Neuchâtel: Exposition au home des Charmettes » Blog de PasTis

 Neuchâtel: Exposition au home des Charmettes

9/1/2008

Des vaches suspendues aux Charmettes

Neuchâtel • Après un vernissage au home de Clos-Brochet, au printemps dernier, Gudrun et Jacques Magnenat exposent aujourd’hui leurs aquarelles et autres acryliques – spécialement créées pour l’occasion – dans le hall du home des Charmettes, à Neuchâtel.


Gudrun et Jacques Magnenat
Depuis leur mariage, il y a deux ans, Jacques et Gudrun Magnenat ne cessent
de peindre et d’exposer. Actuellement, une quarantaine de leurs œuvres sont
visibles dans le hall du home des Charmettes. Photo pti

 

Ils ont tous deux dépassé le cap de la cinquantaine et se sont mariés il y a un peu plus de deux ans. Chacun avait créé une famille et avait dû affronter des épreuves douloureuses.

Ainsi, en 2003, après de décès de son mari, Gudrun quitte sa Suède natale pour changer d’air, de vie si affinité. Elle revient en Suisse, où elle a été fille au pair, à Fribourg, au début des années 70 et s’installe à Neuchâtel où elle reprend son métier d’hygiéniste dentaire.

Jacques, lui, s’est trouvé une passion pour la vie en alpage à s’occuper de bovins. Un mariage et trois enfants plus tard, il a repris son premier métier de dessinateur en génie civil. Lorsque le diagnostic parkinson lui est révélé, il n’a que quarante ans : la vie de ce Fribourgeois d’adoption bascule, son mariage sombre et sa voiture devient son seul domicile.

Gudrun et Jacques se rencontrent par hasard, un soir de 2005, dans un établissement public. Cupidon devait être dans la salle : le coup de foudre est aussi instantané que réciproque. Quelques mois plus tard, devant l’officier d’état civil et devant Dieu, Gudrun dit oui à Jacques.

« Nous étions appelés à nous rencontrer, confie Jacques. Nous avons les mêmes affinités et sans attendre nous avons tout mis en commun, même notre passion pour la peinture ».

Finesse et naïveté

Expo aux Charmettes à NeuchâtelAvec un style subtil, plein de finesse et de légèreté, Gudrun immortalise à l’aquarelle les postures de son chat, ou les couleurs de terrasses fleuries. Avec un réalisme étonnant, elle peint, offre aussi au visiteur le magnifique « portrait » d’une vache, l’animal de prédilection de son mari.

En effet, pour cette exposition, Jacques Magnenat s’est attaché à peindre des scènes de Rindja (la désalpe en patois fribourgeois) : sur ses toiles, les armaillis sont vêtus de leur traditionnel bredzon et les femmes portent le dzaquillon. Les vaches, quant à elles, sont décorées de magnifiques cloches carillonnantes et de fleurs très colorées. Certes la technique de l’acrylique est moins fine que l’aquarelle, et les peintures de l’ancien gardien de génisses sont souvent empreintes de naïveté, mais c’est justement ce qui fait le charme de ses représentations de cortèges folkloriques.

Plus d’une quarantaine d’œuvres spécialement réalisées pour l’occasion et signées par Gudrun et Jacques Magnenat sont accrochées sur les murs du rez-de-chaussée du home des Charmettes. L’exposition est ouverte au public jusqu’au 22 février prochain.


Pascal Tissier




Autres articles sur l'affaire des Charmettes

23-01-08  Neuchâtel: Affaire des Charmettes 3e acte

19-12-07  Neuchâtel: Affaire des Charmettes, 2e acte

06-12-07  Du pain congelé au home des Charmettes



Happy End dans l'affaire des Charmettes

A noter que les articles du Courrier Neuchâtelois n'ont pas été sans suites: Annie Iosca, la cheffe hôtelière, a déposé plainte pour délit contre l'honneur et diffamation contre Loyse Renaud Hunziker, la présidente du comité directeur de la Fondation des Etablissements Cantonaux pour Personnes Agées (FECPA). Fin 2008, Annie Iosca a été déboutée par le Tribunal de police de Neuchâtel. Voir à ce propos l'article publié dans L'Express du 17 décembre 2008.

Le 4 novembre 2008, jour de la première audience du tribunal, l'un des avocats de Loyse Renaud Hunziker interroge la directrice des Charmettes, appelée à la barre en tant que témoin:
«Avec le recul, et compte tenu des déclarations que vous avez entendu le 10 décembre (jour de l'audition des personnes victimes de harcèlement, ndlr), compte tenu des autres plaintes, pour vous est-ce que ces personnes-là auraient menti, est-ce ces personnes-là auraient monter une cabale contre Madame Iosca?»
Après quelques secondes de silence Françoise Riem-Vis murmure : «Vous savez je veux vous dire, je ne sais pas, je ne sais pas…»
No comment!

Cependant, quelques jours plus tard, le contrat de travail entre la directrice du home des Charmettes et la Fondation des établissements cantonaux pour personnes âgées a soudainement pris fin. Voir à ce propos l'article publié dans L'Express du 26 novembre 2008.

Seule satisfaction dans ce dossier, c'est que depuis le 4 novembre 2008 – jour de la première audience du tribunal "Annie Iosca contre la FECPA" – les pensionnaires des Charmettes se voient à nouveau servir du pain frais livré quotidiennement par un maître boulanger de Neuchâtel. A noter également que depuis le 1er avril 2009, un nouveau directeur – Olivier Schnegg – dirige cette institution pour personnes âgées.

Pascal Tissier





Category : ARTICLES PRESSE Print

| Contact author |