Blue Dragon sur Xbox 360 » Blog de PasTis

 Blue Dragon sur Xbox 360

29/8/2007

Un Dragon Bleu souffle un air de Final Fantasy sur Xbox 360

Microsoft a misé sur « Blue Dragon » pour séduire le public nippon qui tournait le dos à sa Xbox 360. « Dessiné » par Akira Toriyama, l’auteur du manga Dragon Ball et « pensé » par Hironobu Sakaguchi, le créateur de la série « Final Fantasy », ce jeu de rôle (RPG) avait tout pour plaire aux Japonais. Et ça a marché… mais modestement. Attendu depuis neuf mois par les amateurs de jeux de rôle (RPG) européens, « Blue Dragon » est enfin disponible chez nous. Nul doute qu’ici le succès sera plus convaincant.


Blue Dragon

 

A ce jour il s’en est écoulé à plus de 200’000 exemplaires du jeu « Blue Dragon » sur l’archipel nippon, ce qui signifie que la moitié des possesseurs d’une Xbox 360 ont acheté ce jeu. Désigné comme le titre qui devait relancer la Xbox 360 au Japon, « Blue Dragon » avait réalisé un départ de vente plutôt correct, avec 80’000 jeux vendus la première semaine, 150’000 exemplaires après trois mois de disponibilité. Développé par le studio Artoon, « Blue Dragon » est le premier jeu estampillé Mistwalker, un label de qualité mis en place par Microsoft avec des « stars » du RPG (Role Playing Game). Ainsi, en tête du générique de ce titre conçu par et pour des Japonais, on découvre les noms de créateurs adulés en Asie comme en Europe, dont Hironobu Sakaguchi au scénario, créateur notamment de la saga « Final Fantasy », Akira Toriyama au design, connu surtout pour ses travaux sur le manga « Dragon Ball », ou Nobuo Uematsu, le compositeur qui a orchestré l’ambiance sonore des « Final Fantasy ». A noter que ce trio s’était déjà réuni dix ans auparavant pour « Chrono Trigger », l’un des meilleurs RPG du catalogue Super Nintendo. Plusieurs jeux destinés à la Xbox 360 sont actuellement en cours de développement chez Mistwalker. Ainsi, outre un « Blue Dragon 2 », deux autres titres sont déjà en préparation: « Lost Odyssey » et « Eternal Sonata ».

Trois galettes d’aventure

La première surprise lorsqu’on ouvre le boîtier de « Blue Dragon », c’est le nombre de disques qu’il contient… trois CD ! Après avoir enclenché la console, c’est un écran blanc qui s’affiche avec trois mots : français, anglais, italien. Une fois le choix du doublage vocal choisi, on s’attend à une scène d’introduction habillée de superbes images de synthèse comme c’est courant sur ce type de jeu. Rien. On découvre un môme couché à l’ombre d’un moulin. Quelques secondes plus tard, le gosse se lève et le joueur peut aussitôt pianoter sur sa manette pour déplacer « son » personnage… Le titre « Blue Dragon » s’affiche à l’écran et le jeu démarre sans le moindre préliminaire.
Si les sous-titres sont parfaitement synchronisés, on peut émettre des réserves en ce qui concerne le doublage en français et les dialogues : certaines voix ne sont pas toujours bien assorties aux personnages et les réparties sont souvent « surjouées ». Heureusement, les plages musicales de Nobuo Uematsu sont nettement plus convaincantes, tantôt légères, tantôt intenses, et collent parfaitement aux différents événements qui se déroulent à l’écran. Les fans de la saga « Final Fantasy » ne seront pas dépaysés.

Un RPG sur support de luxe

Evidemment, l’aspect esthétique ne permet pas d’avoir le moindre doute sur les origines du jeu : c’est du « made in Japan » à 100% ! C’est suffisamment rare sur la console américaine pour que l’on insiste sur ce fait. Akira Toriyama, le père spirituel du manga « Dragonball » (qu’il a dessiné pendant plus de dix ans), n’est pas à son coup d’essai en matière de jeu vidéo : il a notamment collaboré à la mythique saga « Dragon Quest », pour laquelle il a créé toute une collection de monstres. Le style de Toriyama est parfaitement reconnaissable dans le look des personnages comme dans celui des vaisseaux ou des décors.
Graphiquement, il est évident que « Blue Dragon » ne pousse pas la Xbox 360 dans ses derniers retranchements technologiques, il n’empêche que les développeurs des studios Artoon jouent avec les angles de vue et des effets de perspective plutôt réussis. Si l’on tient compte que le principe des combats au « tour par tour » n’est pas propice à des scènes d’action extraordinaires, les concepteurs ont su exploiter les séquences intermédiaires pour donner un peu plus de tension aux phases d’affrontements, tout en respectant les codes habituels des RPG nippons. Il n’empêche que « Blue Dragon » propose des touches d’originalité dans ce système de jeu vu et revu. Selon un principe utilisé dans « Tales of Symphonia », le joueur peut voir sur la carte les monstres présents dans les parages et choisir d’engager le combat ou de l’éviter.

Il était une fois trois amis…

L’histoire débute dans le petit village de Talta. Celui-ci est soudainement plongé dans l’obscurité par l’apparition de gros nuages mauves. Tous les habitants reconnaissent les signes qui annoncent l’attaque imminente du requin terrestre qui les agresse depuis des années et vont se réfugier sur les hauteurs. Quelques secondes plus tard un énorme aileron apparaît et se déplace de maison en maison, détruisant tout sur son passage. N’écoutant que leur courage, Shu, Jori et Kluke, trois enfants du village, unissent leur force pour affronter le monstre, sous le regard apeuré et les cris paniqués des habitants de Talta.
Quelques assauts plus tard, les trois compagnons semblent avoir réussi à terrasser le requin qui s’avère être une machine et non un animal de chair et de sang. Mais voilà, le monstre mécanique s’anime et s’envole emportant avec les trois enfants. Lorsque Shu retrouve ses esprits, il découvre qu’il est à l’intérieur d’une forteresse volante… pour lui et ses deux compagnons d’infortune commence alors l’aventure de leur vie.

Le pouvoir des ombres

Autre particularité des combats proposés par « Blue Dragon » est que l’ombre des héros peut prendre la forme de dragons. Ceux-ci disposent de pouvoirs très différents, selon leur classe : magie noire, magie blanche, attaque physique, défense, etc. Evidemment, en plus d’accumuler des points d’expérience qui améliorent les caractéristiques des personnages, les combats permettent de récolter des points de compétences qui débloquent de nouveaux coups ou des sorts toujours plus puissants.
 
Au final, et même sans être allé au bout des trois disques, on peut sans la moindre hésitation recommander « Blue Dragon » à tous ceux qui sont accrocs de RPG, et à ceux – fans de manga – qui souhaiteraient faire leurs premiers pas dans ce genre de jeux. L’ensemble est superbe et passionnant, même si la trame du scénario est très classique et que le niveau de difficulté n’est pas très élevé. Force est de reconnaître que « Blue Dragon » bénéficie d’une mise en scène soignée, d’une prise en main très conviviale, le tout accompagné par les ténébreuses partitions de Nobuo Uematsu qui contrastent bien avec l’aspect enfantin des personnages du jeu.


Pascal Tissier


Category : JEUX VIDEO Print

| Contact author |