Fête des vendanges: deux nuits d'ivresse » Blog de PasTis

 Fête des vendanges: deux nuits d'ivresse

23/9/2008

Un botellón de trois jours non-stop à Neuchâtel ?


Neuchâtel • La police comme les pompiers réfutent tout amalgame entre la Fête des vendanges et les «botellón» qui ont créé la polémique cet été.


 

«Monstre botellón de trois jours non-stop en plein centre de Neuchâtel, du 26 au 28 septembre. La ville de Neuchâtel va-t-elle réagir par la fermeté?… Ce qui est certain: foule de foireurs et débordements sont programmés!» Le moins que l'on puisse dire, c'est que le dénommé Sugus joue la provocation sur ZebraBlog, même s'il termine sa prose en précisant: «Il est bien clair que je parlais ironiquement de la Fête des vendanges et d'aucun autre projet de botellón dans le canton de Neuchâtel». N'empêche que dans son dernier numéro dominical, Le Matin faisait lui aussi allusion à la Fête des vendanges dans un article intitulé «La saison du botellón légal est ouverte!»
 

Que dit la police?


Au siège de la Police locale, le sergent-major Pierre Hobi refuse catégoriquement de faire la moindre comparaison entre un botellón et la Fête des vendanges: «Ah non alors. Ça c'est clair que non. La fête n'est pas un botellón officiel, il y a des organisateurs, alors que dans les botellón il y a juste une personne qui fixe un rendez-vous sur internet, mais s'il y a des déchets à éliminer, s'il y a des problèmes de bruit, il n'y a aucun responsable. La différence avec une manifestation comme la Fête des vendanges, c'est qu'il y a un comité et des responsables. Tout est cadré. Les services publics savent à qui s'adresser, tout est bien géré, contrairement à ce qui se passe pour un botellón. Non, on ne peut pas assimiler la Fête des vendanges à un botellón, c'est un raccourci un peu facile».

 

Une question tordue


Pierre Hobi ne tient pas trop à parler des moyens mis en place pour maintenir la sécurité dans le périmètre de la fête: «Globalement on peut dire que l'on a service de sécurité assuré 24 heures sur 24 du vendredi au lundi matin, en partenariat avec la police cantonale».
Concernant la vente d'alcool aux mineurs sur les stands, Pierre Hobi précise que ce sont les organisateurs qui sont responsables de faire respecter cette loi: «nous, nous veillons à ce que les stands soient fermés à l'heure, pour que la musique soit arrêtée à l'heure… on contrôle derrière les organisateurs, qu'ils fassent respecter l'interdiction de la vente d'alcool aux mineurs».
Quand on lui demande si la police peut verbaliser un jeu qui déambule dans la fête avec sa propre réserve d'alcool, Pierre Hobi hésite: «C'est une question un peu tordue. En fait rien ne l'interdit. Si vous êtes parent et que vous achetez à votre fils deux cartons de vodka et qu'il vient à la fête avec, il n'y a rien qui l'interdit… enfin, oui, la vodka, il n'a pas le droit de la boire s'il n'a pas dix-huit ans. C'est un mauvais exemple. Mais enfin, rien ne lui interdit de venir à la fête avec de la bière s'il a au moins seize ans».

 

 

Le Centre de secours est prêt


Commandant du Centre de Secours du SIS basé à la Maladière, le lieutenant-Colonel Jean-Pascal Petermann: «Pour les trois jours de la fête, nous avons mobilisé du renfort de Cortaillod et du Landeron qui vient chez nous en caserne, des pompiers volontaires du Service défense incendie du littoral centre (SDILC), on remet en place, comme les années précédentes, un service sanitaire au centre-ville, stationné sur le parking derrière Le Brasseur. Cette permanence sera tenue par des samaritains GISC pour la «bobologie» avec, durant les moments chauds, une à deux ambulances qui pourront partir depuis là».
Selon le commandant du Centre de secours de la Maladière, la totalité des interventions est liée à des problèmes d'alcool: «Ce n'est pas parce qu'on est à l'autre bout de la ville que l'on assure plus la sécurité au centre ville, bien au contraire. L'an dernier, le groupe sanitaire installé en ville est intervenu à 96 reprises et il y a eu 57 interventions sanitaires avec ambulance sur le site de la fête. Alors quand on dit qu'il ne se passe rien... Et bien entendu à 99,9% ce sont des cas d'ivresses, c'est clair».
 

Pascal Tissier

 

 

 Les «anges» du CENEA restent sur la touche


Proposer aux jeunes de seize à vingt-cinq ans de se protéger contre les risques  de l'alcool et de la drogue au volant, tel est le sens de la campagne «Be my angel tonight» (sois mon ange ce soir) menée par le Centre neuchâtelois d'alcoologie (CENEA). Des équipes volantes sillonnent la fête et proposent un contrat «moral», le but étant que dans un groupe d'amis, l'un d'eux s'engage à rester sobre durant toute la soirée. Le principe de la fête n'est ainsi pas remis en cause, et surtout le retour de soirée est possible en toute sécurité.
«Le concept de cette campagne permet à celui qui accepte de rester sobre de pouvoir consommer gratuitement des boissons minérales», souligne Hélène Moser, au bureau neuchâtelois du CENEA. «A la Fête des vendanges d'Auvernier, tous les stands jouent le jeu depuis trois éditions et ça fonctionne très bien. Mais nous ne serons pas à celle de Neuchâtel. Je sais que mes collègues de la prévention ont déjà approché plusieurs fois les responsables de la Fête des vendanges de Neuchâtel, mais sans succès. Pourtant – faute de voir tous les points de vente impliqués – on pourrait très bien trouver un arrangement avec quelques sociétés qui seraient d'accord de participer à l'opération et remettre à ceux qui veulent rester sobres la liste des stands participants».
Pour Hélène Moser, au niveau de l'image, l'opération est positive: «Les stands doivent offrir des boissons, mais ce sont des minérales, et comme souvent les jus de fruit ou les boissons énergétiques sont exclus, ça ne leur coûte pas cher et ça leur fait une bonne pub. C'est dommage qu'une grande manifestation telle que la Fête des Vendanges ne participe pas à cette campagne. Pour nous, ça reste un doux rêve». pti
 

www.bemyangel.ch

 



 

 

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