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 Portrait de Christine Anglio

10/12/2008

Le coup de théâtre
de Christine Anglio

 


«La neige me manque, il n’y en a pas à Paris». En visite dans la région, Christine Anglio se rappelle de son enfance à Couvet: «Je suis née à Lausanne, mais j’ai grandi et suivi toute ma scolarité dans le Val-de-Travers où j’ai encore quelques amis». Aujourd’hui, Christine Anglio est une comédienne connue et reconnue. Elle forme avec Corinne Puget et Juliette Arnaud le trio infernal de la pièce de théâtre comique «Arrête de pleurer Pénélope». Récemment les trois filles étaient invitées sur tous les plateaux de télé pour la promotion du DVD d’«Arrête de pleurer Pénélope 2», la suite de leur pièce à succès. Christine Anglio se marre encore lorsqu’elle évoque son passage, en octobre dernier, au Grand Journal de Canal+: «Dans la boîte à questions, il nous était demandé «Que feriez-vous si vous étiez une journée dans la peau de Carla Bruni-Sarkosy?» et spontanément j’ai lâché «Je prendrais des cours de chant»… ça n’a pas été coupé au montage et beaucoup se souviennent de cette blague, d’autant qu’elle est rediffusée dans les best of».

Christine n’avait que six ans lorsqu’en décembre1980, toute sa famille s’est installée à Couvet. A l’époque, elle s’appelait encore Christine Léchaire: «Mon père est entré à la direction de «La Dubied» et moi à l’école».
Le parcours scolaire de la jeune Covassone d’adoption s’arrêtera au gymnase: «Après avoir obtenu mon bac de lettres, j’ai travaillé une année comme serveuse à Môtiers, à l’Hôtel des Six-Communes, dans le seul but de mettre suffisamment d’argent de côté pour monter à Paris et devenir comédienne. C’était en 1994».

 

 

Avant de quitter la Suisse, Christine Anglio n’avait jamais intégré une compagnie de théâtre: «Bien sûr, gamine, j’avais fait un peu de théâtre à l’école et, adolescente, j’ai disputé quelques matches d’improvisation sous la direction de Gérard Bétant… mais c’est tout».

Les premières années dans la capitale française sont difficiles: «J’ai vite déchanté. Je croyais qu’après les cours d’art dramatique, Luc Besson allait m’appeler et que la vie serait formidable. Mais ça ne s’est pas passé comme ça. Chez Florent, on était des centaines à suivre ces cours avec le même espoir de carrière».  

Faute de contrats et de cachets, la jeune apprentie comédienne aligne les petits boulots: «A l’époque, je gagnais ma vie comme serveuse, notamment dans des TGV, et c’est par orgueil que j’ai tenu le coup. Je ne voulais pas revenir en Suisse, ça aurait été un échec pour moi. En fait, pour réussir en tant que comédienne, le talent ne suffit pas. Outre une volonté tenace, il faut compter sur une part de chance et certaines rencontres».

Aux cours Florent, Christine se lie d’amitié avec deux autres étudiantes: Corinne Puget et Juliette Arnaud. Les trois copines cohabitent et rament ensemble… elles imaginent aussi une histoire qu’elles développent dans des cafés-théâtres parisiens: «Dès le départ la pièce s’appelait «Arrête de pleurer Pénélope» et je me souviens très bien de la première fois où on l’a joué en public, c’était un soir de l’été 1998, pendant la Coupe du monde de football qui se déroulait en France… Dix ans déjà». Entre-temps Mademoiselle Léchaire est devenue Madame Anglio – «Je suis mariée depuis mille ans!» – et une cigogne est passée par là…   

Le bouche à oreille a fait le reste et dès 2002 les trois amies connaissent un véritable succès sur la scène du mythique «Café de la Gare» avec leur
«Arrête de pleurer Pénélope»: «Nous l’avons joué 752 fois jusqu’en 2005. A partir de là, notre vie a vraiment changé, d’autant que la pièce continue de tourner avec d’autres comédiennes, en France, en Belgique, en Suisse et aussi au Québec».

 

DVD

 

En mars 2007, les trois amies présentent «Arrête de pleurer Pénélope 2» au Théâtre Fontaine, à Paris. Cette suite, mise en scène par Michèle Bernier, est encore un succès qui fera le tour de la France. Et puis, au début de cette année, Christine Anglio, Juliette Arnaud et Corinne Puget partagent la tête d’affiche de «Tu peux garder un secret?» avec Pierre Arditi: «Alexandre Arcady nous a vues dans Pénélope et nous a proposé son scénario. Au final, le film n’a pas été un grand succès. Pourtant, lors du tournage, on s’est bien amusées, on a beaucoup ri, mais à l’écran c’était moins drôle».

Aujourd’hui, toujours entourée de ses deux complices, Christine Anglio travaille à l’écriture d’une adaptation cinématographique d’«Arrête de pleurer Pénélope»: «Il faut que l’on trouve les bonnes personnes et le financement, mais ce ne sera pas une simple adaptation des pièces, mais une histoire originale dans de vrais décors. Si tout va bien le projet devrait démarrer l’année prochaine». 


Pascal Tissier


 


Anecdote étonnante

Patricia Golightly, la grand-mère de Christine Anglio, connaissait bien Truman Capote: dans les années cinquante, à New York, elle fréquentait le même Country Club que l’écrivain américain. Par amitié, dans son roman «Petit déjeuner chez Tiffany» (Breakfast at Tiffany’s, 1958), l’auteur a baptisé son héroïne Holly Golightly, du nom de la mère de Christine Anglio. En 1961, dans l’adaptation cinématographique du roman – «Diamants sur canapé» – le personnage d’Holly fut incarné – de façon inoubliable – par Audrey Hepburn. pti

Affiche

 

 

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