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 Peseux: Willy Sieber à l'honneur

27/8/2008

Annie et Willy Sieber
fêtent leurs noces de diamant


Rencontre • Historien, journaliste, on dit de Willy Sieber qu’il est «la mémoire de Peseux». Après avoir siégé 38 ans au Conseil général et autant à la présidence de La Pesolière, «sa» maison pour personnes âgées, Willy Sieber et Annie, son épouse, ont fêté leurs 60 ans de mariage.

 

 

«Je suis content de mon parcours et surtout d’avoir pu faire un livre sur ma commune de Peseux. Aujourd’hui, ce serait difficile car ma vue a beaucoup baissé et je suis contraint d’utiliser une loupe pour écrire ou pour lire».
Depuis leur mariage, le 12 août 1948, Willy Sieber et son épouse Annie habitent dans une petite maison au chemin de la Venelle, entourés de soixante ans de souvenirs, de photos et d’objets divers. Dans la pièce transformée en bureau, des étagères débordent de livres, de revues ou de dossiers et sur le bureau qui trône au centre des quatre murs, une machine à écrire semble attendre les frappes de son «maître». Si ça n’est pas l’antre d’un écrivain ou d’un journaliste, ça lui ressemble…

Journaliste dans l’âme

«J’ai été durant des dizaines d’années le correspondant à Peseux du Courrier Neuchâtelois, du temps de René Gessler, bien sûr (à l’époque, le journal s’intitulait encore Le Courrier du Vignoble, ndlr). J’ai commencé à rédiger des articles en 1957, je crois. Au début, comme jeune correspondant il m’est arrivé d’avoir des histoires avec la commune parce que je flanquais des vannes… j’ai même reçu quelques lettres du Conseil communal me demandant d’être plus impartial. Plus tard, j’ai aussi été pigiste pour La Feuille d’Avis de Neuchâtel, qui est devenue L’Express».

Des Guches à l’Uni...

«Je suis né à La Chaux-de-Fonds le 28 mars 1925 et j’y ai vécu jusqu’en 1935, lorsque mon père est descendu travailler à Neuchâtel. Les souvenirs du Haut se sont estompés et ma vie d’écolier s’est déroulée ici, à Peseux, au collège des Guches. Après ça, j’ai passé par le collège Latin, le gymnase et à l’Université».
Et puis un jour Willy rencontre Annie Stähli, une jeune fille du village voisin: «Moi je n’ai jamais eu de problème, mais à l’époque, quand les garçons de Peseux allaient fréquenter les filles de Corcelles, ils recevaient parfois des cailloux».

...De l’Uni à l’Etat

«Après mes études, j’ai travaillé pendant dix ans à la direction des téléphones. Jeune marié, je gagnais à l’époque 500 francs par mois, mais j’ai quand même atteint le poste de chef au service clientèle. Mais il ne faut pas trop en parler. Après ça, j’ai été nommé premier secrétaire au Département de l’agriculture… Je suis resté au Château jusqu’à ma retraite en 1990».

Une carrière politique

«Parallèlement à ma carrière professionnelle, j’ai siégé trente-huit ans au Conseil général, de 1950 à 1988. Un législatif que j’ai présidé à deux reprises. J’ai aussi été dix-huit ans à la présidence de la commission scolaire. Malheureusement, j’avais une fonction à l’Etat qui ne me permettait pas d’aller au Conseil communal. Mais il ne faut pas seulement revenir sur mes activités, il faut parler de ma femme… de notre couple»

Mariage pluvieux…

Attentive à ce que raconte son mari, Annie Sieber semble surprise lorsqu’on lui demande de parler d’elle: «J’ai deux ans de plus que mon mari. Je suis née à Cormondrèche le 23 avril 1923. Ma mère m’a appelé Annie, parce ce qu’elle aimait beaucoup ce prénom qu’elle avait découvert en Angleterre. J’étais fille de paysan alors j’ai travaillé au domaine familial et aussi à la Coop des Carrels, jusqu’à notre mariage. La cérémonie s’est déroulée à la collégiale de Valangin et ce jour-là il a plu toute la journée… ».       

Un bonheur simple

Soixante ans plus tard, Annie et Willy ont fêté leurs noces de diamant le plus simplement du monde: «Vous savez, on est très famille. Notre fille Anne-Marie habite à Courchevel, en Savoie, notre garçon Philippe est à Aubonne, et comme on a le bonheur d’avoir quatre petits-fils, on s’est contenté de se retrouver autour d’un bon repas».

Noël sur les pistes

A l’évocation de la station de sports d’hiver, Annie intervient: «C’est bien Courchevel pour le ski. J’adorais ça et j’ai fait de la descente jusqu’à mes septante ans. On y allait pour les vacances de Noël. On a aussi fait du ski de fond, mais ici, du côté de La Tourne. J’ai vraiment regretté d’avoir dû ranger les skis, mais c’est notre médecin qui nous a fait arrêter».

Le livre de sa vie

Durant des dizaines d’années, Willy Sieber s’est attaché à dénicher et à collectionner des documents sur «sa» commune, dans l’espoir de publier un jour toute l’histoire de cette bourgade: «Ma vie je l’ai vécu à Peseux. C’est pour ça que je me suis toujours intéressé à la vie locale et à l’histoire. Ça a toujours été ma grande passion. Et de ma quête de documents est né un livre, «Peseux au fil des ans». Cet ouvrage publié en 2004, aux éditions Attinger, est toujours disponible à la Maison de Commune… A l’époque on ne parlait pas encore de fusion».

Un foyer pour les aînés

Willy Sieber est aussi le fondateur de «La Pesolière», la fondation de la maison pour personnes âgées, appelée la Maison des Placeules. Inauguré en 1975 à Peseux, ce «foyer» propose trente-cinq appartements «protégés» (concierge, bouton d’alarme), soit vingt-cinq studios et une dizaine de deux pièces parfaitement aménagés pour des personnes à mobilité réduite: «J’ai quitté la présidence de la fondation ce printemps, mais je fais toujours partie du comité».

Des citoyens d’honneur

En décembre 2005, Willy et Annie Sieber ont été proclamés citoyens d’honneur par les autorités de Peseux. Un titre honorifique, certes, mais décerné que très rarement à de simples citoyens, d’où la valeur de cette reconnaissance. L’acte signé conjointement par les présidents du Conseil communal et du Conseil général figure d’ailleurs en bonne place dans le salon des époux Sieber.

Et modeste surtout…

Durant tout cet entretien, Willy Sieber n’a cessé de répéter combien il a aimé s’investir pour «sa» commune de cœur: «La vieillesse nous assagit et nous rend philosophe. La moralité de ces soixante ans de mariage c’est que l’on a eu une vie bien remplie, pas pour des bêtises, mais des choses positives. Nous sommes très attachés à notre patrimoine subiéreux. Tout ce que l’on a entrepris, on l’a fait pour la communauté… sans attendre de merci».

Pascal Tissier

 




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