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 Initiative du Centre neuchâtelois d’alcoologie (CENEA)

5/9/2007

Alcochoix : pour une réduction contrôlée de sa consommation d’alcool

Canton • On estime qu’en Suisse 5% de la population souffre d’une dépendance grave à l’alcool et que 20% ont une consommation dite « problématique ». Le programme Alcochoix proposé par le Centre neuchâtelois d’alcoologie (CENEA) s’adresse justement aux personnes qui ont une consommation excessive et qui souhaiteraient, sur une durée de six semaines, diminuer leur consommation d’alcool. Depuis le lancement de ce concept au début de l’année, plus d’une quarantaine de personnes ont suivi ce programme.


Célia Walther du CENEA
Assistante sociale et chargée de prévention au CENEA, Célia Walther présente
le support Alcochoix déposé chez les médecins généralistes et pharmaciens du canton.


En partenariat avec la section neuchâteloise de la Croix-Rouge, l’Ordre neuchâtelois des pharmaciens et la Société neuchâteloise de médecine, le Centre neuchâtelois d’alcoologie (CENEA) a lancé, en janvier dernier, le programme Alcochoix. Ce concept – créé au Canada – s’adresse à des adultes qui entretiennent une relation problématique avec l’alcool et qui souhaitent diminuer de manière significative et durable leur consommation d’alcool et les problèmes qui en résultent (santé, famille, travail, etc.).
Après un premier contact, le plus souvent à travers la ligne téléphonique gratuite,
(0800 112 118), un entretien a lieu dans un endroit neutre et en toute discrétion, généralement dans un bureau de la Croix-Rouge, à Neuchâtel. Un bref questionnaire et un entretien permettent au conseiller du CENEA d’évaluer la problématique de son interlocuteur.
Ne peuvent pas participer à ce programme les adultes présentant des symptômes d’alcoolo-dépendance et les femmes enceintes pour qui l’abstinence est recommandée. Mais ces personnes ne sont rejetées, elles sont orientées – si elles le désirent – vers d’autres types de prise en charge.

Un programme, deux options

Assistante sociale et chargée de prévention au CENEA, Célia Walther est l’une des conseillères d’Alcochoix : « depuis le lancement de ce programme le 15 janvier de cette année, quarante-cinq personnes l’ont suivi. Contrairement à certaines associations, nous ne visons pas l’abstinence, mais bien une consommation contrôlée que nous avons fixée à deux boissons par jour pour les femmes et à trois boissons par jour pour les hommes avec, si possible, un ou deux jours d’abstinence par semaine ».
Une boisson correspond environ à dix grammes d’alcool, soit une « cannette » de bière, ou un « ballon » de rouge, ou un « doigt » de whisky.
« Alcochoix est juste un guide, un accompagnement à une démarche volontaire entamée par une personne qui a pris conscience de ses habitudes de consommation, confie Célia Walther. La première rencontre permet de faire le point sur les habitudes de consommation et de définir les objectifs de diminution. Au cours de cet entretien, le conseiller remet le « Kit Alcochoix » qui contient un guide personnel, six petits carnets de bord pour les six semaines du programme, et un dépliant « fiches » qui est un résumé du guide. Ensuite, il s’agira de choisir l’une de deux formules proposées, autonome ou dirigée. Avec la première, la personne progresse seule à l’aide du guide et peut, si besoin, utiliser l’assistance téléphonique. Dans la démarche « coachée », la personne est suivie par un/e conseiller/ère et une à deux rencontres sont proposées pour la soutenir. Dans la grande majorité des cas, les gens qui ont suivi ce programme sont parvenus à réduire leur consommation d’alcool et sont heureux de pouvoir la maîtriser ».

Le concept a fait ses preuves

Au terme des six semaines du programme, il est recommandé d’être vigilant et de continuer de noter les doses consommées. Trois mois et douze mois après le programme, le CENEA propose à chaque participant de répondre à des questionnaires d’évaluation afin de pouvoir mesurer l’impact de cette démarche volontaire sur la durée.
Créé et proposé au Canada depuis plus de quinze ans, le programme a largement démontré son efficacité. Simple, discret, non médicalisé et quasiment gratuit (seule une participation de 50 francs est demandée pour le kit), ce concept propose une alternative intéressante à l’abstinence prônée généralement par les réseaux d’alcoologie classiques.
Neuchâtel est le premier canton du pays à proposer cette méthode : un projet est en cours pour l’étendre à toute la Suisse romande.


Pascal Tissier


Pour bénéficier d’informations, de conseils sur « Alcochoix »,
un seul numéro de téléphone pour le canton de Neuchâtel : 0800 112 118 (appel gratuit),
du lundi au jeudi de 14h00 à 18h00.

 


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