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 Bôle: une centenaire à la fête

26/3/2008

Rose-Marie Weill : une centenaire qui ne fait pas son âge

Bôle • Tous les pensionnaires de la Résidence La Source se sont réunis dans la grande salle à manger, mardi dernier, pour faire la fête à l’une des leurs : Rose-Marie Weill, née Martenet il y a juste cent ans à Serrières. Autant dire que cette mignonne grand-maman fait plus jeune que son âge, d’autant qu’elle se déplace seule avec une simple canne, qu’elle ne porte ni lunettes, ni appareil auditif et que sa mémoire a su conserver un siècle de souvenirs.

Rose-Marie Weill
A l’heure de la fête organisée par la direction et le service
d’animation de la Résidence La Source, Rose-Marie Weill
s’y rend à pied, accompagnée par son fils Léopold.

 

Rose-Marie Martenet a vu le jour le 20 mars 1908, à Serrières, dans une famille qui comptait déjà huit enfants. Ses parents, Léon et Marie sont issus d’une famille établie au bord de la Serrières depuis 1353, ils exploitaient une menuiserie-scierie dont le principal commanditaire n’était autre que Suchard. « Mon père fabriquait surtout des caisses en bois pour l’exportation du chocolat », se souvient Rose-Marie.
En 1926, Mademoiselle Martenet devient Madame Veuve. De cette union naîtront deux garçons Léopold et Michel (décédé fin janvier, dans sa 80e année). Au début des années cinquante, l’industrialisation en plein essor fait fondre le chiffre d’affaires de leur petite cartonnerie. Le couple vend son entreprise et part s’installer en Australie pour exploiter un domaine agricole. C’était en 1954. Le séjour sera de courte durée : Rose-Marie ne supporte pas le climat, ni le dépaysement, au bout de quelques mois elle reprend le bateau du retour. « C’était tout une aventure, confie son fils Léopold (époux de la cinéaste suisse Jacqueline Veuve, ndlr). Ils y sont restés environ qu’un an et demi environ. Mon frère et sa femme étaient du voyage, moi j’y suis allé seulement en 1955, juste avant qu’ils ne quittent l’Australie. Quand ils sont revenus, ils se sont installés à La Chaux-de-Fonds où mon père a repris une petite affaire de papier en gros, mais ça n’a pas marché. Après ils sont allés à Fribourg, puis sont revenus aux Eplatures. La vie n’était pas simple pour eux ».
Attentive à ce que raconte son fils, Rose-Marie rit de bon cœur lorsqu’il ajoute « Imaginez à cette époque, ma mère a déménagé douze fois au moins ».

Une pensée pour Léonie

Veuve de nom et à l’état civil, Rose-Marie redescend à Neuchâtel. Le destin l’amènera à se remarier : à partir de là Rose-Marie Weill va entamer une nouvelle vie, plus paisible, à Quai-Godet, près du lac.
Veuve pour la seconde fois, Rose-Marie Weill s’installe en mai 2003 à la Résidence La Source, à Bôle, afin de rejoindre sa sœur Léonie, de deux ans son aîné. Mardi dernier, lors de la petite cérémonie organisée à l’occasion de son centième anniversaire, Carla Aeby, responsable de l’animation à La Source, a eu ses mots : « Rose-Marie Weill aborde ses cent ans toujours avec la même élégance et la même distinction. Courageuse et vaillante, elle n’écoute pas les années. Pourtant, ces derniers temps la vie ne l’a pas épargné. Nous avons une pensée émue pour sa sœur Léonie Thiébaud qui nous a quitté il y a quelques jours dans sa cent deuxième année. Nous la savons près de nous en ce moment ».

Rose-Marie WeillLe message de Valérie Garbani

Puis, Valérie Garbani s’est levée pour présenter les vœux du Conseil communal à la centenaire. Dans sa courte intervention, la présidente de la Ville de Neuchâtel a rappelé que Rose-Marie Weill n’avait pas toujours eu la vie facile : «  Non seulement vous avez fondé une famille de deux enfants, mais vous avez été très active professionnellement puisque vous avez dirigé l’entreprise de votre mari alors qu’il était retenu par la mobilisation ». En lui offrant une petite attention ornée des couleurs de la Ville, elle ajoute : « Je sais que vous appréciez beaucoup le piano et je suis particulièrement contente qu’Elizabeth Sombart ait pu venir aujourd’hui afin que cette journée soit bercée poétiquement par de la musique classique ». 
Couverte de fleurs par Lila Bisanti, la directrice du home, la « vedette » du jour bavarde alors qu’une demi-douzaine de personnes sert les tranches d’un gigantesque gâteau d’anniversaire et que la joie explosive des bouchons qu’on libère se répète maintes fois. Souriante et très coquette, assise entre son fils Léopold et Valérie Garbani, Rose-Marie Weill lève sa flûte de champagne et porte un toast à la santé de tous ceux qui sont présents dans la salle.
Alors qu’Elizabeth Sombart vient conclure en musique cette cérémonie en son honneur, Rose-Marie Weill est comme seule au monde, perdue dans ses pensées, parfois émue jusqu’aux larmes…

Pascal Tissier

 

 


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