Colombier: l'essor du Mobilec, un vélomoteur électrique » Blog de PasTis

 Colombier: l'essor du Mobilec, un vélomoteur électrique

20/2/2008

Un cyclomoteur électrique révolutionnaire 

Colombier • Voilà plus de vingt-cinq ans que Pierre Eberli rêve de développer un cyclomoteur électrique. Après des années de développement et des mois de prospection en Chine, cet ancien ingénieur d’Electrona, à Boudry, vient de faire homologuer et de commercialiser ses premiers Mobilec. Reste maintenant à cet ingénieux Colombinois à trouver les fonds nécessaires pour produire cet engin écologique à grande échelle.

Mobilec
Pierre Eberli avec son Mobilec – un cyclomoteur électrique de son invention – devant
son atelier, à Colombier. Photo pti


« Je n’ai rien inventé ! Beaucoup d’autres avant moi ont travaillé sur des concepts de deux-roues électriques », s’exclame Pierre Eberli lorsqu’on lui demande de parler de son invention. Le visage continuellement barré d’un large sourire, il se rappelle du déclic qui l’a amené à développer un cyclomoteur électrique. « En fait, cette passion est née au cours de mes études. Pour un travail d’examen, j’avais déjà imaginé installer un moteur électrique dans une roue, avec l’idée un peu farfelue de motoriser des rickshaws en Inde. J’avais lu un bouquin et je pensais à ces pauvres gens qui pédalaient et qui souffraient sur leur tricycle. A l’époque j’avais même envoyé une lettre à la Banque mondiale pour leur soumettre mon idée, mais on m’a répondu en rigolant qu’en on ne pouvait de toute façon pas recharger des batteries ».
Plus tard, au début des années 80, Pierre Eberli rencontre par hasard un homme en train de pousser un genre de mobylette électrique : « Ce type était très fâché parce que son engin ne fonctionnait plus. C’était un Solo Electra, un petit vélomoteur élecrique de fabrication allemande. Il était tellement mécontent qu’il a été d’accord de me le céder pour cent francs. Le problème venait des batteries qui nécessitaient un entretien régulier ».

Un prototype monté chez Condor

Au début des années 90, alors qu’il est ingénieur chez Electrona à Boudry, Pierre Eberli met au point son premier prototype de cyclomoteur électrique alimenté par une batterie au plomb , qui elle, ne nécessite pas d’entretien particulier. Il obtient même une aide financière du Département fédéral de l’énergie. C’est ainsi qu’est né « Mobilec I » monté à l’usine Condor à Courfaivre. « Ce prototype pesait 80 kilos et la batterie à elle seule affichait 30 kilos sur la balance. Il était impossible de commercialiser un engin pareil, mais je n’étais pas loin du but ».
Les années passent, Electrona s’est fait racheter et lorsqu’une partie des activités de l’entreprise est délocalisée vers Zurich, Pierre Eberli, se met à son compte. « J’étais spécialisé dans des grands chargeurs utilisés pour la formation électro-chimique des plaques dans des usines de batteries. Alors j’ai repris cette activité, ici à Colombier, dans l’atelier attenant à ma maison. C’est avec ça que j’ai pu survivre. Je faisais tout sous-traité dans différentes entreprises suisses et j’exportais en Arabie Saoudite, au Philippines ou ailleurs ».

MobilecQuand la providence s’en mêle

Pierre Eberli enchaîne les voyages en Inde, en Malaisie et en Chine, dans l’espoir de dénicher l’entreprise qui serait capable de donner vie à son Mobilec. Finalement, c’est en Chine – par hasard – qu’il va trouver la solution. « Pendant une semaine, le parti communiste a mis un homme à ma disposition pour me faire visiter des entreprises. En vain ! Un soir, alors que mon séjour arrivait à son terme, quelqu’un à frapper à la porte de ma chambre d’hôtel. Il devait être plus de 22 heures et j’étais déjà couché. C’était un ingénieur d’une des usines que j’avais visité et il m’a dit que mon projet l’avait tellement excité qu’il avait donné son congé et qu’il se mettait à mon service pour m’aider à mener à bien mon projet ».
Avec ce partenaire providentiel, Pierre Eberli va louer un local dans une ferme, acheter un véhicule et trouver l’argent et tous les éléments nécessaires pour fabriquer quinze exemplaires du « Mobilec II ». Nous sommes en 2003.

Les premiers Mobilec en Suisse

Aujourd’hui le Mobilec est au point et plusieurs dizaines d’exemplaires sont arrivés en Suisse. L’engin a été homologué et répond exactement à la réglementation propre aux cyclomoteurs. Il est proposé à un peu moins de 2'000 francs.
« Certes, il existe déjà des bicyclettes équipées d’une aide électrique. Plusieurs grands fabricants proposent aussi des scooters électriques. Maintenant je suis en mesure de proposer un cyclomoteur électrique moins cher qu’un vélo électrique ou un scooter. Le Mobilec ne nécessite aucun entretien particulier. Un câble-spirale est rangé sous la selle et dès que l’utilisateur s’arrête, il lui suffit de brancher le Mobilec sur une prise 220 volts pour le recharger ».
Selon Pierre Eberli, son deux-roues se déplace aisément à 30 km/h et son autonomie est d’un peu plus de 30 kilomètres par jour : « le double si la batterie peut être chargée durant la nuit et le jour, par exemple pendant les cours ou les heures de travail ».
Actuellement, Pierre Eberli est à la recherche de sponsors ou d’investisseurs pour produire son Mobilec en grande quantité et il ne désespère pas de pouvoir trouver un réseau de distribution. Les personnes qui seraient intéressées par ce vélomoteur écologique peuvent même aller l’essayer chez son inventeur, à Colombier. Pour cela, il suffit de prendre rendez-vous. 


Pascal Tissier


Fiche technique et renseignement sur www.mobilec.ch
Ou au 032 841 36 37, ou sytrel@bluewin.ch


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