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 Portrait de Jean-Christian Planchamp, collectionneur

14/1/2009

Des centaines de képis
pour un seul policier


Colombier • Policier à la retraite, champion de judo en activité, passionné de vieilles voitures et de juke-box, Jean-Christian Planchamp possède la plus grande collection au monde de couvre-chefs policiers.


Jean-Christian Planchamp


Depuis 2005, Jean-Christian Planchamp n’arpente plus les rues de Colombier pour y coller des prunes: jeune retraité de la police locale, il consacre l’essentiel de son temps, à soigner ses palmiers, à entretenir sa moto Condor et ses quatre voitures anciennes ou à s’entraîner. Ce judoka de 64 ans – Champion suisse en 1978 – ajoute régulièrement des diplômes en or sur ses murs… et ne lui demandez pas s’il évolue chez les vétérans: avec son accent qui ne laisse aucun doute sur ses origines valaisannes, il se lance dans la description détaillée des matches qui lui ont permis de remporter autant de trophées ou comment, récemment encore, il a obtenu son cinquième dan. Respect (keii en japonais).
De sa carrière dans la police – dont 28 ans à Colombier, 5 ans à Fleurier – et de ses compétitions de judo est née une passion pour les casquettes, les képis, les casques et autres couvre-chefs policiers: «A chaque tournoi à l’étranger, j’en ai ramené… acheté ou troqué». Soigneusement rangées dans de belles vitrines nettoyées et traitées scrupuleusement pour éviter la poussière et les mites (une petite fiche dans chaque vitrine indique la date du dernier «service»), les casquettes ont presque toute une histoire.

Record du monde

En un peu plus de trente ans, Jean-Christian Planchamp a collecté près de 600 couvre-chefs issus de 176 pays différents et de tous les continents. Non sans fierté, il exhibe un article de presse qui présente le collectionneur de casquettes de police qui figurait dans le Livre des records: «J’ai rencontré cet Allemand, il se contente de les ranger sur des étagères qui prennent la poussière. Il en a un peu plus de 500, mais seulement de 65 pays». C’est sûr, l’ex-flic de Colombier possède la plus grande collection de couvre-chefs policiers de la planète! «J’ai quasiment toutes les casquettes des polices suisses, des cantons et des villes, et je ne désespère pas dénicher les deux ou trois qui me manquent».
A l’entendre raconter comment certaines d’entre elles sont entrées en Suisse, on se dit que le policier a parfois frôlé l’incident diplomatique, la prison même: «Dans certains pays elles sont assimilées à du matériel de guerre et quelques-unes sont arrivées ici en pièces détachées réparties dans plusieurs valises». Jean-Christian Planchamp raconte alors comment un médecin d’origine bulgare lui a ramené une casquette de Sofia: «C’était l’un des pays les plus fous du bloc de l’Est… le toubib soignait un chef de la police et il a échangé la casquette contre des médicaments entrés illégalement dans le pays. Par mesure de sécurité, il a ensuite décousu la visière, retiré l’insigne, enlevé la coiffe… A l’époque, si ce type s’était fait piquer à la frontière, il risquait d’être fusillé».

Cadeaux de Pierre Aubert

Bricoleur dans l’âme, Jean-Christian Planchamp répare les couvre-chefs en mauvais état dénichés chez des brocanteurs, les pompons, les plumets, le cuir ou le feutre n’ont plus de secrets pour lui. Sur une étagère, plusieurs casques de bobbies avec des insignes différents et une autre aventure: «C’est un copain policier qui me les a ramenés d’Angleterre. Au début des années 80, il était allé prêter main-forte aux forces de l’ordre de différents comtés qui devaient lutter contre d’importantes manifestations. Après les affrontements, il n’avait qu’à se baisser pour ramasser les casques et remplir des sacs en plastique». Le doigt pointé sur ses vitrines, il montre d’autres belles pièces: «Ici, c’est la casquette roumaine du temps de Ceausescu, là celle d’aujourd’hui». Ailleurs, une casquette de la Tchécoslovaquie est entourée par celles de la Tchéquie et de la Slovaquie. L’Australie, l’Afrique, l’Asie… un atlas 
Même Pierre Aubert, l’ancien président de la Confédération, a apporté sa contribution à cette collection: «A deux reprises je l’ai pincé à Colombier, à l’époque où il était Conseiller fédéral, sa voiture était mal garée. Au lieu de le verbaliser, je lui ai montré ma collection. Quelques semaines plus tard, il est venu me voir et m’a offert deux casquettes qu’il s’était procuré lors d’un voyage en Union Soviétique. C’est aussi Pierre Aubert qui m’a offert la casquette du Liechtenstein».


Pascal Tissier


On a tellement peur d'attraper la grosse tête
Que, pour s'en apercevoir, on va tous bientôt
S'acheter une p'tite casquette
Et l'essayer tous les soirs.


Yves Duteil, «Les P'tites casquettes»

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