Saint-Blaise: Imbroglio politico-immobilier (1) » Blog de PasTis

 Saint-Blaise: Imbroglio politico-immobilier (1)

25/11/2008

Bisbille immobilière
et embargo politique



Saint-Blaise • Accepté en 2002, le plan de quartier, dit du Clos Doré (simulé au centre de la photo ci-dessous) n’est toujours pas sorti de terre. La construction de cette quarantaine d’appartements en PPE est bloquée par le conflit qui oppose Denis Voirol, le promoteur immobilier, à Eric Ryser, l’architecte qui a dessiné le projet initial et qui a été évincé en cours de route. Aujourd’hui, alors qu’Eric Ryser se voit offrir un siège au Conseil général, la Commune tente de calmer le jeu et attend une décision du Conseil d’Etat.

 

«Le retard pris dans la construction des immeubles de Clos Doré, représente annuellement entre 240’000 et 300’000 francs de pertes fiscales pour la commune, plus les taxes d’équipement». Pierre Contesse soupire, comme d’autres, le président de Saint-Blaise aurait préféré éviter que l’affaire ne s’ébruite «d’autant qu’il ne s’agit en fait, que d’un contentieux entre deux personnes».
D’un coté, il y a Denis Voirol, le promoteur immobilier des résidences dites du Clos Doré (un ensemble d’une quarantaine d’appartements), Blaise et Jean-Jacques Vuille, les propriétaires du terrain, et leurs avocats. Face à eux, il y a l’architecte Eric Ryser et ses défenseurs.

Bataille procédurière

Partenaire au début du projet Clos Doré (2001), les deux hommes sont en guerre: apparemment, Eric Ryser n’a pas apprécié d’avoir été évincé du projet par le promoteur et, depuis 2005, l’architecte use toutes les procédures possibles pour empêcher le démarrage du chantier Clos Doré.

Entretemps, Eric Ryser s’est lancé sur deux autres projets immobiliers à Saint-Blaise. Le premier, situé aux Bourguillards nord (à une voie ferrée du Clos Doré), est déjà bien avancé. Le second, aux Prises Rouges, est encore au stade de l’enquête publique.

Au printemps dernier, Denis Voirol – par l’intermédiaire des frères Vuille – dénonce l’octroi du permis de construire des Bourguillards nord auprès du Conseil d’Etat. Ce dernier bloque le chantier.

En avril, à l’initiative du Conseil Communal, tous les protagonistes et leurs avocats se retrouvent autour d’une table pour une séance de conciliation et signent un protocole d’accord. Apparemment la hache de guerre est enterrée: le chantier des Bourguillards nord peut repartir, et comme Eric Ryser retire son recours contre le Clos Doré, Denis Voirol peut espérer faire usage du permis de construire octroyé par la commune. Pour la petite histoire, le défenseur d’Eric Ryser était Sven Engel, ancien conseiller général à Saint-Blaise.


 

Délation au sommet

L’accalmie est de courte durée: en août, Eric Ryser – en tant que citoyen et voisin du Clos Doré – dénonce au Conseil d’Etat l’octroi du permis de construire accordé par la commune au projet de Denis Voirol.

Les conseils de l’Etat

A la fin du mois de septembre, dans une lettre adressée au Conseil communal de Saint-Blaise et à Denis Voirol, le Conseil d’Etat «constate qu’Eric Ryser, qui réside à plus de 500 mètres à vol d’oiseau des parcelles concernées par le projet de Denis Voirol, n’est a priori pas un voisin au sens de l’article 32a de la Loi sur la procédure et la juridiction administratives (LPJA)». Mais la missive signée par Roland Debély précise qu’«en notre qualité d’autorité de surveillance en matière de police des constructions, nous nous devons de réagir aux faits qui nous sont signalés». Après un rappel des faits qui se sont produits depuis 2004, le Conseil d’Etat prie le Conseil Communal «d’adresser au Service de l’aménagement du territoire (SAT), tous les documents nécessaires à la mise à l’enquête publique de la dernière version du projet».


 

L’embarras du président

«Une remise à l’enquête, signifierait qu’il faudrait tout recommencer à zéro» s’insurge Pierre Contesse. Mécontent de l’initiative de l’architecte et de la réponse du Conseil d’Etat, le président de Saint-Blaise s’est empressé de réagir: «Nous avons envoyé à notre tour une lettre au Conseil d’Etat, en estimant qu’il n’avait pas suffisamment tenu compte de tous les préavis et des décisions prises tout au long de cette procédure. Et nous lui avons demandé de reconsidérer sa position. On en est là aujourd’hui».

