jeudi dernier d’entrer en matière sur un crédit de plus d’un million et demi de francs pour la construction de nouveaux vestiaires au stade de Chantemerle. Plusieurs élus ont reproché au Conseil communal un montage financier pour le moins douteux, tout en reconnaissant l’urgence des travaux.

Conseil Général Peseux
Jeudi dernier les tables des conseillers généraux étaient encerclées par plusieurs
dizaines de joueurs et de supporters du FC Peseux-Comète.


Mais qu’est-ce que pourrait proposer le Conseil communal de Peseux pour être suivi par son Conseil général ? Après le renvoi aux calendes grecques de la rénovation de la rue du Château, le réaménagement du parc du Château suspendu par un référendum, c’est un exécutif encore marqué par le refus de la fusion qui vient d’être une fois encore désavoué par le législatif : par vingt-deux voix contre dix, les élus subiéreux ont refusé d’entrer en matière sur « l’octroi d’un prêt d’un million et demi de francs au FC Peseux-Comète pour la mise en conformité du bâtiment et installations du stade de Chantemerle ». « Le plus étonnant, selon Pierre-Henri Barrelet, chef du dicastère sports culture loisirs, c’est que ce refus intervient juste après la présentation d’un budget 2008 proche de l’équilibre. Une séance au cours de laquelle, au nom de son groupe, le socialiste Bertrand Nussbaumer regrettait que le Conseil Communal n’envisage pas d’investir plus en 2008. Que Peseux se devait de redevenir une commune qui vit, qui investit. Et qui assurait au passage le Conseil Communal de son soutien pour une saine politique d’investissements ».

Les socialistes s’interrogent

Ceci dit, jeudi dernier, c’est justement le groupe socialiste qui s’est montré le plus hostile à cet investissement destiné au groupement sportif le plus fédérateur de la commune, avec plus de 300 membres actifs, dont près de 200 jeunes. « Pour tous ceux qui ont visité les lieux et qui ont pu constater l’état de délabrement des vestiaires, il n’y a aucun doute sur la nécessité de faire des travaux » lance Louis-Marie Boulianne. Mais le rapporteur des socialistes s’interroge : « Que se passera-t-il si les crédits et délais ne sont pas respectés ? Qui sera responsable des décisions et du choix du maître de l’ouvrage ? Quelles seront les charges sur le budget 2009 en ce qui concerne l’entretien du bâtiment et du terrain qui reviendra à la commune ? Avons-nous la garantie que la totalité des subventions sera débitée au crédit demandé ? Qu’en est-il de l’égalité de traitement entre les activités sportives de la Commune ? Au vu des nombreuses interrogations que suscite ce projet, le groupe n’accepte pas le rapport et ne votera pas l’arrêté ».

Des libéraux mal à l’aise

Dans son intervention, le groupe libéral souligne que « le problème est sérieux, car l’urgence d’une solution est conduite par l’échéance, au 31 décembre 2008, du droit de superficie accordée par la Commune en 1978 au FC Peseux-Comète. Certains libéraux sont mal à l’aise devant le montage financier, en deux phases avec, dans un premier temps, le prêt au FC Peseux-Comète lui permettant de financer une nouvelle construction, en bénéficiant d’une subvention de vingt pour-cent, suivi, en deuxième mi-temps, de l’expiration du droit de superficie et la reprise, par la Commune, de l’ensemble de la propriété. Ce tour de passe-passe est-il digne d’une collectivité publique ? Certains s’inquiètent des charges supplémentaires d’entretien inhérentes au fait de devenir propriétaire du terrain et du bâtiment. Charges qui viendront s’ajouter au coût de l’emprunt nécessaire à cet investissement ».

Vestiaires FC Comète-Peseux Chantemerle
«Il y a vingt ans on disait déjà que le bâtiment et les vestiaires du FC Peseux-Comète
étaient vétustes», dixit Jean-Paul Morel, Conseiller général.


