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 Neuchâtel: les commerçants en colère (Acte 1)

7/1/2009

«La Ville se moque des petits commerçants!»

 

Neuchâtel • A Noël, les commerçants du centre-ville ont reçu une lettre les informant que le prix de l’autorisation pour circuler dans la zone piétonne s’élèverait à 350 francs en 2009, soit sept fois plus que l’an dernier. Il y a de la grogne dans l’air… 

Neuchâtel - Pascal Sandoz
Le Conseiller communal Pascal Sandoz doit affronter la colère des commerçants de la zone piétonne de Neuchâtel

 «A fin décembre, au lieu de recevoir la nouvelle autorisation de circuler dans la zone piétonne avec une facture, les petits commerçants du centre-ville ont reçu une gentille lettre signée par Pascal Sandoz précisant que pour 2009 le prix de cette vignette passait de 50 à 350 francs par an, que si on voulait l’obtenir il fallait qu’ils en fassent la demande auprès de la police ou par le biais d’un formulaire à remplir sur le site internet de la ville. C’est scandaleux!»

Président de la Fédération Neuchâteloise du Commerce Indépendant de Détail (FNCID), Jean-Carlo Zuretti ne cache pas sa colère: «Vous vous rendez compte ce que ça va coûter à ceux qui ont besoin de deux ou trois autorisations. Non, septupler le prix sans nous informer préalablement c’est vraiment scandaleux! On voit très bien qu’ils ont besoin d’argent et qu’ils vont le chercher n’importe où et qu’ils le font n’importe comment. C’est pas possible!»

Le patron de la maroquinerie Biedermann, accompagné du confiseur Pierre Walder (présisent de la section Neuchâtel de la FNCID) doit rencontrer Pascal Sandoz ce jeudi. Jean-Carlo Zuretti ne cache pas que la discussion risque d’être tendue: «On devait voir le président de la ville pour un problème d’élimination des déchets, mais Pierre Walder a demandé que cette augmentation du prix de l’autorisation de circuler soit ajoutée à l’ordre du jour. Il est évident qu’il devra nous expliquer les motivations d’une telle hausse. Mais qu’il ne vienne pas nous dire que les caisses sont vides... on sait qu’elles le sont, mais ce n’est pas une façon de les remplir… pas comme ça!»

Le président de la FNCID s’interroge sur la pérennité des petits commerces: «Franchement, ce n’est pas un service de la Ville que l’on demande… le fait d’avoir un commerce et de pouvoir y accéder après dix heures le matin pour charger ou décharger de la marchandise doit rester possible, non? Je ne comprends pas le fondement de cette décision. Le commerçant est un contribuable comme tout le monde, il anime le centre-ville… Allez voir ce que devient une zone piétonne lorsque les commerces ferment… C’est le désert et il s’y passe n’importe quoi. Non vraiment, je ne vois pas pourquoi on nous taxe ainsi!».

Pierre Walder est encore plus sévère et dénonce un laisser-aller désastreux: «La Ville ne se préoccupe pas de son centre, elle n’en a rien à foutre! Il faudrait mettre du mobilier urbain, le fleurir, le nettoyer… le jour c’est sale, la nuit c’est l’enfer! Il faut que la presse parle de ce qui se passe la nuit à Neuchâtel. Toutes les fins de semaine, il y a des jeunes qui descendent de la gare sur des chariots de la Coop avec de la gnole dedans, ils jettent les bouteilles dans la rue, ils pissent contre les murs et ils cassent des vitrines. Il y a au moins une vitrine brisée chaque semaine et c’est sans compter les abris bus».

Installé à la même table François Engisch considère qu’il est devenu très difficile de vivre et de travailler en ville de Neuchâtel: «Les autorités s’intéressent davantage à ce qui se passe à l’extérieur de la ville qu’à l’intérieur. J’ai demandé un jour à Pascal Sandoz: qu’est-ce que vous voulez faire de Neuchâtel, une ville pour la nuit ou pour le jour? Quelle est votre politique? J’attends toujours des réponses».
Le propriétaire de la bijouterie Robert, est persuadé que le problème est avant tout politique: «Il n’y a pas assez de présence policière, c’est un fait. Avec l’interdiction de fumer dans les établissements il y aura encore plus de jeunes dehors et plus d’incidents».

Toujours très remonté, le maître chocolatier affirme que la situation actuelle était prévisible: «Les commerces ferment les uns après les autres, c’est ce que l’on avait prédit il y a quinze ans déjà et on nous traitait de râleurs».

Et François Engisch d’ajouter: «On est en train de tuer le centre-ville. Globus s’en va, l’opticien Luther va fermer, Comminot aussi, le magasin Vuillomenet a déjà fermé, le fleuriste installé à l’entrée de Globus aussi… moi j’ai encore un an de bail et je ne sais pas si je vais continuer, car au niveau de la fréquentation, c’est la chute libre».

«Et on va encore nous piquer 350 balles pour avoir l’autorisation de venir en ville pour charger et décharger notre marchandise, alors que ça ne génère aucuns frais pour la Ville», soupire Pierre Walder. «On ne va pas se laisser faire, car ce n’est pas logique... on doit encore payer pour travailler. La conclusion de ce que l’on vient de dire, je le répète, c’est que du centre-ville ils n’en ont rien à foutre!»


Pascal Tissier

 
Neuchâtel: les commerçants en colère : Acte 2


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