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 Neuchâtel: les déchets ne seront plus ramassés

4/2/2009

Les déchets ne seront plus ramassés

Neuchâtel • A partir du 1er mars les camions-poubelles ne circuleront plus dans le centre-ville: habitants et commerçants devront amener eux-mêmes leurs déchets dans des collecteurs


Poubelles enterrées à la Place Pury


Apparemment Antoine Benacloche n’a pas apprécié notre petite fable – publiée dans notre dernière édition «du Bas»  – inspirée par l’installation ratée d’un conteneur enterré à la rue des Moulins (
à lire ou relire sur ce blog). Contacté vendredi à propos de la nouvelle organisation du ramassage des ordures dans le centre-ville, l’ingénieur communal des Travaux publics abrège aussitôt la communication: «C’est comme ça! Si vous voulez que je vous réponde, envoyez-moi vos questions par écrit, par e-mail, et je vous répondrai par e-mail. Comme ça je vous donnerai des réponses précises et vous verrez l’interprétation»(?).


A chacun ses ordures

Pour rappel, à partir du 1er mars, les tournées bihebdomadaires «porte-à-porte» de ramassage des ordures ménagères au centre-ville seront définitivement supprimées. Les habitants comme les commerçants et les autres raisons sociales (entreprises, médecins, architectes, etc.) installés dans la zone piétonne devront amener eux-mêmes leurs déchets dans l’un ou l’autre des 26 conteneurs enterrés disséminés à quatorze endroits du secteur. Mais attention, ces conteneurs ne peuvent engloutir que des sacs d’une contenance de 35 litres maximum. Quant aux déchets recyclables, comme le carton, le papier, le verre et autres métaux, ils devront être déposés dans l’un des quatre «Ecopoints» aménagés à la place Pury, à la rue de l’Oratoire, à l’Evole et dans l’angle des rues de l’Ecluse et de Prébarreau (pas encore installé).


Des paquets de cartons

Sachant que peu de personnes ont participé à la séance d’information organisée au début de l’année par la Ville, nous avons voulu savoir comment les commerçants appréhendaient cette nouvelle politique du ramassage des ordures… Comment allaient-ils gérer l’élimination de leurs cartons qui s’entassent après les livraisons. Apparemment beaucoup ne sont pas vraiment au courant, même si, dans la semaine, ils ont reçu une communication écrite de la ville avec le plan de situation des différents collecteurs.
Ainsi, à la boutique Arlequin, les vendeuses disent être au courant «mais on ne sait pas encore comment on va gérer ça». En face, au magasin de chaussures Dosenbach, Nadia Staecheli imagine déjà des avantages: «Actuellement, comme notre magasin ouvre à 9 heures, une vendeuse doit venir une heure plus tôt le jour des poubelles pour mettre les déchets dehors». Mais quand on lui signale que les sacs ne peuvent pas dépasser les 35 litres et que les cartons ne doivent pas être volumineux pour pouvoir être enfilés dans les collecteurs, l’assistante-gérante fronce les sourcils: «Ah, ouais, ça c’est un autre problème».


Comme à Naples?

Gérant depuis lundi passé de la librairie Payot, Jean-Marc Boerlin tombe des nues, mais assure que «la plus grande partie des cartons est récupérée par les camions de livraison.» Chez H&M, la gérante s’interroge: «Depuis longtemps nous ne déposons plus aucun déchet sur la voie publique. Tout est repris par nos camions de livraison, même la poubelle de notre cafétéria, et pourtant nous recevons toujours des factures de la commune.» Chez Tess, la vendeuse est perplexe, d’autant que la grande majorité des clients qui achètent des chaussures, laissent les cartons au magasin. Le patron d’un bar râle: «Je viens de payer 1900 francs de taxe pour les déchets… ce n’est pas normal. De plus, avec des sacs de 35 litres, il faudra faire plusieurs navettes par jour. C’est n’importe quoi!» Un bijoutier va plus loin: «Vous verrez, les gens vos déposer leurs déchets n’importe où, n’importe comment! Fin mars, des endroits ressembleront à Naples!»


Un nouveau filon

A la brasserie du Cardinal, le chef Jean-Luc Geyer ne se fait pas trop de soucis: «Il y a longtemps que nos déchets alimentaires sont pris en charge par une société privée. Pour le reste, nous ferons peut-être appel à un mandataire extérieur, d’autant qu’une demi-douzaine de sociétés nous a déjà contactée pour s’occuper de nos ordures, mais évidemment ce n’est pas gratuit.»
A ce propos, il est intéressant de noter que le site internet des Travaux publics recommande de faire appel à une association en particulier qui «se charge du transport, moyennant une faible rétribution».


Enseignes exonérées

Dans sa réponse écrite, Antoine Benacloche confirme qu’en accord avec la Ville, le magasin Migros ne paie pas de taxe des déchets étant donné que toutes ses ordures sont ramassées par ses propres camions: «Je vous ai donné l'exemple de la Migros qui s'organisait pour le ramassage de ses déchets, mais la Coop est sous le même régime. Quelques entreprises de la place, au total une dizaine, sont exonérées à ce jour. La règle de base pour prétendre à l'exonération est la quantité et la nature des déchets produits, cette base est maintenue pour la suite». Quand on lui demande quelles enseignes sont exonérées de la taxe des déchets, la réponse de l’ingénieur communal est aussi claire que brève: «Sans intérêt pour vous.»


Taxe maintenue?

Reste à savoir si la fameuse taxe des déchets sera maintenue au même prix pour les habitants et les commerces du centre-ville après le 1er mars. La réponse d’Antoine Benacloche es nuancée: «Pour les entreprises autorisées à traiter leurs déchets par des prestataires privés, une convention est ou sera établie avec la Ville, formalisant l'autorisation et les conditions sous-jacentes dont notamment le niveau d'exonération de la taxe, conformément aux dispositions prévues dans notre règlement communal en la matière. Concrètement, si la prestation de ramassage n'est plus assurée par la Ville, nous n'avons pas à facturer si ce n'est une taxe de base annuelle unique située entre 150 et 200 francs nécessaire à la couverture de l'équipement et à disposition de chacun tels les centres de tri par exemple.»


Pascal Tissier

 

 


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