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 La Côte: deuxième débat public sur la fusion

21/11/2007

Opposants et partisans de la fusion se sont affrontés pour la deuxième fois en public 

La Côte • Après le débat organisé à Peseux fin octobre, partisans et opposants à la fusion se sont retrouvés à la même table, mercredi dernier, face à une partie de la population de Corcelles-Cormondrèche pour exposer leurs arguments, répondre aux questions du public et tenter de convaincre, chacun à leur manière, les indécis.


Fusion Peseux - Corcelles-Cormondrèche
Les protagonistes du débat public organisé mercredi dernier à Corcelles avec, de gauche
à droite : les partisans François Gretillat, Fabian Carrard, Lydia Renzo et Raphaël Comte ;
Nicolas Willemin, l’animateur ; les opposants Jacques Besancet, Attila Tenky, Michel Rossi et Daniel Licodia.


La publication récente d’un tous-ménages rédigé par le « Comité interpartis Oui à la fusion » a été le point de départ du débat public organisé la semaine dernière à la Salle des Spectacles de Corcelles. Dans ce document, les partisans mentionnent que « la fusion est finalement une « réunification » : avant 1848, Corcelles-Cormondrèche et Peseux étaient réunis au sein d’une même entité, la Mairie de la Côte ». « C’est faux ! » s’insurge Michel Rossi, président du comité  « Commune de Peseux NON à la fusion ». Les auteurs de ce texte ont volontairement « oublié » d’ajouter Auvernier au groupe. A l’époque, les quatre communes disposaient d’un même tribunal installé à la Mairie de la Côte, mais ce lien ne concernait que les affaires judiciaires. Ça n’avait rien à voir avec une fusion ! »
Pour toute réponse, Raphaël Comte, le leader des partisans, reconnaît qu’à l’époque la vie des communes était gérée par « un système féodal dans lequel le rôle politique était moindre. Mais cette mairie a tout de même existé ».

Le sondage oublié

Assis du côté des opposants, Daniel Licodia rappelle, chiffres à l’appui : « qu’un sondage effectué en 2003 avait révélé que les habitants des deux communes s’étaient prononcés en faveur d’une meilleure collaboration. Ainsi à Corcelles-Cormondrèche, seul 23,2% de la population se montrait intéressé par une fusion, contre 41,7% à Peseux ».
« Les fusions ne sont pas une particularité neuchâteloise, répond Raphaël Comte. Depuis 1990, 10% des communes suisses ont disparu. Les collaborations sont arrivées au bout de leurs possibilités ».

Menaces à Corcelles ?

Dans l’assistance, un homme se lève, s’empare du micro et s’avance vers la scène : « plusieurs témoignages attestent que les autorités de Corcelles menacent de licenciement les employés communaux qui s’opposeraient publiquement à cette fusion ».
Le libéral Fabian Carrard, partisan de la fusion, sourit : « je ne suis pas au courant, si ce n’est qu’il a été demandé au personnel d’être flexible en cas de fusion »
Assis au premier rang, Claude Gygax, se lève. Apparemment le président de commune de Corcelles-Cormondrèche est très remonté : « Je m’insurge contre ce qui vient d’être dit. Il n’y a pas eu de menaces et les salaires ne seront pas diminués pour le personnel de la commune».

Fusion Peseux - Corcelles-Cormondrèche
Le second débat public sur la fusion s’est déroulé mercredi passé à Corcelles,
dans une salle des spectacles comble.

 

La règle du hors-jeu

Michel Rossi prend la parole : « Au soir du 5 septembre, alors que la convention de fusion avait été acceptée par le conseil général, j’ai entendu un conseiller communal annoncer que son travail était terminé et qu’il n’aurait plus à intervenir d’ici au 9 décembre. Ce qui ne l’a pas empêché d’intervenir dans le débat à Peseux, ni de distribuer des flyers en faveur du oui ».
Le président des opposants fait allusion à une question qui lui a été posée – deux semaines plus tôt – par Patrice Neuenschwander sur la « santé » de Peseux. Ce à quoi Michel Rossi avait répondu : « la commune de Peseux irait mieux si l’on ne nous proposait pas toujours des projets pharaoniques »... sous les applaudissements du public présent ce soir-là à Peseux.
L’intervention de Michel Rossi amène l’animateur de la soirée – Nicolas Willemin, rédacteur en chef de L’Express/L’Impartial – à demander aux représentants des communes de ne pas intervenir dans le débat.

Des salaires discutés

Comme lors du débat organisé à Peseux, la professionnalisation des futurs conseillers communaux a également animé les discussions à Corcelles. Dans le public on s’interroge aussi. Un spectateur s’adresse aux partisans : « vous dites que les conseillers communaux semi-professionnels traiteront mieux les dossiers. Mais qui peut garantir qu’une personne élue pour quatre ans par le peuple soit réellement compétente ? »
Les opposants sont persuadés que les nouveaux conseillers communaux ne coûteront pas que 450'000 francs comme annoncé dans le projet. Selon eux, le budget prévisionnel ne tient pas compte de la caisse de pension, des charges sociales et des vacations extraordinaires.
Bien évidemment les partisans ne sont pas d’accord avec ce résonnement et, comme à Peseux, la discussion finie par tourner en rond.

Un coefficient fiscal attractif ?

« Le coefficient fiscal fixé à 65% n’est pas réaliste, clame Michel Rossi. Il ne tient pas compte de la situation financière actuelle des deux communes, ni des modifications de la loi sur les contributions ».
« Le coefficient de 65 points prévu dans la convention de fusion s’appliquera obligatoirement dès le 1er janvier 2009, répond Raphaël Comte. Si, par la suite, les autorités voulaient modifier le coefficient fiscal, à la hausse comme à la baisse, elles devraient le faire selon les procédures démocratiques. Quoi qu’il en soit le peuple aurait le dernier mot. Le coefficient de 65 points est un coefficient réaliste basé des études sérieuses et en tout cas pas pour faire « passer » la fusion ».

Reste maintenant à la population de Peseux et de Corcelles-Cormondrèche à se prononcer, le 9 décembre prochain, sur le sort de cette fusion. Que l’on soit pour ou contre, l’important c’est de voter !


Pascal Tissier

 

 


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