Cindy Bieri vend des fringues en faveur des tigres » Blog de PasTis

 Cindy Bieri vend des fringues en faveur des tigres

14/5/2008

Cindy Bieri a ouvert une boutique pour sauver des tigres

Bevaix • Après plusieurs séjours en Asie et en Afrique où elle s’est occupée d’animaux sauvage, Cindy Bieri vend aujourd’hui des vêtements pour la sauvegarde de la faune.


Cindy Bieri - Suki
Dans la boutique de Cindy Bieri, les tigres ne sont pas que sur les vêtements. pti


«Mon rêve c’est de partir vivre dans la jungle avec des animaux». Lâchée avec détermination, c’est petite phrase résume à elle seule la passion de Cindy Bieri pour la faune sauvage et les tigres en particulier. Tout ce qu’entreprend cette jeune femme d’à peine plus de trente ans à un lien avec les animaux. Comme la boutique Suki (aimer en japonais) qu’elle vient d’ouvrir – début avril – au cœur de Bevaix, à l’emplacement de l’ancienne poste. «Vêtements, déco éthique et recyclée, jeux, papeterie, soins bien-être, articles vendus pour la sauvegarde de la faune», telle est la définition imprimée sur les cartes de visite du magasin. Jeune, jolie, jovial, cette Chaux-de-fonnière d’origine rêve certainement de suivre le parcours d’une Dian Fossey (et ses gorilles) ou de Joy Adamson (et ses lions).

Styliste de formation, elle tente de vivre de ses créations, en aménageant un atelier dans son appartement chaux-de-fonnier. En 1998, Cindy descend sur le littoral et ouvre sa première boutique Suki à la rue des Moulins. A côté des vêtements qu’elle dessine et confectionne, elle vend des fringues qu’elle va acheter régulièrement dans le quartier Sentier, à Paris.

En 2005, elle vend son commerce et part en Asie à la rencontre des tigres. En Thaïlande, dans la province de Kanchanaburi, la jeune femme découvre le monastère Wat Pa Luangta Bua, plus connu comme le temple des tigres, où des moines élèvent plus d’une dizaine de félins. Cindy est désabusée: «C’est devenu l’attraction incontournable pour les touristes de passage qui doivent payer pour se faire prendre en photo, une main posée sur le dos d’un fauve. C’est pas comme ça qu’ils vont sauver l’espèce». Ce qu’elle verra en Inde ne sera pas plus brillant, même si, avec environ 2’500 individus, ce pays abrite la moitié des tigres de la planète. «Tous les tigres qui vivaient dans la réserve de Sariska – un projet gouvernementale destiné à les protéger – ont été massacrés par les braconniers».

L’an dernier, c’est en Afrique que Cindy est allée à la rencontre des animaux: «Là encore l’expérience a été douloureuse. En Afrique du Sud je soignais des animaux dans un parc plus intéressé à encaisser l’argent des touristes qu’au bien-être des animaux. Il ne faut jamais payer pour aller travailler bénévolement! C’est de l’escroquerie! Quasiment toutes mes économies y ont passé. J’ai également fait un séjour dans un parc en Namibie où l’état d’esprit des propriétaires était plus en harmonie avec les bêtes. Ils avaient un plan de reproduction et là j’étais nourrie et logée».

Cindy est revenue en Suisse en février dernier et le 5 avril elle a ouvert son magasin à Bevaix. «J’ai fait avec les moyens du bord. Les meubles proviennent de brocantes, d’autres ont été achetés sur un site d’enchères». Evidemment les tigres sont partout, affichés sur les murs ou imprimés sur des t-shirts. Sur une étagère il y en a même en peluche. A travers son magasin, elle vient encore aide aux animaux en soutenant Terre & Faune, une fondation suisse qui mène actuellement six projets de terrain dans sept pays différents d’Afrique et d’Asie, notamment pour la réintroduction d’animaux sauvages, pour lutter contre le trafic animalier, ou améliorer les conditions de vie des animaux sauvages confisqués aux frontières et placés dans des refuges. « Sur chaque article vendu, je verse une part à la fondation Terre & Faune. C’est ma manière de continuer à agir pour sauver les animaux qui peuvent encore l’être. Mais je sais que dès que l’occasion se présentera, je repartirai dans la jungle ou la savane».

Lorsque l’on demande à Cindy Bieri si elle n’envisage pas de fonder une famille, elle rigole: «J’y pense des fois, mais je n’ai pas encore trouvé l’homme capable de me suivre ou qui a la même passion que moi».  


Pascal Tissier


Category : ARTICLES PRESSE Print

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