Peseux: plainte et pétition contre le Babylone Bar » Blog de PasTis

 Peseux: plainte et pétition contre le Babylone Bar

21/5/2008

Babylone, le bar de la disco/rde

Peseux • Inauguré le 2 mai dernier, le Babylone Bar offre la possibilité à des musiciens de s’exprimer. Mais à peine ouvert, ce nouvel établissement «musical» est déjà la cible de riverains excédés par le bruit: une pétition hostile circule déjà et une plainte pénale a été déposée.

Babylone Bar
Légende photo: Une constante chez Mehmet Keklikçi et Mahir Ispir (à droite),
les patrons du Babylone Bar: leur bonne humeur.                     Pascal Tissier

 

Après seulement deux semaines d’ouverture, le Babylone Bar fait déjà l’objet d’une pétition hostile. Apparemment les riverains de la Grand-Rue n’ont pas beaucoup apprécié la musique de chambre afro de Tassetas, ni le blues d’Indian Boogie. Dans un premier temps, l’initiatrice de cette collecte de signatures, nous ouvre sa porte et accepte de confier son désarroi: «La musique est beaucoup trop forte et c’est encore pire lorsque les clients entrent ou sortent du bar. Un voisin est déjà allé se plaindre à deux reprises. Il a été accueilli gentiment et on lui a même proposé un verre, mais ça n’a rien changé au niveau du bruit. J’ai ma chambre à coucher située presque en face du bar, c’est impossible de dormir le jeudi, le vendredi et le samedi soir. Si je dois attendre deux heures du matin pour aller me coucher, et me faire réveiller à l’aube par les premiers bus, ce n’est plus vivable».
Le lendemain, cette même dame nous adresse un e-mail: «Après mûre réflexion (la nuit porte conseil), je vous informe que je ne souhaite pas vous remettre une copie de notre pétition. De même, je ne souhaite pas voir apparaître mon nom, ni les noms des autres personnes que j’ai pu évoquer lors de notre discussion. Tout ce que nous souhaitons, c’est que cette histoire puisse se régler à satisfaction de chacune des parties». Dont acte.

…une plainte déposée

En marge de la pétition qui circule, une plainte est arrivée sur le bureau du Conseil communal. «Effectivement, quelqu’un a déposé une plainte pénale à cause du bruit », reconnaît Patrice Neuenschwander. Le président de commune tient tout de même à préciser que des consignes ont été dictées au propriétaire des lieux: «On lui a demandé qu’il fasse en sorte que l’on n’entende pas la musique à l’extérieur. C’est aussi pour ça, qu’on lui a recommandé d’installer un sas à l’entrée. Le Babylone a une autorisation de bar sonorisé avec une limite maximale de 83 décibels. Ce qui est étrange, c’est que l’établissement d’à côté (le Bar 17, anciennement Le Pub, ndlr) a une limite fixée à 93 décibels. C’est quand même bizarre que deux établissements voisins, ni l’un ni l’autre n’étant une discothèque, ont des limites différentes».

Une vocation musicale

Debout derrière le comptoir, Mahir Ispir est encore à la joie d’avoir enfin pu ouvrir son bar, le Babylone Bar. «On aurait dû ouvrir en décembre, mais la commune nous a contraint d’effectuer certains travaux. Tout n’est pas terminé, on doit encore monter un sas à l’entrée et remplacer la devanture actuelle par un double vitrage».
Installé au 9 de la Grand’Rue, à l’endroit de l’ancienne Coop du village, le Babylone Bar a une vocation musicale. «On aimerait sortir les artistes des caves», confie Mahir en montrant du doigt la scène installée dans une niche. Le jeune homme ne semble pas conscient que les concerts qu’il organise trois soirs par semaine font déjà du «bruit » aux alentours. «Tous les jeudis, dès 20h00, c’est la soirée Jam ouverte à tous les musiciens qui ont envie de partager leur musique. Quant aux soirées du vendredi et du samedi, elles sont réservées à des artistes ou à des groupes, tous styles confondus, DJ, reggae, rock, pop, folklore, etc. Il suffit de nous contacter pour fixer une date».
S’il se présente comme un Kurde de Turquie, Mahir Ispir est un musicien naturalisé et confirmé. «Depuis 2001, je fais partie du groupe Dengê Dînan (La voix des fous) dans lequel je chante et joue du saz. La musique a toujours été ma passion et c’est pourquoi je voulais offrir une petite scène aux artistes du coin ou d’ailleurs».


Pascal Tissier


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