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 Brot-Plamboz - Des cerfs au Joratel

12/9/2007

Du cerf élevé au Joratel, s’étale enfin au marché

Brot-Plamboz • Deux ans après s’être lancée dans l’élevage de cerfs, la famille Matotéa a le sourire : depuis début septembre, chaque samedi, elle vend les produits de son exploitation sur le marché de Neuchâtel. Outre du cerf, Christophe Matotéa propose d’autres produits de sa ferme : des poulets fermiers, des lapins, de la viande de cochon laineux ou d’agneau. Pour ce géomètre reconverti par amour, le bonheur est effectivement dans le pré.

Sonia, Christophe et Axel Matotéa
Sonia, Christophe et Axel Matotéa, devant leur harde de cerfs dominé par un mâle
plutôt susceptible et doté de bois pour le moins imposants. Manque sur la photo
la petite Loïse, à l’école au moment du cliché.                                      Photo pti

 

Il était une fois, dans les Montagnes neuchâteloise, un preux genevois, géomètre de son état d’adoption. Sieur Christophe rencontra dame Sonia et Cupidon tira ses flèches…. Ils se marièrent, il devint éleveur de cerfs, elle institutrice, et ils eurent deux adorables enfants…
Il est vrai que l’histoire de la famille Matotéa ressemble à un conte de fée, et même si elle n’a rien d’imaginaire, c’est en tout cas une belle aventure.
Mais comment ce géomètre genevois est devenu éleveur de cerfs dans la vallée des Ponts-de-Martel ? Et pourquoi des cerfs plutôt que des vaches, comme ses voisins ? Christophe Matotéa regarde son épouse et rit : « j’ai rencontré Sonia au Locle, elle disposait d’un appartement à l’étage de cette ferme du Joratel, sur la commune de Brot-Plamboz. Cette exploitation appartient à sa famille depuis des générations, mais son papa n’a pas souhaité succéder au grand-père et le domaine a été loué. Ensemble, on s’est dit que nous pourrions reprendre cette ferme, y élever des animaux et en vivre ».

MatotéaDes débuts modestes

En attendant que le bail du locataire de la ferme arrive à échéance, Christophe Matotéa travaille comme géomètre pour l’Etat de Neuchâtel, son épouse est institutrice à l’école des Petits-Ponts et, en 2005, le couple prend possession de ce domaine de vingt hectares. Entre-temps la famille s’est agrandie avec les naissances de Loïse (5 ans), puis d’Axel (3 ans), et Christophe, qui a étudié maintes possibilités, s’est décidé : il élèvera des cerfs. Dès qu’il est maître des lieux, le couple dresse des clôtures et Christophe entame ses études d’agriculteur à l’Ecole Cantonale des Métiers de la Terre et de la Nature (ECMTN), à Cernier. Puis les premiers cerfs – un mâle et 29 biches – arrivent au Joratel. Pour l’apprenti éleveur, les débuts sont modestes : « du jour au lendemain notre revenu a fondu. Depuis 2005 nous vivons sur le seul salaire de Sonia. Mais ce que nous avons perdu en pouvoir d’achat est compensé par une qualité de vie qui vaut tout l’or du monde ».

MatotéaUne arche de Noé

Aujourd’hui, le troupeau de cerfs de Christophe Matotéa compte une cinquantaine de têtes… Comptait devrait-on dire car quatorze bêtes seront abattues cette semaine. « Ce n’est pas encore suffisant pour assurer un revenu décent, mais je préfère progresser gentiment. Pour atteindre le seuil de rentabilité, il faudrait que je puisse abattre une quarantaine de bêtes par année », souligne l’éleveur.
Depuis deux ans, l’exploitation familiale a pris des allures d’arche de Noé : outre les cerfs parqués dans un enclos de près de neuf hectares, la ferme abrite un couple de cochons laineux, huit poules pondeuses, une cinquantaine de poulets fermiers, une douzaine d’agneaux, deux juments poulinières et deux lamas. Et c’est sans compter les chats qui errent en liberté… De nouveaux animaux sont attendus au Joratel, mais Christophe souhaite rester discret à ce sujet... des « schrek » selon le petit Axel, mais nous n’en saurons pas plus…

MatotéaUne place au marché

Jusqu’à aujourd’hui, sans faire de publicité, les Matotéa sont parvenus à écouler leur production à travers leur réseau de connaissances et par la vente directe à la ferme. Depuis le début du mois, ils ont obtenu une place au marché, le samedi à Neuchâtel. Pour Christophe, c’est comme une victoire, une nouvelle étape est franchie : « l’emplacement qui nous a été attribué n’est certainement pas le meilleur, dernier arrivé, dernier servi, mais nous sommes très heureux d’avoir cette place et de faire connaître nos produits en ville. Outre nos différentes spécialités à base de cerf, nous proposons tous les autres produits de notre ferme, du poulet fermier au lapin, ainsi que de la viande d’agneau et de cochon laineux ».
La détermination de Sonia et Christophe Matotéa force l’admiration. Petit à petit leur projet prend forme. Demain leur harde de cerfs va encore s’agrandir et de nouveaux animaux viendront compléter leur cheptel. Nul doute que le couple pourra vivre de ses élevages avant même que leurs enfants soient scolarisés. C’est tout ce qu’on leur souhaite.


Pascal Tissier


D’autres informations sur le site www.cerfs.ch

 

Sonia, Christophe et Axel Matotéa

 


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