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 La Côte - Une fusion qui divise

5/9/2007

Les élus subiéreux divisés: le sort de la fusion plus incertain que jamais?

La Côte • Il y a comme un malaise à Peseux. En effet, il ressort des séances préparatoires des différents partis qui doivent se prononcer ce mercredi sur la convention de fusion, que les élus subiéreux sont plus que jamais divisés sur la question. A droite surtout, mais à gauche aussi… Le sort de la fusion entre Peseux et Corcelles-Cormondrèche se jouera certainement à quelques voix près.


Fusion Peseux - Corcelles-Cormondrèche

 

Lundi 27 août 2007, 20 heures. Les Libéraux et les Radicaux de Corcelles-Cormondrèche se sont rassemblés à la salle Peillon de la Maison de Commune, pour prendre position sur la convention de fusion. On procède à un « tour de table » et ça passe !
Même jour, même heure. Les Libéraux et les Radicaux de Peseux se sont réunis à la salle du Conseil général de Maison de Commune, eux aussi pour convenir de leur position sur la fusion. Ici, pas de « tour de table » pour connaître l’avis de chacun, mais ça se présente plutôt mal.
Peu après 21h30, la Droite de Corcelles-Cormondrèche a rejoint celle de Peseux, à la salle du Conseil général, pour s’informer réciproquement des positions arrêtées. Chacun reste sur ses positions.

Le même soir, les Socialistes des deux communes se réunissent également, mais sans se rencontrer.
Le matin même, le socialiste Patrice Neuenschwander, conseiller communal à Peseux, a tenté – par email – de mobiliser ses troupes : « (…) La votation de mercredi prochain s’annonce serrée et il importe que tous les conseillers généraux soient présents. Un immense travail a été effectué autour de ce projet de fusion et nous souhaitons l’achever par une discussion de fond au sein du groupe. (…) Avec 20 élus sur 41 et trois conseillers communaux sur cinq, nous avons de grosses responsabilités et il s’agit de les assumer ». Ce soir-là, à Peseux, seuls neuf conseillers généraux socialistes, dont trois opposés à la fusion, participeront à la séance de travail.

Autres échanges

Jeudi 30 août, 11h45, Raphaël Comte, président du groupe Radical cantonal et président de la commission de fusion, envoie un email à un socialiste de Corcelles :
« Petite question : les Socialistes de Corcelles se sont-ils réunis pour définir leur position sur la convention de fusion ?
Une réunion avec le PS de Peseux est-elle envisagée ?
Apparemment vos camarades de Peseux ont des états d’âme… »
On ne connaît pas la réponse adressée à Raphaël Comte, mais le destinataire du message électronique l’a renvoyé à sa section et à ses amis socialistes…
« J’ai reçu cette communication de la part de notre cher ami Comte. A première vue, ça bouge pas mal du côté de Peseux. »

Jeudi 30 août, en début de soirée, à Corcelles, les riverains de la future traversée du village sont invités à visiter le chantier. Et quand un conseiller communal de droite rencontre un élu de gauche, de quoi parlent-ils ?
- « C’est cuit ! La droite de Peseux va refuser la fusion ! »
- « T’es sûr ? »,
- « Ouais, c’est cinq ans de boulot foutu à la poubelle ! »

Samedi 1er septembre, 11h00, à Peseux, les élus socialistes opposés à la fusion se réunissent chez l’un d’entre eux pour peaufiner leurs arguments. Ils seront probablement six à voter contre la fusion.

Pourquoi un tel revirement à Peseux ?

Le 2 juillet dernier, le conseil général de Corcelles acceptait quatre demandes de crédit, pour un montant total de 4,6 millions de francs, dont 3,37 millions de francs pour la construction du centre de l'enfance « Les cœurs grenadine », et 1,12 million de francs pour la transformation des vestiaires du Stade du Grand-Locle. Au cours des débats relatifs au Centre de la petite enfance, un élu s’est inquiété de « la nécessité d'informer les autorités de la Commune de Peseux sur les investissements de cet ordre et de quérir leur avis dans le cadre d'une consultation ». La rénovation des vestiaires du terrain de football a aussi amenée une remarque sur « le manque de collaboration avec Peseux dans le dossier, et la précipitation dans sa finalisation cinq mois avant la votation sur la fusion ».
Il s’avère aujourd’hui que ces crédits n’ont pas été du goût des Subiéreux, tous partis confondus, et qu’ils ont pesé lourd – lundi dernier – dans les discussions des séances de travail.
Les conseillers communaux qui défendent le projet de fusion promettent que le coefficient fiscal sera ramené à 65% au lieu des taux actuels de 67% à Peseux et de 72% à Corcelles-Cormondrèche.
Beaucoup d’élus considèrent que ce taux n’est pas réaliste et qu’il n’est qu’un leurre politique pour faire passer la fusion. Il est certain que ce coefficient fera l’objet de nombreuses interventions ce mercredi soir.