Etat de siège

Dans l’intervalle Eric Ryser s’est trouvé un siège au législatif de Saint-Blaise. Déjà membre de la Commission d’urbanisme, l’architecte va maintenant siéger au Conseil général: il a été sollicité par le comité du parti socialiste pour occuper un siège resté vacant. Et si personne ne s’est opposé à cette nomination, des voix s’élèvent et s’interrogent.


 

Eviter le déballage

«C’est une aberration!» clame Nathalie Perret-Gentil. La Conseillère générale radicale est très remontée, d’autant qu’elle a l’intention d’acquérir un appartement au Clos Doré et qu’elle attend avec impatience le lancement de la construction. «Le parti socialiste sait très bien ce qui se passe avec Eric Ryser. Comment peut-on valider un nouveau membre au Conseil général alors qu’il attaque sa propre commune? C’est quand même dommage… on prétérite le développement d’une commune, alors qu’en fait c’est un problème entre deux personnes». Nathalie Perret-Gentil confirme que lors de la séance de travail qui a précédé le Conseil général du 28 octobre, libéraux et radicaux ont convenu de ne pas aborder le sujet Clos Doré afin d’éviter que l’affaire ne soit «déballée» dans la presse: «Il y a eu débat, c’est clair! Et on nous a plus ou moins prié de ne pas mettre de l’huile sur le feu afin de laisser les autorités régler ce problème».
  
D’autres cas douteux

«Il faut se demander pourquoi la commune ne veut pas que l’affaire s’ébruite. Qu’est-ce qu’elle a à cacher?» Eric Ryser maintient sa position: «Tout ce que je demande c’est que le projet du Clos Doré soit mis à l’enquête publique. Quand je vois que l’on contourne le droit en utilisant la validité du concept initial pour imposer un projet complètement différent, ça me crispe. Il y a déjà eu un autre cas, assez important dans le village, où, là aussi, on a passé outre la loi. A l’époque j’avais dit que c’était la dernière fois que je tolèrerais que l’on ne respecte pas le droit. J’en ai encore détecté deux lors de la dernière séance que j’ai eu avec mon parti».


Alors qu’il vient d’intégrer le Conseil général de Saint-Blaise, Eric Ryser se défend d’être un
empêcheur de tourner en rond: «Je ne tolère pas que les règles ne soient pas respectées»

 

Décision attendue

Denis Voirol est amer: «Je voulais commencer les travaux, la lettre du Conseil d’Etat ne nous l’empêche pas, elle ne contient que des recommandations. J’en ai parlé au président de commune et peu de temps après j’ai reçu une lettre du Conseil communal me disant qu’il n’était pas d’accord que l’on démarre le chantier. Depuis, nous avons renvoyé un dossier de conformité au SAT qui, comme il l’avait déjà fait, à donner un préavis favorable. Maintenant on attend la décision du service juridique de l’Etat». A suivre...



Pascal Tissier

www.closdore.ch

 

Voir la suite de cet article "Eric Ryser persiste et signe"...
publié le 10 décembre 2008

 


Autres articles sur Saint-Blaise

14-01-09  Saint-Blaise: Imbroglio politico-immobilier (3)

07-01-09  Saint-Blaise: infos par SMS

07-01-09  Portrait Marc Imwinkelried

10-12-08  Portes ouvertes à la cave de Dimitri Engel

10-12-08  Saint-Blaise: Imbroglio politico-immobilier (2)

25-11-08  Saint-Blaise: Imbroglio politico-immobilier (1)

18-11-08  Les révélations d'Olivier Haussener

11-11-08  Olivier Haussener et les rumeurs

28-10-08  Exposition d'oiseaux à Saint-Blaise

08-10-08  Le Fun Laser à Saint-Blaise

06-08-08  Saint-Blaise: Cocteau exposé au Boccalino

28-05-08  Saint-Blaise: rumeurs et mystère autour d'un candidat

16-01-08  Saint-Blaise: Un ministre au service du Castel

19-12-07  Saint-Blaise: partie de Monopoly gagnante

12-12-07  Saint-Blaise: transaction immobilière

10-10-07  Deux cents oiseaux exposés à Saint-Blaise

09-05-07  Saint-Blaise: Balade pour découvrir le village


 

 

Category : ARTICLES PRESSE Print

| Contact author |