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 Les armoiries de La Tène

9/9/2008

Le coup de poignard de La Tène

Marin-Epagnier/Thielle-Wavre • Le nom et le motif de la nouvelle commune de La Tène étaient déjà utilisés par la fondation qui soutient le Laténium. Histoire d’un poignard très convoité.

 

Légende photo: Le poignard laténien exposé au Laténium (à gauche) a été «adopté»
par la Fondation La Tène, créée en 1994 (à droite), puis récemment pour les armoiries
de la nouvelle commune de La Tène (au centre), ce qui a amené la fondation à modifier
son logo (en bas). Photomontage Pascal Tissier 

 

«Si la commune issue de la fusion de Marin-Epagnier et Thielle-Wavre est nouvelle, La Tène ne l’est pas, puisqu’elle date du cinquième siècle avant Jésus Christ, au centre de l’Europe…». C’est ainsi que Jean Guinand, ancien Conseiller d’état, a entamé son exposé, le 22 août dernier, à l’occasion de la présentation des premières autorités exécutives de la nouvelle commune neuchâteloise et des nouvelles vitrines d’exposition de l’Espace Perrier dédiées à la civilisation celte et au site archéologique de La Tène. «La Fondation La Tène que je préside, elle, elle existait avant la commune puisqu’elle a été créée en 1994 par trois fondateurs qui étaient: René Felber, ancien président de la Confédération, André Brandt, ancien Conseiller d’état, et Michel Egloff, le directeur, à l’époque, du Musée cantonal d’archéologie. Cette fondation a été constituée pour soutenir la construction du Laténium».
Dans son discours, Jean Guinand a également abordé les «petits» problèmes rencontrés par la fondation du fait que la nouvelle commune ait repris le nom et le pictogramme de la fondation: «D’ici l’année prochaine je verrai comment, nous pourrions, d’une manière ou d’une autre, associer la nouvelle commune de La Tène au Conseil de la fondation du même nom. Depuis longtemps l’épée laténienne est présente sur le logo de la fondation, mais comme les autorités de la nouvelle commune ont repris le même motif, il a fallu trouver une solution pour éviter la confusion. Nous avons donc modifié ce logo et aujourd’hui l’épée, au lieu d’être à la verticale comme sur les armoiries de La Tène, est maintenant couchée avec le texte posé sur la lame».

Résultat d’un concours

Pour rappel, le choix du nom de la nouvelle commune est le résultat d’un concours lancé au sein de la population de Thielle-Wavre et de Marin-Epagnier. Sur la cinquantaine de participants au concours, près d’une vingtaine avaient proposé le nom de «La Tène», seul ou en combinaison avec un autre mot.
«La Tène» est le nom d’un site au bord du lac, sur le territoire de Marin-Epagnier, où ont été retrouvés, au XIXe siècle, les vestiges d’une importante présence celte. Pour les spécialistes du monde entier, le nom de «La Tène» désigne depuis lors la civilisation remontant au second âge du fer.

Le choix du blason

Selon les autorités de Marin-Epagnier, le choix des armoiries «a été guidé par le choix du nom. Il convenait qu’elles évoquent la civilisation de La Tène, tout en étant suffisamment simples pour pouvoir être reproduites sans difficulté. Très rapidement, le choix s’est porté sur l’épée à manche anthropomorphe qui a été retrouvée dans le lit de La Thielle. La couleur bleue de l’écu symbolise le lac au bord duquel s’est développée la civilisation de La Tène. Les couleurs de l’épée symbolisent le fer et le bronze dans lesquels elle a été façonnée».
Philippe Thorens, administrateur communal adjoint à Marin, précise que le dessin et le blasonnement des armoiries de La Tène, n’ont pas fait l’objet d’un concours, mais ont été réalisés par Eric Nusslé, de La Côte-aux-Fées, généalogiste et héraldiste reconnu: «le motif a été conçu d’après ses études».
Eric Nusslé reconnaît que le motif choisi pour La Tène est le même que celui de la fondation du même nom, mais confie qu’il n’a pas eu le choix des armes: «Ce sont les autorités qui ont choisi ce poignard et j’ai dû créer les armoiries sur cette base-là».

Le glaive est à Zurich

Au Laténium, Jacques Roethlisberger ne dispose que peu de renseignements sur ce fameux poignard: «les infos sont difficiles à rassembler, car l’objet a été découvert avant 1880, dans la Thielle, dans une zone indéterminée qui était à l'époque sur la commune de Gampelen. Nous ne possédons qu’une copie de l'original qui est exposé au musée national à Zurich».

Pascal Tissier

 


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