Laisser le peuple décider

Patrice Neuenschwander, reconnaît que ce crédit de près de cinq millions voté à Corcelles a quelque peu renversé la vapeur : « certes, le moment était peut-être mal choisi, mais la vie des communes ne peut pas s’arrêter sous prétexte qu’une fusion est en jeu. Les élus de Peseux sont surtout frustrés de ne pas avoir été informés de cet investissement et clament que l’on va hériter de cette dette. Mais il ne faut pas oublier que nous allons aussi profiter des infrastructures ».
Le conseiller communal est-il inquiet ? : « Depuis quelques semaines, des rumeurs circulent, les gens se téléphonent, s’envoient des emails, chacun veut savoir ce que va faire l’autre. Il semblerait même que le vote à bulletins secrets soit demandé à Peseux. Quoi qu’il en soit, ça sera serré, à une ou deux voix près. C’est grave ! Je serais extrêmement déçu si on ne laissait pas le dernier mot à la population. Si la convention de fusion est acceptée, chaque camp se lancera dans une campagne au cours de laquelle les opposants pourront s’exprimer ». 

La parole à la droite

Bernard Jaquet, président des Radicaux de Peseux, se refuse de à tout commentaire : « la droite est peut-être partagée, mais il vous faudra attendre notre intervention, mercredi soir, pour connaître notre position ».

Michel Rossi, président des libéraux subiéreux ne cache pas son opinion : « Je suis un partisan du non, et je l’ai toujours été, en tout cas sur ce projet. On dissimule la vérité à la population, et l’on fait croire aux gens qu’ils vont payer moins d’impôts. Lors de notre séance de travail lundi dernier, il a été révélé que le traitement des cinq futurs conseillers communaux de La Côte s’élèverait pour chacun d’eux à 90'000 francs par année, pour un poste à 50%. Est-ce que les citoyens ont été informés là-dessus ? Mercredi soir notre groupe acceptera le projet de convention de fusion, et j’espère bien que le vote ne se fera pas à bulletins secrets. Un conseiller général – élu par le peuple – doit avoir le courage d’afficher son opinion et non pas de se cacher derrière un bulletin anonyme ».


Pascal Tissier

 

Les origines de la rumeur d’une lettre censurée

Une personne aurait envoyé une « lettre ouverte » à un quotidien régional afin de démontrer que les informations fournies à la population de Peseux et de Corcelles-Cormondrèche étaient « erronées ». Jamais publiée, cette missive aurait été censurée sur pression d’un conseiller communal. Telle est la rumeur qui circule, à droite comme à gauche, dans les discussions des élus, et dans la population des communes concernées.

L’auteur de cette « fameuse » lettre ouverte est Robert Juillard, socialiste, député au Grand conseil de 1969 à 1977, et conseiller communal à Peseux de 1972 à 1992.

Celui-ci confirme qu’il a bien envoyé ce courrier au journal le 1er novembre 2006.
Contacté par téléphone, il accepte de rencontrer – le 10 novembre – un journaliste dans les locaux du journal. Ensemble, ils conviennent de quelques modifications.
«Ma lettre n’a jamais été publiée, constate l’ancien conseiller communal, mais le journaliste que j’ai rencontré a publié, le 29 novembre 2006, un article « bidon » sur les finances de la future commune».
Robert Juillard est écœuré : «à la fin de ma rencontre avec lui, ce journaliste m’a raconté qu’il était un copain d’études du conseiller communal de Peseux qui défend le projet de fusion. Il est navrant que ce quotidien soit devenu un journal d’opinion par copinage».
A travers son message, Robert Juillard tentait de démontrer – entre autres –  que le coefficient de 65% annoncé par les défenseurs du projet était irréaliste : «Corcelles envisage actuellement d’accueillir 300 à 400 ménages dans de nouveaux appartements aux Arniers et compte sur la vente des terrains pour financer les accès routiers. C’est un beau plan, mais qu’est-ce qu’ils vont faire de tous les enfants supplémentaires qui habiteront là et qu’il faudra bien scolariser. Ça va leur coûter au moins un million par an ! Non, il faut être sérieux. Sans fusionner, la commune de Peseux avec son coefficient actuel de 67% est viable, mais pour Corcelles, il n’y a pas de miracle, si d’ici 2009 le taux ne monte pas à 74 ou 75%, la commune ne s’en sortira pas. On est en train d’enfariner la population!». (pti)

 

 

 

 


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