Première suspension de séance

Finalement, seuls les radicaux – à une élue près – soutiennent l’initiative du Conseil communal et lui accordent toute sa confiance pour mener ce chantier au plus vite. Et, malgré toutes les réponses apportées par Pierre-Henri Barrelet, la séance est suspendue quelques minutes à la demande des socialistes. Lorsque le débat reprend, Louis-Marie Boulianne s’adresse aux autorités : « Le groupe socialiste n’est pas convaincu par les nouveaux éléments du Conseil communal et c’est à l’unanimité qu’il demande au Conseil communal de retirer son projet ». Silence dans la salle et les nombreux footballeurs venus assister à cette séance s’interrogent du regard.
« Ce montage particulier me donne la désagréable impression que la commune cherche un petit peu à se soustraire aux règles qui sont normalement applicables aux collectivités publiques : marchés publics, minergie. D’autant plus que ce montage paraît inusuel et insolite, choisi en fonction des circonstances, sachant pertinemment que le bâtiment retournera à la commune après quelques mois. Pour cette raison je n’entrerai pas en matière sur le rapport », déclare notamment et à titre personnel, le libéral Alain Tendon, dans un exposé qui semble être en symbiose avec l’opinion de son groupe. D’autres élus prennent successivement la parole pour exprimer, en leur nom, leur opposition à ce projet, même Renate Neuenschwander, la conseillère générale socialiste épouse du Président de commune.

Deuxième interruption de séance

Seul le radical Jean-Paul Morel s’accroche et dénonce les propos tenus par les opposants : « Quand j’entends tout ce qui vient d’être dit, les bras m’en tombent ! ». Le radical est soutenu par Jean Dubois. Dépité, le Conseiller communal clame : « Tous les intervenants ont dit : on est pour le football, mais on vote contre ! » Pour la première fois, l’assistance se fait entendre à travers un tonnerre d’applaudissements. Puis, d’une voix grave, Patrice Neuenschwander déclare : « Le groupe socialiste ayant demandé le retrait du rapport, le Conseil communal souhaite en discuter et demande une suspension de séance ». Lorsque l’exécutif revient dans la salle, son président s’adresse aux élus : « Le Conseil Communal maintient son rapport. Il estime que les vestiaires sont urgents, que le club en a absolument besoin, qu’on ne peut plus attendre avec ce projet que l’on estime techniquement de bonne qualité et financièrement supportable. Le Conseil communal laisse donc au Conseil général le soin de prendre ses responsabilités ».
Par vingt-deux voix contre dix, le Conseil général a refusé d’entrer en matière sur ce crédit, au grand désarroi des footballeurs qui quittent la salle peu après.


Pascal Tissier



Deux autres crédits ont passé la rampe


La demande de crédit de 85’000 francs pour la réfection de la route principale en forêt (le chemin des Chênes, le lieu-dit « Le Stand de tir / Pierre Gelée » et particulièrement la liaison avec la route Borel), a été acceptée à l’unanimité. Pour la remise à neuf de ces routes du tout-venant compacté à été préféré au goudron : la chaille est plus économique, elle est insensible au gel et sa longévité est d’au moins dix ans. Le même tracé en goudron aurait coûté plus de 400’000 francs.

L’octroi d’un crédit de 110’000 francs pour l’acquisition de trois véhicules polyvalents destinés aux services communaux de la Forêt, Technique et des Travaux publics, a été accepté sans soulever la moindre opposition. pti


 

 



Une initiative populaire lancée en faveur
des vestiaires du FC Peseux-Comète


A peine la séance du Conseil général clôturée, les Conseillers généraux radicaux se sont retrouvés dans un restaurant de la place. « Offusqués par les piètres arguments défendus par nos collègues socialistes et libéraux, nous avons décidé de lancer au plus vite une initiative populaire en faveur des nouveaux vestiaires du FC Peseux-Comète », révèle Nicolas Jaquet. Et l’élu radical de poursuivre : « Il faut rappeler qu’une commune qui n’investit plus est une commune qui se meurt. En lançant cette initiative populaire, nous voulons affirmer notre soutien à un projet novateur et important pour l’avenir de notre commune, mais également soutenir la jeunesse de notre village et un club riche d’une histoire sportive qui inspire le respect. C’est notamment pour ces raisons que nous souhaitons donner la possibilité à la population subiéreuse la possibilité de s’exprimer sur ce projet, sachant que notre club de football est voué à une mort certaine si rien n’est entrepris rapidement ». pti



 


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