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 Neuchâtel: fête annuelle des Compagnons

26/9/2007

La Cayenne de Neuchâtel compte un Compagnon de plus

Neuchâtel • Le week-end dernier, à l’occasion de la fête annuelle des « Compagnons du tour de France des devoirs unis », la Cayenne neuchâteloise a élevé Vincent Leray au rang de Compagnon. Après plus de dix ans de compagnonnage à travers l’hexagone, le jeune chef cuisinier d’un restaurant chaux-de-fonnier a reçu les attributs et un nom de Compagnon : dorénavant, pour les siens, il est « Respect de la nature ».

Vincent Leray dit Bélinois, compagnon et Stéphane Mreches (à gauche)
Samedi, Vincent Leray (à droite), dit Bélinois, est devenu Compagnon « Respect
de la nature ». Au cours d’une cérémonie solennelle, Il a reçu une écharpe rouge
et une canne des mains de son parrain, Stéphane Mreches, alias « Nivernais,
la ferme volonté », qui fût son professeur de cuisine.


Samedi, au cours d’une cérémonie réservée aux seuls membres de la société des « Compagnons du tour de France des devoirs unis », Vincent Leray a présenté son « Chef-d’œuvre », un travail en rapport avec sa profession de cuisinier, qu’il a imaginé et réalisé seul et de ses mains. Outre le plat en lui-même, l’aspirant Compagnon a dû développer oralement son concept. En l’occurrence, le jeune chef cuisinier d’un restaurant chaux-de-fonnier, a conçu un ensemble de quatre plats finement cuisiné, superbement décorés, symbolisant les quatre éléments de la nature : la Terre avec une cocotte de champignons et de plantes aromatiques ; l’Eau avec un poisson farci avec une araignée de mer ; l’Air avec un soufflé de palombe ; le Feu avec de l’agneau cuit de trois façons. Ce travail a été jugé et critiqué par des compagnons compétents qui ont approuvé ce travail autant dans sa forme que dans sa symbolique. Et c’est ainsi que Vincent Leray s’est vu remettre par son parrain l’écharpe rouge, la canne et un nom de Compagnon : l’Aspirant surnommé Bélinois, de son nom de province est maintenant « Respect de la Nature », un patronyme choisi par les membres de sa Cayenne (section) et son parrain.
Pour l’anecdote, la canne est faite sur mesure : posée à terre, son pommeau doit se situer au niveau du cœur de son propriétaire. De plus, elle est ornée d’un lacet noué sept fois. 

Parcours initiatique

Le parcours compagnonnique de Vincent Leray a commencé en 1995, au terme de sa formation de cuisinier dans la région du Mans. Il sera dès lors parrainé par Stéphane Mreches, Compagnon cuisinier, l’un de ses professeurs de fourneau. Ainsi, avant de venir s’installer à Morteau et de travailler, depuis 2004, comme chef cuisinier d’un restaurant des Montagnes neuchâteloises, ce Bélinois a perfectionné son art dans différents restaurants français : deux ans à Paris, dix-huit mois à Rennes (Bretagne), deux ans à Lyon, deux autres à Laguiole dans l’Aveyron et huit mois en Bretagne pour peaufiner ses notions de comptabilité et de gestion. En marge de ce « Tour de France », Vincent Leray a encore effectué son service militaire à Londres, attaché à l’ambassade de France et a même trouvé le temps de se marier avec une belle Bretonne rencontré lors de son séjour à Rennes.
Maintenant, il peut envisager de se mettre à son compte, de monter son propre restaurant avec la perspective d’accueillir à son tour des aspirants Compagnons cuisiniers.

Depuis 800 ans

Pour Benoît Conrath, Compagnon horloger et président de la Cayenne de Neuchâtel, « le Compagnonnage transmet ses principes et ses valeurs depuis le Moyen-âge afin de permettre aux hommes de s’accomplir sur le plan professionnel, dans le monde social, mais aussi dans leur sphère privée. Le public nous assimile souvent aux Francs-Maçons. Certes, nos sociétés ont des points communs, mais les Maçons se sont séparés de l’aspect pratique des métiers, alors que les Compagnons sont toujours restés attachés au travail manuel de la matière. Ainsi, la Cayenne de Neuchâtel compte aujourd’hui onze Compagnons, soit cinq cuisiniers, un horloger, un prothésiste dentaire, un marqueteur, un mécanicien de précision, un maréchal-ferrant et un graveur sur métaux ».

Une journée ouverte au public

La fête annuelle des « Compagnons du tour de France des devoirs unis » de la Cayenne neuchâteloise s’est achevée dimanche. Ce jour-là les locaux situés à la rue Pierre-à-Mazel étaient ouverts aux épouses, à la famille et aux amis des Compagnons. Le public et la presse étaient aussi cordialement invités et reçus de manière très conviviale. Rien de secret, au contraire : les Compagnons présents se faisaient un plaisir de parler avec chacun, d’expliquer le fonctionnement de la société et de présenter quelques « chefs-d’œuvre » exposés dans les locaux.
Et Benoît Conrath tient encore à préciser : « lors de nos rencontres, on s’attache à parler de nos métiers, de nos amis. Au besoin, nous cherchons les moyens d’aider des Compagnons qui seraient en difficulté, en Suisse comme en France. Par contre, lors de nos réunions, il est interdit de parler d’argent, de politique ou de religion ». Avant de se séparer, plus de septante personnes ont participé au un banquet fraternel préparé par des Compagnons cuisiniers.


Pascal Tissier


www.lecompagnonnage.com

 

 


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