Projet immobilier bloqué à Peseux » Blog de PasTis

 Projet immobilier bloqué à Peseux

23/9/2008

Suspense dans le quartier des Guches

Peseux • Les gabarits d’un immeuble de plus de trente mètres de long sont plantés depuis des mois aux Guches et les opposants à ce projet immobilier attendent toujours que la commune réagisse à l’initiative qu’ils ont déposée il y a bientôt un an.

 

 

Hans Mangold, l’un des membres du comité d’initiative, montre du doigt l’emplacement
de l’immeuble qui devrait être construit en face de l’école des Guches, représenté ici
selon l’emplacement des gabarits.

 


Propriétaire de deux parcelles de terrain aux Guches, la société Implenia a l’intention, comme la loi cantonale le permet, d’exploiter les possibilités offertes par la réunion de ces deux terrains. Evidemment, la construction d’un grand immeuble dans un quartier de villas n’est pas du goût des riverains. L’an dernier, nous avions annoncé le lancement d’une initiative populaire par un groupe d’habitants voisins (notre édition du 20 juin 2007). Aujourd’hui, Erica Di Nicola, la jeune Conseillère communale en charge de l’urbanisme, revient sur l’historique de cette affaire et sur la vision locale organisée à la fin du mois dernier par le Service juridique de l’Etat.
«Dans un premier temps, la commune de Peseux a délivré un permis de construire à la société Implenia pour leur projet d’immeuble aux Guches. Les riverains avaient trente jours pour faire opposition à ce permis de construire. C’est ce qu’ils ont fait en adressant un recours au Conseil d’état. Maintenant c’est au Service juridique de l’Etat de définir si le recours est recevable ou pas, et si la Commune a eu raison ou non d’accorder le permis de construire. Voilà pourquoi une vision locale a eu lieu avec tous les acteurs de cette affaire: le Service juridique de l’Etat, la commune de Peseux, le promoteur immobilier, les opposants, ainsi que plusieurs avocats, soit une quinzaine de personnes au total. Sur place il fallait que chacun puisse comprendre le point de vue des opposants. Maintenant le Service juridique de l’Etat va établir un rapport pour le Conseil d’état qui devra ensuite se prononcer. Mais quoi qu’il en soit, il y aura une construction sur cette parcelle, mais il se pourrait que l’Etat demande au promoteur que son projet initial soit redimensionné».

 

 

 

Sur cette vue aérienne, on remarque que la parcelle (A) sur laquelle devrait
être construit un nouvel immeuble se situe au centre du quartier des
Corteneaux (B), juste en face de l’école primaire des Guches (1).
Visible sur cette photo, le Temple (2) et la poste de Peseux (3).

 

Initiative en attente

En plus du recours, les opposants ont déposé, le 9 novembre 2007, une initiative munie de 568 signatures demandant au Conseil communal de compléter le règlement d’aménagement de la commune – qui date de 1994 –  en classant le quartier, dit des Corteneaux, en zone à moyenne densité «à caractère spécial».
Si cette initiative devait aboutir, elle pourrait empêcher la construction d’immeubles de plus de quatre niveaux apparents (rez + trois étages, par exemple) dans ce quartier essentiellement composé de villas.

«Rien n’a bougé»

Hans Mangold est l’un des membres du comité d’initiative qui, l’an dernier, s’est attaché à récolter le nombre requis de signatures. Il habite à la rue des Guches, juste à côté de la parcelle sur laquelle sont plantés les gabarits d’un immeuble de trente-quatre mètres de long et qui comprendrait une dizaine d’appartements, et son discours reprend les mêmes arguments que ceux qu’il nous avait déjà confiés il y a un peu plus d’un an: «En 2006, plusieurs habitants du quartier avaient déjà manifesté leur opposition au premier projet de construction sur cette parcelle. Le promoteur avait alors revu ses plans avec un étage de moins et en respectant strictement la réglementation, au centimètre près. Mais un bâtiment qui affiche presque le même volume que l’école des Guches n’a pas sa place au milieu d’un quartier de villas. Situé juste en face de l’école primaire, cet immeuble engendrerait une forte augmentation de la circulation et donc des risques d’accident. C’est pourquoi, sans nous opposer à un projet immobilier qui serait en harmonie avec les villas existantes, nous demandons au Conseil communal d’instaurer des «garde-fous» pour préserver l’aspect et la qualité de vie de ce quartier».
Pourtant aujourd’hui, et malgré la vision locale qui a eu lieu le 25 août dernier, Hans Mangold semble désabusé: «Rien n’a bougé. Bon d’accord, l’Etat est venu faire un constat sur place, mais nous n’avons toujours pas de réponse de la commune à propos de notre initiative».

Pascal Tissier


Category : ARTICLES PRESSE Print

| Contact author |