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 Portrait: Tamara Faedo

18/9/2008

Tamara Faedo,
une championne bien armée


Sport • Elle ne parle pas, elle flingue... brillamment d’ailleurs, mais uniquement en compétition. Rencontre avec Tamara Faedo, une Neuchâteloise qui vient de remporter son troisième et ultime titre de Championne suisse de tir au pistolet à 25 mètres, en catégorie Juniors.

 

 


«Je ne pense pas abandonner définitivement la compétition, mais il faut que je vois comment je peux concilier mes études avec le sport». D’une voix calme et posée, Tamara Faedo parle de ses études et de sa passion. Difficile d’imaginer que cette jeune femme au physique athlétique passe la plus grande partie des ses heures de loisirs un pistolet à la main. C’est une vraie championne et elle vient encore de le démontrer.

«Le programme de tir à vingt-cinq mètres se déroule en deux parties. La première, c’est trente coups de précision en cinq minutes et en six séries de cinq coups sur une cible fixe. La seconde, c’est trente coups de vitesse, également en séries de cinq coups, mais sur des cibles qui tournent. C’est à dire qu’elles sont invisibles sept secondes et réapparaissent durant seulement trois secondes. Il faut donc lever le bras, tirer, rabaisser l’arme, et ainsi de suite, à cinq reprises. Au terme des soixante coups, un décompte des points est effectué et les huit meilleurs du classement sont qualifiés pour une nouvelle séance de vingt tirs».
Ce que Tamara ne dit pas, c’est que lors des Championnats suisses qui se sont déroulés à Thoune le premier week-end de septembre, elle était deuxième à un point de sa principale adversaire après le match de qualification, et qu’elle a réussi à ravir la première place à sa rivale lors de la phase finale des vingt coups.
C’est ainsi que la Neuchâteloise a obtenu sa troisième et ultime couronne nationale en catégorie Juniors.
Le cap des vingt ans franchi en juin, Tamara Faedo est appelée à rejoindre la catégorie Elites de l’équipe nationale. «Je ne sais pas encore si je vais poursuivre la compétition, il faut que je parle avec les entraîneurs. Le problème c’est que je n’ai pas encore le niveau Elites. Peut-être que je peux rester dans l’équipe nationale la première année, mais si je n’atteins pas les résultats escomptés je devrais redescendre d’un cadre».

«Le tir demande énormément de concentration et de précision. Chaque tireur cherche à trouver le mouvement parfait et à le répéter tout au long d’une compétition. Pour y parvenir, il faut accumuler les séances d’entraînement. Selon les périodes, je me mets en situation de match, ou je répète les gestes techniques. Une fois par mois, je participe à un entraînement de trois jours avec l’équipe suisse. Mais le reste du temps je m’entraîne seule deux à trois fois par semaine à Pierre-à-Bot pour le petit calibre, ou à Peseux pour le dix mètres».

Son arme de prédilection: un pistolet de sport – 22 long rifle – d’un kilo environ (les pistolets, dit d’ordonnance, de la police ou de l’armée sont bien plus lourds) doté d’une crosse modelée à sa main. Pour le reste, l’équipement de Tamara se résume à une paire de chaussures à la semelle plate et rigide, pour une stabilité optimale au sol, et une paire de lunettes spécialement conçue pour le tir.
Tamara dispose également d’un pistolet à air comprimé pour le tir à dix mètres. Elle a d’ailleurs décroché en mars dernier une médaille d’or, au niveau national, avec cette arme: «Aujourd’hui elle est exposée – avec plusieurs de mes médailles – au Musée militaire de Colombier dans le cadre de l’exposition Aux armes, citadins! qui se tient jusqu’en décembre».

Mais qu’est-ce qui a amené Tamara à se passionner pour le tir au pistolet?
«Quand j’étais petite, j’accompagnais mes parents au stand de tir pour les aider. Je marquais les coups ou je notais les résultats. Vers onze ans et demi, je me suis dit que je pourrais essayer. Ensuite j’ai participé à un camp de tir organisé par le canton et j’ai commencé les entraînements avec la société de tir l’Infanterie, puis les compétitions se sont enchaînées. En 2003, j’ai remporté les Championnats suisses à dix et vingt-cinq mètres, à la suite de quoi l’entraîneur de l’équipe suisse s’est approché de moi (Tamara est dans l’équipe suisse depuis janvier 2004, ndlr).

Aujourd’hui, Tamara doit penser à son avenir et va poursuivre ses études, pour peut-être devenir psychologue du sport. «Après le lycée Denis-de-Rougemont, j’ai commencé l’Uni en science économique, mais après un semestre et demi j’ai arrêté parce que ça ne me convenait pas vraiment. Ensuite j’ai voulu faire l’HES pour être diététicienne, mais il n’y avait que vingt-cinq places disponibles et je n’ai pas été sélectionnée. Entre-temps j’ai travaillé un an au Fun Planet à Saint-Blaise. Maintenant je vais commencer  des études de psychologie à l’Université de Fribourg… j’aurais bien voulu rester sur le littoral, mais il n’y a plus cette filière à Neuchâtel».


Pascal Tissier


Tout le palmarès de Tamara Faedo est sur son site internet www.tamarafaedo.ch

 

 



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