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 Portrait de Michel Braekman

25/11/2008

Michel Braekman,
restaurateur d’armes anciennes



La Cibourg • Belge d’origine Michel Braekman vient d’obtenir, à 47 ans, son diplôme de conservateur-restaurateur HES en armes et munitions (une première en Suisse).
Ou comment un pasteur, médecin des âmes, est devenu médecin des armes.

 

 

«Reprendre des études après quarante ans, c’est simple. Ce qui est difficile, c’est de tenir financièrement. Il faut obligatoirement travailler à côté des cours pour gagner sa vie». Michel Braekman sait de quoi il cause, lui qui vient de relever un sacré défi: cinq ans d’études, dont une année de raccordement technique au CIFOM, trois ans de cours à la Haute école d’arts appliqués (ARC) à La Chaux-de-Fonds et une année pour rédiger son mémoire de diplôme. Ce dernier, intitulé «La neutralisation des armes à feu portatives: approche historique, réglementaire, technique et déontologique», a permis à l’ancien pasteur des Brenets d’obtenir le précieux document qui lui permet maintenant d’exercer pleinement son art.

Médecin des musées

Michel Braekman a obtenu officiellement son diplôme de conservateur-restaurateur HES en armes et munitions le 10 novembre (c’est le premier diplôme du genre décerné en Suisse), et son atelier de restauration est ouvert depuis début octobre. A peine installé dans une ferme de La Cibourg, aux Reprises, il se voit déjà proposer différents mandats, notamment du Musée de l’Armée suisse, à Thoune, qui lui a confié la restauration d’une partie de la collection personnelle de munitions du Colonel Rubin. Il a aussi été contacté par le plus grand musée d’armes de France, à Saint-Etienne. «Ma spécialisation m’a amené à étudier les modes de production, de fabrication et de dégradation des métaux, du bois, du cuir, de l’os ou de l’ivoire. Je suis donc à même de travailler ces matériaux et de les restaurer. Rien qu’en Suisse romande, il y a environ vingt-cinq musées qui possèdent des armes de poing ou des armes blanches, y compris des équipements militaires, comme des masques à gaz, des objets techniques, horlogers ou scientifiques et même des armures. Du travail il y en a, et c’est sans compter les collections privées».


 

Aumônier à l’armée

Né à Bruxelles il y a 47 ans, Michel Braekman a suivi les traces de son père, pasteur: au terme de cinq ans d’études universitaires entre Bruxelles et Strasbourg, il obtient sa maîtrise en théologie protestante. Après s’être marié, le pasteur qu’il est entre en caserne pour gagner ses galons d’officier de réserve et restera cinq ans dans son uniforme d’aumônier, «en soutien moral de la troupe et du cadre», comme il aime le dire aujourd’hui en rigolant. «Après l’armée, en 1991, j’ai répondu à une annonce et c’est comme ça que je suis arrivé aux Brenets avec ma femme et mes deux garçons. Un troisième viendra au monde dans les Montagnes».

Treize ans de pastorat

Pendant plus de dix ans Michel Braekman partage son mi-temps de pasteur entre l’école, les services religieux et les visites: «Les Brenets est un village intéressant parce qu’il est parfaitement divisé, à moitié catholique, moitié protestant, jusque dans les couples, souvent mixte religieusement. Ça amène beaucoup de contacts. Moi je n’étais pas sectaire… j’étais à disposition de tout le monde. En même temps, j’étais responsable de la formation des moniteurs d’adolescents, à Neuchâtel».
Au début des années 2000, il y a comme un malaise dans le couple… et en 2001, c’est le divorce… «Pour être philosophe, disons que je me suis rendu compte – après une grosse déprime – qu’en tant qu’être humain, j’avais besoin de trois choses pour être en équilibre: l’activité manuelle, l’activité intellectuelle et l’activité artistique. En tant que pasteur il n’y avait que de l’intellectuel et du social… j’avais envie de travailler avec mes mains…»


 

Plus charge d’âmes

C’est ainsi qu’en 2003, Michel Braekman quitte définitivement le temple des Brenets pour recommencer une nouvelle vie, une nouvelle carrière: «Dans ce métier de conservation et de restauration, tous les éléments que je cherchais sont réunis: je travaille sur des objets d’art, il y a toute une réflexion intellectuelle sur la dégradation de l’objet et comment y remédier, et il y a surtout l’aspect manuel du travail sur l’objet. Et ces trois choses-là m’équilibrent parfaitement».
Michel Braekman est conscient que s’il est parvenu au terme de ses études, c’est aussi grâce à la présence et au soutien de Françoise, sa compagne: «C’est clair, elle a supporté mes longues soirées de travail devant l’ordinateur et accepté que nous mettions nos vacances en attente pendant ces cinq années de formation. Je lui dois beaucoup et je partage avec elle les félicitations que je reçois de toutes parts».



Pascal Tissier



Rest-Arts (conservation-RESTauration d’ARmes anciennes
et d’objets Techniques, horlogers et Scientifiques)
Contact: m.braekman@rest-arts.com
ou 032 920 34 38


Blason

 

 


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