Neuchâtel: les commerçants en colère (Acte 2) » Blog de PasTis

 Neuchâtel: les commerçants en colère (Acte 2)

14/1/2009

Zone piétonne:
il y a de la pétition dans l’air


Neuchâtel • Jeudi dernier, comme convenu, Pierre Walder a rencontré Pascal Sandoz et lui a fait part de son mécontentement concernant le prix annuel de l’autorisation de circuler dans la zone piétonne qui est passé de 50 à 350 francs. En vain…


Pierre Walder
Pierre Walder: Le président de la section Neuchâtel de la Fédération Neuchâteloise
du Commerce Indépendant de Détail (FNCID)

«C’était un peu cru, mais ce sont mes termes, je sais bien que je parle comme ça, mais c’était très bien». Grand sourire, Pierre Walder fait allusion à son coup de gueule publié dans notre dernière édition, concernant notamment l’augmentation du prix de l’autorisation de circuler – après dix heures le matin – dans la zone piétonne pour charger ou décharger de la marchandise qui a été multiplié par sept au soir du 31 décembre. Même si son vocabulaire n’a pas plu à son épouse, le maître chocolatier ne regrette pas ses propos, d’autant que sa rencontre avec président de la Ville, jeudi passé, n’a pas permis de revoir le prix fixé par les autorités: «Pour Pascal Sandoz, ça paraît tout à fait normal que les commerçants doivent débourser 350 balles au lieu de 50 francs. Il justifie ce prix en disant qu’il y a trop de voitures dans la zone piétonne. Alors au lieu d’envoyer ses sbires verbaliser les gens qui n’ont rien à y faire, il nous le fait payer. S’il y a trop de voitures dans la zone, c’est de leur faute. La police ne fait plus rien, elle laisse pourrir la situation, elle ne verbalise plus».
Pierre Walder paraît désabusé. Selon lui, il suffirait que la commune soit plus vigilante dans l’attribution de ces autorisations: «Il y a des bureaux dans les étages qui n’ont absolument pas besoin de circuler dans la zone piétonne durant la journée. Il y a même des gens qui viennent boire le café. Alors s’il y a trop de voitures, c’est qu’il n’y a pas une surveillance policière digne de ce nom. Si la taxe a été fixée à 350 francs c’est parce que la Ville est dans la m…. et qu’elle cherche des sous. Nous, les petits commerçants, on est des vaches à lait... mais en voie de disparition».

On est la piétaille!

Le président de la section Neuchâtel de la Fédération Neuchâteloise du Commerce Indépendant de Détail (FNCID) est déterminé: «S’il ne veut pas nous écouter nous lancerons une pétition en rassemblant le plus de monde possible. On ne peut rien faire d’autre... Aucun moyen légal ou juridique pour contrer cette décision. Du haut de leur piédestal, arrogant, sûr d’eux-mêmes et de leur pouvoir, ils décident… Selon le règlement communal, le montant de 350 francs pour le prix annuel de cette autorisation est la somme maximum qu’ils pouvaient fixer. Tout ça parce qu’ils ont besoin de ronds. Quand c’est Bernasconi qui tape sur la table, on baisse la location du stade. Mais nous, petite communauté de commerçants… on est la piétaille».
Pierre Walder souligne que la rencontre avec Pascal Sandoz – agendée depuis plusieurs semaines – devait permettre de faire le point sur l’installation de poubelles enterrées: «C’est vrai que la discussion au sujet des poubelles a été constructive. On a parlé de ces containers, c’est pas mal, il faut développer ce concept». Mais à peine a-t-il  esquissé un sourire que le patron de la confiserie Walder se laisse emporter par la problématique du déneigement… «Alors là on peut leur en mettre plein les gencives. Il ne faut pas que l’on me dise à «situation exceptionnelle, moyen exceptionnel», on ne les a pas vus. Ça fait dix jours que cette neige est tombée et il y a toujours des arrêts de bus qui ne sont pas dégagés».

Allô, Pascal Sandoz?
 
Vendredi matin, au lendemain de la réunion entre les commerçants et la commune, nous avons tenté de joindre Pascal Sandoz. En vain… Dans l’après-midi, une secrétaire prend contact: «En raison de son emploi du temps, Monsieur Sandoz ne pourra pas vous appeler, mais il vous invite à participer au point presse prévu le jeudi 15 janvier». Nous lui demandons d’informer son chef que nous avons déjà rencontré Pierre Walder et qu’un second article sera publié dans notre édition du 14 janvier. La réaction ne se fait pas attendre: moins de dix minutes plus tard, le téléphone sonne.
Dans un premier temps, Pascal Sandoz explique que «la séance du 8 janvier était avant tout organisée pour expliquer aux cadres ou l’encadrement des commerces, CID, Pro Neuchâtel, etc. comment se déroulera le ramassage des poubelles à partir du 1er mars» et que, dans le cadre de cette invitation il avait proposé au CID et aux autres partenaires d’inscrire d’autres points à l’ordre du jour: «c’est ainsi qu’ils ont demandé que soient abordées les modalités d’accès à la zone piétonne».
A l’entendre, c’est Pascal Sandoz qui aurait invité le CID à «compléter» l’ordre du jour. Un esprit d’ouverture contredit par les confidences de Jean-Carlo Zuretti. En effet, le président de la FNCID confirme que c’est bien Pierre Walder qui aurait exigé que l’augmentation du prix de l’autorisation soit ajoutée à l’ordre du jour. Nuance.

Un Cœur en Ville

«Première remarque par rapport à votre article, c’est que ça n’engage que quelques commerçants que de dire que la Ville se moque des petits commerçants, ce qui n’est évidemment pas le cas». Pascal Sandoz souligne notamment que «la ville met à disposition 120'000 francs pour le city manager, ce qui n’est pas rien, surtout par les temps qui courent». Quand on lui fait remarquer que cette somme est consacrée – pour l’essentiel – au salaire de Michel Clottu, Pascal Sandoz précise que «du moment que la ville met cette subvention à disposition de l’Association «Un Cœur à Neuchâtel» (dixit), c’est au monde commerçant de gérer cet argent selon les objectifs qu’il fixe à son city manager». Le Conseiller communal ajoute que la Ville soutien d’autant plus les commerçants qu’elle «met des bureaux à disposition du city manager», ce qui effectivement le cas.
«Je réfute évidemment, et le Conseil communal avec, le fait que l’on puisse dire que la ville se moque des petits commerçants, ou encore que, on s’en fout complètement du centre-ville. Ça, c’est totalement faux». Pascal Sandoz peut-il comprendre que le fait de multiplier par sept le prix d’une autorisation qui permet avant tout aux commerces de travailler, est une décision qui ne peut que fâcher les petits commerçants, d’autant que l’information leur est parvenue brutalement à Noël? «Le Conseil communal, dans son appréciation de la situation, souhaite rendre la zone piétonne aux piétons, et ne pas avoir un trafic incessant dans ce secteur». Dans la volée, le Conseiller communal assure que l’octroi des autorisations sera mieux contrôlé.


Pascal Tissier


 Neuchâtel: les commerçants en colère : Acte 1

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