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 Portrait de Patrick Bersot

25/2/2009

Patrick Bersot,
cuistot de la solidarité


Neuchâtel • Depuis neuf ans, Patrick Bersot, cuisine les repas servis à l’Espace des Solidarités… qu’il gère et anime aussi. Portrait d’un cuisinier socialement investi et qui propose chaque jour des menus à quatre francs! 
 

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«Depuis que l’Espace des Solidarités est installé dans la Maison des Associations, en plus des repas servis dans nos locaux, nous développons une distribution de repas à domicile». Patrick Bersot ne cache pas sa satisfaction d’être face à un nouveau challenge: «L’Espace des Solidarités, créé il y a juste neuf ans à l’initiative de Caritas Neuchâtel et de l’Association pour la Défense des Chômeurs du littoral Neuchâtelois (ADCN), a trouvé sa vitesse de croisière avec ses repas à quatre francs servis cinq jours sur sept et ses animations. Aujourd’hui, il s’agit d’élargir l’offre des repas à domicile, livrés sept jours sur sept. Il ne fait aucun qu’il existe un potentiel, et pas seulement au niveau des personnes nécessiteuses, mais aussi auprès d’entreprises ou de sociétés, dont le personnel n’a pas le temps d’aller manger».

 

A 51 ans, Patrick Bersot est toujours plein d’enthousiasme: «L’Espace de Solidarités n’est pas un «Resto du Cœur»! Comme son nom l’indique, c’est un espace, un lieu d’accueil où les repas sont pris en commun… ce repas est en fait un prétexte pour faire se rencontrer les gens. C’est aussi un moyen, pour ceux qui vivent seuls, de briser leur solitude. C’est vraiment un excellent concept… et quand j’y pense je me dis que j’ai toujours eu de la chance dans mes jobs.»

 

Né à Neuchâtel, Patrick Bersot a fait ses classes à Colombier: «J’ai ouvert Cescole, comprenez que j’ai fait partie des premiers élèves de l’école secondaire du village». Ses obligations scolaires achevées, il entame son apprentissage de cuisinier au Restaurant du Poisson, à Auvernier: «Depuis l’âge de douze ans j’avais cette idée en tête. Je me voyais déjà découper des petits légumes, apprêter des assiettes. Préparer 80 litres de sauce neuchâteloise tous les dimanches m’a vite fait déchanter.»

 

Au terme de sa formation, après une saison d’hiver à Montana, une patente de cafetier en poche, le jeune cuistot, accompagné de ses parents reprend l’Hôtel des Bayards: «Ma mère faisait le service, mon père s’occupait de l’administration et moi de la cuisine… On avait signé un bail de cinq ans, mais je n’ai pas tenu le coup et je suis revenu à Neuchâtel au bout d’un an et demi… alors que mes parents sont restés jusqu’au terme du bail».

 

En septembre 1979, Patrick Bersot se met aux fourneaux de «La Maison des Charmettes», une institution pour hommes qui n’avait rien d’un home médicalisé et qui était occupé par une quarantaine de vieillards: «J’étais seul à la cuisine avec des pensionnaires qui s’occupaient d’éplucher ou de couper les légumes, alors que d’autres préparaient ou débarrassaient les tables et faisaient la vaisselle. Même les médicaments étaient distribués par un résident.»
Tout change en avril 1984, avec l’ouverture du «Home des Charmettes», l’établissement médicalisé construit dans le parc de la maison de retraite: «Du jour au lendemain, ou presque, je me suis retrouvé à la tête d’une véritable équipe de cuisine, dans des locaux parfaitement équipés, et avec des budgets à tenir.»

 

L’épisode des Charmettes va durer vingt ans, ponctué par plusieurs événements marquants, dont un mariage, avec Anne, la fille du directeur du home; une expédition de six mois à travers l’Amérique du Sud; la naissance de Julie en 1995; un voyage de trois mois aux Etats-Unis; l’acquisition d’une maison à Corcelles en 1996; l’arrivée d’un deuxième enfant, Lory, en 1997; et finalement son engagement en tant que cuisinier-animateur de l’Espace des Solidarités: «Je me rappelle du jour où l’on m’a convoqué pour m’annoncer que ma candidature avait été retenue et que j’obtenais ce poste. C’était le 25 octobre 1999, je coulais une dalle dans la maison et j’ai inscrit cette date dans le béton frais.»

 

Pour conclure, Patrick Bersot revient sur son engagement professionnel: «En février 2000, je me suis lancé dans ce projet d’Espace des Solidarités. Au bout de huit ans, le concept était bien huilé. Depuis que l’Espace s’est installé dans la Maison des Associations – en juillet dernier – plein de nouveaux projets se présentent, avec de nouveaux challenges… et j’aime ça!»


Pascal Tissier

 

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