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 La Chaux-de-Fonds: une page se tourne pour la Maison des Jeunes

22/8/2007

Simone et André Dubois partent à la retraite

La Chaux-de-Fonds • Au dernier jour de ce mois d’août, Simone et André Dubois quitteront pour la dernière fois leur bureau de La Maison des Jeunes : après dix-sept ans à la direction de cette institution est venu le temps de la retraite, riche d’une belle aventure humaine. C’est maintenant la direction de la Sombaille Jeunesse qui en assumera la gestion jusqu’à la fusion des deux institutions déjà programmée pour le début de l’année prochaine.

André et Simone Dubois
A quelques jours de leur départ à la retraite – unis dans la vie comme dans leur travail –,
André et Simone Dubois vont laisser les dossiers à la nouvelle direction. Ils n’emporteront
avec eux que les magnifiques souvenirs de leurs dix-sept ans à la tête de la Maison des Jeunes.


« Nous devions être les derniers directeurs résidants du canton », raconte avec un grand sourire Simone Dubois, « le fait d’habiter dans les murs de la Maison des Jeunes nous a permis d’être proches de nos résidants, d’être plus disponibles. Là, nous venons d’emménager dans notre nouveau foyer : une maison qui demande quelques rénovations qui vont nous occuper un moment. Ensuite on profitera un maximum de nos petits-enfants et de notre pied-à-terre dans le sud de la France ». Et André Dubois de préciser : « c’est vrai, vous pouvez l’écrire, on a vraiment eu un coup de cœur pour la Provence ».

Que des apprentis et des étudiants

Créée en 1948, pour marquer le centenaire de la République et canton de Neuchâtel (le 19 juillet 1949, selon les statuts), la Fondation de la Maison des Jeunes a eu pour but d’offrir à des jeunes apprentis ou étudiants, éloignés de leur famille par les nécessités de leur formation professionnelle, un cadre de vie en ville (logement et pension), proche de leur lieu d’apprentissage, adapté à leurs besoins matériels, sociaux, éducatifs et affectifs.
La Maison des Jeunes de Neuchâtel ayant disparu, seule celle de La Chaux-de-Fonds subsiste : celle-ci dispose actuellement de 34 chambres pratiquement toujours occupées.
Depuis quelques années, notamment suite au déménagement de l’école technique (CIFOM) de La Chaux-de-Fonds au Locle, la population logée à la rue du Parc 67 (pour les garçons) et 69 (pour les filles) a changé : si environ la moitié des locataires a été inscrite par leurs parents, l’autre moitié est arrivée là par l’intermédiaire de différents services placeurs d’ici et d’ailleurs (office des mineurs, services sociaux, etc.). A ce propos, André Dubois tient à préciser que « tous les pensionnaires de la Maison des Jeunes sont apprentis ou étudiants et ce, quel que soit le parcours par lequel ils sont arrivés chez nous ».

Après l’éducateur, le réparateur

Avant de prendre la direction de la Maison des Jeunes, André Dubois a été éducateur à la Sombaille durant vingt ans : « Dans les institutions qui accueillent des enfants et des adolescents confrontés à des difficultés familiales ou personnelles, les jeunes sont cadrés et occupés en permanence par des éducateurs. Le problème, c’est que lorsque ces gosses sortent de cet encadrement, ils sont un peu perdus et ne savent plus s’occuper. On l’a encore vu cet été avec l’un de nos jeunes qui est resté pendant six semaines chez nous sans trop savoir quoi faire si ce n’est aller à la piscine lorsque le temps le permettait».
« Mon mari en avait marre des institutions qui gèrent la vie de ces jeunes. Ça ne lui convenait plus », lance Simone Dubois. Et lui d’ajouter : « avec la Maison des Jeunes j’ai trouvé ma place. Alors que d’autres faisaient de la prévention, avec ma femme nous pouvions faire de la réparation ».

Une cuisine «Fourchette verte»

Evidemment, vivre dans une institution implique certaines règles : « ici tout est basé sur le respect. Nous vouvoyons tous nos locataires et l’on demande à ces derniers de faire de même avec nos employés. Les mineurs doivent rentrer en chambre avant 22h30. Et bien sûr l’alcool et la drogue ne sont pas tolérés dans l’établissement. Dans l’ensemble ça se passe très bien, d’autant que les jeunes savent que les parents seront avisés s’ils dérapent, et s’ils ne vont pas à leurs cours ou à leur travail ».
Et Simone Dubois de poursuivre : « Les jeunes doivent être présents aux repas. Et on leur demande d’avoir une tenue correcte pour venir manger, sans casquette, ni portable. Et comme notre institution affiche la « Fourchette verte » (ndlr : un label de restauration de qualité, qui cherche à concilier plaisir et santé, dans le cadre de la prévention de certaines maladies, comme l’obésité), la fumée n’est pas autorisée à la salle à manger. Mais en dehors de ces quelques règles, ils sont libres de vivre, de s’habiller et de sortir comme ils veulent ».
A noter qu’une quinzaine d’élèves chaux-de-fonniers viennent quotidiennement prendre leurs repas de midi à la Maison des Jeunes, accompagnés par une animatrice. « Ce sont des gamins qui se retrouveraient seuls à la maison ou dans la rue. C’est Martine Kurth qui en a eu l’idée, il y a environ dix ans, lorsqu’elle est devenue déléguée à la politique familiale du canton », selon Simone Dubois qui ajoute : « et notre cuisinier prépare également des repas pour les enfants de la crèche Beau-Temps ».

Quel avenir après les Dubois ?

Dès le mois de septembre, c’est Sombaille Jeunesse, institution communale qui accueille des enfants et des adolescents confrontés à des difficultés familiales ou personnelles, qui assumera la direction et la gestion de la Maison des Jeunes, institution dépendant du canton. Selon toute vraisemblance, cet intérim devrait aboutir, dès l’année prochaine, à la création d’une seule entité regroupant les deux institutions sou la forme d’une fondation cantonale.
Une page se tourne pour la Maison des Jeunes. Simone et André Dubois en sont bien conscients, mais pour eux, c’est une nouvelle vie qui commence. Pas de regrets, ni d’amertume dans leurs propos : « ça a été dix-sept ans de challenge et une magnifique expérience de vie. Nous partons avec le sentiment d’avoir pu faire évoluer cette institution sans jamais nous lasser de notre mission ».


Pascal Tissier

 

 


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