Canton: Statistiques policières de l'exercice 2007 » Blog de PasTis

 Canton: Statistiques policières de l'exercice 2007

20/2/2008

«En matière de criminalité, la situation neuchâteloise est stable» Olivier Guéniat

Canton • La police neuchâteloise a présenté vendredi dernier ses statistiques 2007 des accidents et de la criminalité, en présence du conseiller d’Etat Jean Studer, chef du Département de la justice, de la sécurité et des finances et d’André Duvillard, Commandant de la Police neuchâteloise. Chiffres à l’appui, René Germanier, Commandant de la gendarmerie et Olivier Guéniat, Chef de la police judiciaire, ont démontré que les routes sont plus sûres que jamais et que la situation de la criminalité est stable.

André Duvillard, Jean Studer et Olivier Guéniat (de gauche à droite)
Vendredi dernier, André Duvillard, Commandant de la Police neuchâteloise, le conseiller
d’Etat Jean Studer, chef du Département de la justice, de la sécurité et des finances
et Olivier Guéniat, Chef de la police judiciaire (de gauche à droite), ont présenté à la
presse les statistiques 2007 des accidents routiers et de la criminalité.       Photo pti


« La seule ombre au tableau du bilan routier 2007, ce sont les douze morts sur nos routes ». C’est en ces termes que René Germanier, a entamé son exposé sur la sécurité routière. Un bilan que le Commandant de la gendarmerie considère « véritablement positif » et pour étayer ses propos, il présente trois chiffres: « 3'060 accidents en 1990, 1'915 en 2000 et seulement 1'003 en 2007. Soit une diminution de plus de 67% des accidents routiers entre 1990 et 2007 ! Un chiffre jamais atteint ! Ce d’autant que durant la même période, le parc automobile n’a cessé de croître pour atteindre aujourd’hui près de 110'000 véhicules ».
Concernant les douze tués, le commandant de la gendarmerie précise « qu’ils sont concernent neuf accidents, dont trois – avec chacun deux morts – ont été causés par des octogénaires. Un contresens sur une bretelle autoroutière, une inattention à un passage à niveau, et une autre faute d’inattention à l’engagement sur une route principale ».

Des contrôles accrus

En matière d’alcoolémie, sur plus de 29 600 conducteurs contrôlés à l’éthylomètre – avec ou sans accident –  381 (+ 8,9%) ont été dénoncés pour ivresse non qualifiée (entre 0,5 et 0,79 pour mille) et 553 (- 6,6%) pour ivresse qualifiée (supérieure à 0,8 pour mille). « L’ivresse, contrairement à ce qu’on pense, est la quinzième cause des accidents, les deux premières étant l’inattention et la vitesse », précise le lieutenant-colonel René Germanier. « On le sait, sur nos routes il y a environ trois personnes sur cent qui roulent sous l’influence de l’alcool. Sur les 934 conducteurs dénoncés pour ivresse au volant, on dénombre 806 hommes et 128 femmes. Je ne pense pas qu’il y ait moins de femmes que d’hommes qui conduisent, mais on voit qui réduit les stocks en l’occurrence ».
Quant aux 891 contrôles de vitesse effectués avec des radars fixes ou mobiles, ils ont amené la police à dénoncer près de 17'600 conducteurs pour excès de vitesse, soit environ 40% de plus qu’en 2006.

Des violences conjugales en hausse

« En matière de criminalité, la situation neuchâteloise est stable, avec une diminution du nombre total des délit » révèle Olivier Guéniat en préambule de son exposé. Graphiques et tableaux à l’appui, le chef de la police judiciaire précise que ce ne sont pas moins de 12’876 affaires qui ont été traitées par son service l’an dernier, soit environ 35 par jour en moyenne.
Durant la même période, 7673 auteurs d’infractions ont été identifiés, ce qui représente un taux d’élucidation de 46%, soit nettement plus que la moyenne nationale qui se situe à environ 20%. A noter que sur les 3'523 individus dénoncés dans le cadre des 12'876 affaires traitées l’année passée, 53,8% sont de nationalité suisse, et 46,2% de nationalité étrangère.
« Soixante pour-cent de ces affaires concernent des infractions contre le patrimoine et environ six pour-cent sont des infractions contre l’intégrité corporelles. On parle beaucoup de violence dans les médias et au niveau politique, mais il faut savoir que près de la moitié de ces infractions contre l’intégrité corporelle concerne des affaires familiales. Les cas de violences conjugales ne sont certainement pas plus élevés, mais ils sont plus facilement dénoncés aujourd’hui », précise Olivier Guéniat.
Statistiquement, il y a eu plus de 410 affaires de violence conjugale en 2007 dans le canton (+11%), contre 372 en 2006, 381 en 2005 et 201 en 2004, date de la modification du Code pénal suisse.

La délinquance juvénile en chiffres

Selon le chef de la police judiciaire, les vols sont à la baisse par rapport à 2006. L’an dernier il y a eu 3'886 vols constatés, dont 1'061 par effraction et 24 vols à l’arraché. Concernant les 323 vols à la tire recensés en 2007, plus de quatre-vingt ont été commis durant le seul week-end de la Fête des vendanges.
En ce qui concerne le chapitre des mineurs, Olivier Guéniat souligne une stabilisation du nombre d’auteurs dénoncés (439) par rapport à 2006 (427), mais révèle une hausse de 48% du nombre d’infractions commises par des mineurs. Ceux-ci sont d’ailleurs responsables de près d’un délit sur cinq.
Parmi les mineurs dénoncés, la majorité sont de nationalité suisse (67%) et près d’un tiers sont d’origine étrangère (33%). Des mineurs sont impliqués dans 29% des infractions contre le patrimoine, 18% de délits contre l’intégrité physique et 15% des atteintes à l’intégrité sexuelle.

Davantage de suicides

Il n’y a eu qu’une victime de meurtre durant l’année 2007 : une femme ayant été tuée par son mari au moyen d’une arme de poing à Montmollin. Et si avec trois morts annoncés, le nombre de décès par overdose est stable depuis trois ans, on constate que de plus en plus de personnes mettent volontairement fin à leurs jours. En effet, l’an dernier la police neuchâteloise a enregistré 53 suicides, soit un par semaine, contre 40 en 2006, 40 en 2005, 36 en 2004, 38 en 2003, 36 en 2002, ou 39 en 2001.
Olivier Guéniat ne s’explique pas cette hausse importante des suicides : « il est difficile d’analyser pourquoi sur une population de 170'000 habitants, 53 personnes décident de mettre fin à leurs jours, dont quelques unes à travers les services de d’associations d’aide à la mort… On est en train de réactualiser une étude que nous avions fait il y a quelques années pour définir les âges, les moyens utilisés, les conditions sociales des personnes, pour mieux cerner le problème et pouvoir établir un programme de prévention ».


Pascal Tissier
 

Jean Studer

 

 


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