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 Romain Sardou, le Neuchâtelois

28/10/2008

Romain Sardou:

«Je ne suis pas une rock star»


Neuchâtel • En six ans, quatre best-sellers et trois recueils de contes, Romain Sardou est devenu un écrivain à succès. Depuis six ans, le romancier trouve son inspiration en regardant le lac depuis chez lui… à Neuchâtel. 

 

 

«Chaque fois que je reviens chez moi, à Neuchâtel, j’ai l’impression de me détendre… c’est bizarre comme sensation. Je suis plus en paix et plus productif ici qu’ailleurs». Quelques mois après la publication de «Délivrez-nous du mal», son quatrième roman et à quelques jours de la sortie de «L’Arche de Noël» son troisième recueil de contes, Romain Sardou est détendu: il vient d’accompagner sa fille à l’école et il a deux heures devant lui.  


Le "fils de"

Son nom et son visage ne trompent pas, Romain Sardou est bien le fils de celui qui chante «La maladie d’amour». Installé depuis plus de six ans dans un appartement situé juste au-dessus d’un cinéma de la ville, le romancier est discret et pourtant on le retrouve dans le bottin de téléphone: «C’est normal, je ne me cache pas et je ne suis pas une rock star non plus».


Neuf ans de mariage

Agé de 34 ans, l’auteur de «Pardonnez nos offenses», «L’Eclat de Dieu», ou de «Personne n’y échappera» est marié depuis neuf ans à Francesca Gobbi et papa de deux enfants, Aliénor, bientôt 5 ans et Gabriel, 3 ans. «Après notre mariage, Francesca a eu envie de se rapprocher de ses parents, ça me convenait aussi et c’est comme ça que l’on s’est retrouvé à Neuchâtel». Pour l’anecdote, Romain Sardou a rencontré celle qui allait lui dire oui devant le maire de Neuilly – un certain Nicolas Sarkozy – sur les pistes de ski de Megève: «A l’époque je vivais à Paris, elle à Boston, aux Etats-Unis… comme quoi le hasard fait bien les choses».

 

Une passion avant tout

Entre vie de famille, enfants et loisirs, Romain Sardou s’aménage quotidiennement une période de travail: «Je fais du sport, mais je n’ai pas une vie sociale très développée. Je vais de temps en temps au restaurant, notamment à La Taverne neuchâteloise, plus souvent au cinéma, d’autant qu’il y en à plein autour de chez moi, mais sinon je ne sors pas beaucoup, j’adapte mes journées en fonction des enfants. Je travaille plutôt lorsqu’ils ne sont pas là, ou le soir, mais je n’écris pas tous les jours. Je lis beaucoup, j’explore de la documentation, je cherche des idées nouvelles… c’est plus une passion qu’un travail.

En vélo aux Cadolles

Pour trouver l’inspiration, l’écrivain longe parfois les rives du lac ou s’en va avec son vélo pédaler dans la forêt au-dessus des Cadolles: «Ici, je travaille tranquillement, personne ne m’embête. Si je devais un jour partir de Neuchâtel, ce serait pour m’installer à Miami où vit ma mère et où je passe déjà plusieurs mois par année».

Son lieu de vie préféré

Et même s’il voyage beaucoup, Romain Sardou reconnaît que Neuchâtel est devenu son lieu de vie favori: «J’ai tendance à emporter mon mode de vie partout, que ce soit en Suisse, à Paris, ou à Miami. Je vis tout le temps de la même façon et comme tout est étroitement lié à mon travail et à mes lectures, ma façon de vivre n’est pas directement influencée par l’endroit où je vis. Mais au bout du compte, c’est quand même ici que je suis le plus attaché. La simplicité des rapports humains – cette espèce de nonchalance et de politesse – me plaît et me correspond tout à fait».

Son passage chez Disney

Quand on lui demande quel a été son parcours avant son succès éditorial, l’écrivain a le verbe modeste: «Au moment de l’écriture de mon premier roman, je suis allé voir un éditeur avec les cent premières pages de mon manuscrit. Evidemment mon nom a facilité le contact et tout s’est passé très vite. A cette époque-là, j’étais depuis cinq ou six ans à la tête d’une société de jeux de plateau adaptés de jeux télévisés ou dérivés de dessins animés. Comme j’avais travaillé neuf mois comme scénariste chez Disney, ça m’a aussi aidé dans ce job».

Des romans historiques

«Si je m’attache à raconter des histoires qui se déroulent durant la deuxième moitié du XIIIe siècle, c’est avant tout parce que cette période me plaît depuis longtemps, même bien avant d’écrire mon premier roman. Je ne fais pas de la reconstitution historique, je mets ma petite histoire dans la grande. Tous mes personnages sont fictifs et je ne fais jamais parler de personnalités historiques».

Neuchâtel bientôt dans un roman

«Personne n’y échappera» se déroule de nos jours et constitue une exception dans l’œuvre de Romain Sardou: «C’est vrai, c’est un policier contemporain. A la base il devait se situer au 19e siècle, mais il me manquait des éléments pour que la fin soit crédible et j’ai donc été contraint de changer d’époque. D’ailleurs, pour votre information, mon prochain roman se déroulera aussi aujourd’hui, comme quoi il ne faut jamais dire jamais. Ce roman aura Miami pour cadre, mais il se pourrait bien qu’un de mes prochains livres se passe ici, à Neuchâtel».

 

 

Des contes de Noël

Entre deux romans historiques Romain Sardou signe des contes de Noël, comme «Une seconde avant Noël», en 2006, ou «Sauver Noël», l’an dernier: «Ce sont des livres enfantins pour adultes... des histoires dans l’Angleterre du 19e siècle. C’est ma manière de rendre hommage à Dickens, mon romancier culte absolu! Je prends un plaisir fou à me replonger dans cette atmosphère-là. J’écris ces contes pendant l’été, c’est ma façon de prendre des vacances. Il y a des auteurs qui n’écrivent plus une ligne pendant six mois pour se vider la tête, moi je n’arrive pas à m’arrêter, au contraire, j’aime cette parenthèse d’écriture où je redeviens moi-même un enfant. Le troisième recueil, intitulé «L’Arche de Noël», sort justement dans quelques jours».


Pascal Tissier

www.romainsardou.com

 

 

 

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