La Chaux-de-Fonds: Les Heures de musique » Blog de PasTis

 La Chaux-de-Fonds: Les Heures de musique

23/1/2008

Voyage musical d’un homme
avec son ordinateur


La Chaux-de-Fonds • Quatrième des dix concerts de la Saison 2007-2008 des «Heures de musique» au Conservatoire de musique neuchâtelois, à La Chaux-de-Fonds, le « Voyage d’envie » de Stanislas Romanowski, place sur scène un homme seul. Seul devant l’écran de son ordinateur. Stanislas Romanowski a achevé des études professionnelles au Conservatoire de La Chaux-de-Fonds. Son activité de créateur l’a notamment amené à écrire beaucoup de musiques pour l’image (film, théâtre, danse). Dimanche soir, les doigts sur son clavier, l’artiste invite le public sur les plages musicales de son ordinateur, capable parfois de remplacer – à lui seul – les sons d’un orchestre entier.

Stanislas Romanowski
La musique de Stanislas Romanowski cultive les ambivalences avec des sonorités
et un matériel de composition innovants.


« Voyage d’envie » est le regard d’un compositeur face à lui-même, devant un écran… Devant un monde tournoyant de possibilités technologiques, l’envie de tout essayer n’a pas de limite.
Lorsque l’ordinateur a commencé à être utilisé en musique, il servait avant tout à l’exploration d’un monde sonore nouveau. Si ce procédé continu à être exploré aujourd’hui, un autre territoire commence à être conquis par les firmes de production de musique informatique: le « ressemblage ». On cherche à être au plus proche des instruments d’orchestre traditionnels, et même de l’interprétation « traditionnelle ». On  pourrait penser à un retour en arrière de la recherche musicale assistée par ordinateur, peut-être n’en est-il rien. Car à l’instar de la recherche de la place de l’homme dans ce monde, il ne s’agit plus tant de trouver des sonorités et un matériel de composition innovants, mais plutôt de ressembler le plus possible à la musique vraie, sans en être une vraiment !

Une musique à fort potentiel émotionnel

La musique de Stanislas Romanowski cultive les ambivalences et joue avec cette frontière. Amoureux des significations complexes, avide de comprendre le monde qui l’entoure, Romanowski place l’auditeur face à des références directes et compréhensibles qui l’oblige à prendre position. L’artiste utilise sans traitement des discours communs mais graves (des reportages radiophoniques par exemple) mêlés à une musique à fort potentiel émotionnel (harmonies chaudes, orchestration tournant autour des cordes, etc.). Ce faisant, il invite l’auditeur à se trouver comme pris au piège entre deux feux : celui de notre vie collective et celui de son propre ressenti intime d’humain et de créateur, entre la raison et la sensation pure. Et c’est précisément l’ordinateur personnel qui lui permet cette action en direct, parce qu’il cristallise dans le même temps à la fois ce collectif et ce moi. Il découle de ce fait une difficulté inconnue: la forme à donner à l’écoute d’une musique qui jaillit de l’ordinateur et qui n’a alors – mais c’est là son miracle – plus besoin de nous pour exister. Comment appréhender ce que je ne contrôle plus? Voilà bien l’un des enjeux majeurs de « Voyage d’envie ». (comm/pti)


« Voyage d’envie », de Stanislas Romanowski, composition.
Dimanche 27 janvier 2008 – 17h00 à la Salle Faller du Conservatoire, à La Chaux-de-Fonds (causerie dès 16h15).

 


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