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 Portrait: Julian Layn pianiste voyageur

28/8/2008

Julian Layn, l'artiste
qui promène son piano

Musique • Après un passage remarqué et remarquable au Buskers Festival et une escale à celui de Ferrara, en Italie, Julian Layn va ranger son piano «de voyage» pour jouer sur un clavier prestigieux, une œuvre un concert unique, à Neuchâtel, le 13 septembre prochain.

 



Ecouter Julian Layn, c'est partir en voyage. Seul derrière son piano, il dessine un chemin dans l'imaginaire de chacun des spectateurs pour une balade paisible hors du temps. Lorsque ses doigts cessent de courir sur son clavier et qu'il repart dans la nuit en tirant son piano derrière lui, on pense à Keith Jarrett à Django aussi: comme le pistolero mythique du western spaghetti, Julian Layn est un solitaire qui se déplace de ville en ville en traînant derrière lui son instrument un piano à queue centenaire de plus de trois cents kilos!

Pro depuis cinq ans

Né Berchtold il y a quatre décennies, docteur en physique-mathématique, Julian Layn se dit musicien professionnel depuis cinq ans: «J'alterne des périodes intenses de spectacles, de concerts ou de prestations, comme ici au Buskers Festival, avec des phases plus calmes, propices à la création. En ce moment les festivals d'été se succèdent, ainsi, après Neuchâtel j'irai en Italie, au Buskers Festival de Ferrara. Je reviendrai ici en septembre, pour présenter «Warm up for the Ecocalypse», lors d'une soirée unique à la Maison du Concert, le 13 septembre prochain».

Promenade mentale

Seul devant son piano, sans la moindre partition, ni oreillette, Julian Layn donne l'impression d'improviser ses propres compositions selon son humeur ou les mouvements du public: «Au début de l'été, j'ai composé plusieurs thèmes et au cours des représentations, j'essaie de compiler ces différents thèmes pour donner une atmosphère. Le plus souvent, à la fin d'un morceau, je me laisse aller, j'improvise et c'est ce qui m'amène sur le thème suivant. En fait, avec mon répertoire, je pourrais jouer sept à huit heures d'affilée sans me répéter».
Quand on lui demande comment il fait pour mémoriser ses plages musicales, Julian Layn évoque «une promenade mentale dans un monde de sons»: «C'est une interprétation musicale d'images de la nature. C'est comme si je marchais dans la forêt en suivant l'un ou l'autre des différents embranchements d'un sentier, mais ce ne sont pas des images que je vois, juste des sons qui me guident. L'image elle vient bien plus tard… lorsqu'il faut choisir une illustration pour la jaquette du disque».


Sans sous-titres

Pour assurer la traduction de cet entretien, le pianiste zurichois s'est fait accompagner de sa sœur qui vit depuis quelques années à Neuchâtel, mais finalement, à part quelques mots oubliés, Julian Layn s'exprime parfaitement en français. Lui qui a commencé le piano à huit ans n'écrit pas à proprement parler sa musique. Tout est dans sa tête: «Lorsque je suis inspiré et que je trouve une idée, j'enregistre le passage important avec mon téléphone mobile pour ne pas l'oublier et le retravailler plus tard». 

Julian Layn
Du piano à moto

Si à Neuchâtel, Julian Layn s'est déplacé d'une rue à l'autre en tirant son Bluthner ligoté sur un transpalette hydraulique, il lui arrive aussi de jouer accroché à son instrument suspendu au-dessus de la scène. Plus spectaculaire encore, le pianiste dispose d'un vieux side-car sur lequel un châssis tubulaire remplace la nacelle. Cette structure – capable de supporter le poids du piano – permet à Julian Layn de s'asseoir devant son clavier et de jouer alors que la moto roule, pilotée par un de ses amis. Dans le jargon, on appelle ça une performance.

Défi impitoyable

Alors qu'il pourrait se contenter de faire des concerts en salle, qu'est-ce qui pousse cet artiste à descendre sur le pavé avec son piano? «La rue est un défi impitoyable, les gens ne me connaissent pas, ils n'ont pas payé d'entrée et ne sont pas assis. Si ma musique plaît le public reste, dans le cas contraire il se disperse. J'aime ça, car c'est lié à des émotions entre les spectateurs et moi».

Concert unique à Neuchâtel

Julian Layn a déjà enregistré plusieurs disques, dont un live produit par Martin Pearson, un ingénieur du son qui a travaillé notamment avec Keith Jarrett: «C'est vrai que beaucoup de gens évoquent Jarrett après m'avoir entendu, c'est un compliment, mais lui vient du jazz alors que mon parcours musical est issu de la musique contemporaine».

Julian Layn sera prochainement de retour à Neuchâtel… En effet, le 13 septembre prochain, il sera sur la scène de la Maison du Concert pour une représentation unique de son nouveau récital «Warm Up for the Ecocalypse».

Pascal Tissier


www.heavysonic.com

 

 

 

 

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