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 Le portrait de Michel Rossi

11/2/2009

Michel Rossi,
un politicien fin gourmet


Peseux • Gouverneur d’une confrérie bachique et gastronomique, Conseiller communal à Peseux et patron de sa fiduciaire, Michel Rossi vise maintenant un siège de député au Grand Conseil. Portrait d’un Italien de naissance, Suisse de cœur et Neuchâtelois dans l’âme. 

 
Michel Rossi

 

«Il y a beaucoup de choses à faire dans ce canton, notamment au niveau fiscal. Nous sommes un des cantons les plus chers du pays, au niveau des impôts… A mon avis c’est un problème structurel.» Pour justifier sa candidature comme député au Grand Conseil aux prochaines élections cantonales d’avril, Michel Rossi reprend une formule qu’il attribue à John Fitzgerald Kennedy: «Avant de demander à l’Etat ce qu’il peut faire pour vous, posez-vous la question de savoir ce que vous vous pouvez faire pour l’Etat.» A l’entendre, le Conseiller communal de Peseux veut s’investir pour son canton…


L’arrivée en Suisse

Michel Rossi est né le 8 juin 1954 dans le talon de la botte, plus précisément à Martina Franca, une commune de la province de Taranto, dans les Pouilles. Son enfance ressemble à celle de beaucoup d’Italiens de sa génération. Après plusieurs années de travail dans la région, en tant que saisonnier, son père est autorisé à s’installer en Suisse avec sa famille: «C’était en 1959, j’avais cinq ans et je découvrais la neige pour la première fois. Mon père, ma mère et moi, vivions alors à Peseux, dans un petit appartement d’une pièce, sans salle de bain, à la rue du Château. J’ai fait mes premières classes dans le bâtiment qui est aujourd’hui la Maison de Commune de Peseux.»
Manœuvre sur les chantiers de Madliger & Challandes, une grosse entreprise de construction de la région (aujourd’hui disparue, ndlr), le père de Michel Rossi obtient – au début des années 60 – un appartement un peu plus confortable à Boudry: «c’était un deux pièces et demi à la rue Louis-Favre, dans un immeuble qui appartenait au fond de prévoyance de l’entreprise. Il y avait le chauffage central et une douche… c’était un luxe. Je me souviens que le samedi soir, des copains de mon père venaient avec leur femme se doucher chez nous.»


Etape en italien

Adolescent, Michel Rossi est placé par son père dans un internat: «Mes parents envisageaient de retourner au pays, mais comme je ne savais pas bien l’italien et qu’ils voulaient me pousser aux études, ils m’ont envoyé dans des collèges au Tessin, puis aux Grisons, chez les Salésiens (des religieux catholiques, ndlr), où j’ai obtenu une maturité commerciale».
Lorsqu’il revient à Neuchâtel, Michel Rossi a presque vingt ans et trouve, par l’intermédiaire de son père, une place d’aide comptable dans les bureaux de Madliger & Challandes: «J’y suis resté jusqu’à la disparition de l’entreprise, à la fin des années 70.»


Un mentor à Bôle

Après son mariage en 1979, et alors que ses parents sont déjà repartis en Italie depuis longtemps, Michel Rossi rencontre un homme qui va changer le cours de sa vie: «Pour moi, Louis-Philippe Thiébaud était une personnalité exceptionnelle… un chevalier des temps modernes. J’ai été engagé en 1982 comme comptable et responsable administratif de son entreprise viticole – à Bôle – spécialisée dans les grands vins mousseux. Et c’est à partir de là que je me suis passionné pour les vins et la gastronomie. C’est aussi durant cette période que je me suis forgé des idées politiques. Louis-Philippe Thiébaud était un grand libéral… il est indéniable que ma vie a été influencée par sa personnalité… ça a été mon mentor en quelque sorte.»


Michel Rossi

 

Indépendance

Six ans plus tard, désireux de voler de ses propres ailes, Michel Rossi créé sa propre fiduciaire et installe ses bureaux Neuchâtel, là où il est encore aujourd’hui: «Quand je me suis assis derrière mon bureau le 1er juillet 1988, je n’avais pas un seul client. Au bout de six mois, je n’en avais pas beaucoup plus et j’avais épuisé toutes mes économies. Et puis il y a eu un déclic, j’ai eu des mandats à l’usine Dubied, à Couvet, pour la société qui avait repris le département vélo, d’autres pour la société Prasa, à Peseux. Ma collaboration avec cette dernière a duré une dizaine d’années.»


Du général à l’exécutif

En 1989, Michel Rossi fait une demande de naturalisation. Deux ans plus tard, au terme de toute la procédure, il reçoit une facture de plus de 15'000 francs. A regret, il préfère suspendre sa démarche: «En 2000, comme les lois avaient changé, j’ai présenté une nouvelle demande et j’ai été naturalisé en 2003 par la commune de Peseux. Aussitôt fait, j’ai adhéré au parti libéral et l’année suivante je me suis mis en liste pour les élections communales et j’ai été élu au Conseil général.»
Pendant cette législature, Michel Rossi prend la présidence du parti libéral de Peseux et, dès 2007, il dirige le comité contre la fusion entre Peseux et Corcelles-Cormondrèche: «Je suis convaincu que la campagne que j’ai menée contre cette fusion n’est pas étrangère à mon élection – l’an dernier – aux Conseil communal.»


Gouverneur des Olifants

«Gourmet, mais pas gourmand» comme il aime le dire, Michel Rossi est, depuis 2007, le président de la Fédération suisse des confréries bachiques et gastronomiques, qui compte plus d’une quinzaine de sociétés et 12'000 membres. Il est aussi membre du Conseil d’administration de la Fédération internationale des confréries bachiques, dont le siège est au Musée du vin, à la rue des Eaux, à Paris.»
Ardent défenseur des produits du terroir et des vignerons encaveurs, Michel Rossi est également à la tête d’une des plus importantes confréries neuchâteloises: «J’ai été intronisé à la Noble Confrérie des Olifants du Bas-Lac en Pays de Neuchâtel en 1989. Depuis, j’ai successivement occupé les postes de confrère, grand ambassadeur, grand argentier et, en 2003, après le retrait de Louis-Philippe Thiébaud de la gouvernance, je suis devenu le Gouverneur de cette confrérie bachique et gastronomique… le cinquième depuis sa création en 1964.»


Pascal Tissier

 

Michel Rossi

 

 

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