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 Alexandre Rey: la reconversion de l'ancien buteur

1/3/2010

Alexandre Rey : «Je voulais être skieur»

Avec 148 buts marqués entre 1990 et 2006, dont un tiers pour le compte de Neuchâtel Xamax, Alexandre Rey est toujours le sixième meilleur buteur de l’histoire du Championnat suisse. Aujourd’hui à la tête de Pro’Imax, la société de promotion du club neuchâtelois, l’attaquant valaisan revient sur sa glorieuse carrière, sur sa reconversion aussi. – par Pascal Tissier

Alexandre Rey

Gamin, c’est pour suivre son frère qu’Alexandre Rey intègre les juniors de Bramois (VS), puis de Sion. «Je voulais être skieur. Pendant plusieurs années j’ai alterné les entraînements de ski et de football. Mais avec le temps, les collisions entre les dates des compétitions m’ont obligé à faire un choix.»
Finalement, le jeune Alexandre Rey suit toute la filière des juniors de l’école de foot du FC Sion, jusqu’à son engagement dans la première équipe. «J’ai disputé mon premier match en LNA le jour de mes dix-huit ans, le 22 septembre 1990.»

Des débuts glorieux

Huit mois plus tard, avec ses cheveux longs, le jeune Rey fait la une des journaux et des magazines. Du jour au lendemain, il devient le héros de tout un canton, une vedette pour les Romands. «Le 20 mai 1991, Sion affrontait Young Boys au Wankdorf pour la finale de Coupe. A la mi-temps, les Bernois menaient deux à zéro. A la reprise du match, l’entraîneur m’a envoyé sur le terrain avec David Orlando et nous avons renversé le cours du match. Orlando a marqué les deux buts de l’égalisation et j’ai signé le troisième but, celui de la victoire. C’est vrai que ce match m’a propulsé sur le devant de la scène, personne n’avait imaginé que deux jeunes néophytes de 18 et 19 ans pouvaient créer un tel événement.»
La saison suivante, Sion devient Champion Suisse et, une fois encore, Alexandre Rey contribue au succès de son équipe. «On jouait la finale à la maison, contre Xamax, et l’on devait absolument gagner. Là encore, j’étais remplaçant et à peine entré sur la pelouse, j'ai marqué le 3 à 1 qui nous assurait la victoire et le titre.» 

Virée au stade Saint-Jacques

Après deux belles saisons, Alexandre Rey connaît un premier revers douloureux avec une déchirure des ligaments croisés, qui le met sur la touche pendant neuf mois. «Je n’ai disputé que onze matchs durant la saison 1992-1993». L’année suivante, le Sédunois signe encore une quinzaine de buts. «Mon contrat arrivait à son terme, et Christian Constantin avait remplacé André Luisier à la présidence du club. J’ai bien tenté de négocier, mais j’ai finalement accepté l’offre de Bâle. C’était un rêve depuis l’enfance de jouer au FC Bâle. C’était aussi l’occasion de sortir du cocon familial, d’apprendre l’allemand et d’acquérir de l’expérience. C’était un Bâle de milieu de classement, mais une équipe qui m’a fait vivre d’incroyables émotions durant deux saisons.»

Alexandre Rey

De Bâle à Genève, via Sion

En 1996, Alexandre Rey répond positivement à l’appel de Michel Decastel, qui avait repris le poste d’entraîneur au FC Sion. «Malheureusement, il s’est fait limoger deux mois après mon retour en Valais et j’ai passé à la trappe avec lui, après seulement cinq matchs. Heureusement pour moi, Servette est arrivé juste derrière… Pour un Valaisan, le club genevois fait figure d’ennemi intime, mais réussir à Servette quand on est Valaisan, c’est aussi un superbe challenge.»
L’attaquant reconnaît volontiers que les cinq saisons disputées à Genève constituent sa meilleure période de footballeur, notamment en 1999, avec deux trophées prestigieux: celui de Champion Suisse et celui de Meilleur buteur de LNA. «C’est aussi durant mon passage à Genève que je me suis marié et que j’ai vu naître ma fille.» Mais tout passe tout lasse. «Pour un attaquant, quand tu marques des buts ça va, mais quand tu es un peu moins performant, tu es vite en disgrâce.»

Etape douloureuse à Lucerne

Lorsque Lucerne prend contact avec Rey pendant la pause hivernale de Noël 2000, le Valaisan n’hésite pas. «C’était une opportunité intéressante pour moi, d’autant que toute ma famille – du coté de mon père – habite dans la région lucernoise.» Tout se passe bien les six premiers mois, mais la suite va se révéler cruelle. «Alors que j’étais en convalescence suite à une déchirure des ligaments internes du genou, la faillite du club a été prononcée. Outre le fait de perdre mon salaire, il a fallu rendre la voiture et quitter l’appartement.» Une fois encore, Alexandre Rey est contraint de rebondir. «C’était un mal pour un bien, puisque j’ai été très vite approché par Xamax.»

Alexandre Rey

Sursaut à la Maladière

«Neuchâtel est un peu un paradoxe dans ma trajectoire. Comme je suis Valaisan, ce n’est pas un club qui me faisait vraiment vibrer et pourtant c’est là que je vais jouer mes dernières saisons et plus, par affinités.» Alexandre Rey sourit lorsqu’on évoque la polémique créée par le but qu’il a marqué de la main, en novembre 2004, dans le match qui opposait Neuchâtel Xamax au Servette FC (victoire 2 à 1 des rouge et noir). «Je m’étonne que personne ne m’ait contacté au moment de l’affaire de la main de Thierry Henry. J’ai été suspendu pour trois matchs, puis blanchi. La Commission de discipline de la Swiss Football League a reconnu que mon geste n’était pas intentionnel. Ce que j’ai du mal à comprendre, dans l’affaire Henry ou la mienne, c’est pourquoi l’arbitre, agressé par plusieurs joueurs adverses qui lui signalent la faute de main, ne va pas vers le joueur concerné, pour lui demander s’il a marqué de la main. Tant qu’il n’a pas relancé le match, l’arbitre a la possibilité d’annuler le but.»

Le dernier match

Au terme de la saison 2005-2006, Xamax est en passe d’être relégué en LNB. Au cours du dernier match, face à Sion, Alexandre Rey se retrouve seul devant une cage vide et rate son tir. Suite à cette occasion, les Valaisans vont enchaîner les buts et gagner la partie… «Je suis exaspéré que l'on me resorte sans cesse cette histoire, comme si elle était le reflet de ma carrière. Je suis persuadé que si j’avais mis la balle au fond des filets, ça n’aurait pas changé le cours du jeu. Je n’ai pas peur de le dire, on était une équipe de merde, sans aucun état d’esprit, sans rien… On ne pouvait pas gagner.»
L’attaquant préfère évoquer des souvenirs plus agréables comme cette demi-finale contre Grasshoppers. «C’était en 2004, je crois, on était mené deux à zéro, on a réussi l’égalisation pour finalement remporter le match aux pénalty 10 à 9. Ça, c’était un match d’anthologie!»

Des regrets?

S’il a foulé des pelouses à l’étranger avec l’équipe suisse (18 sélections et 5 buts), Alexandre Rey n’a jamais eu l’occasion de jouer hors du pays. «J’ai failli être engagé par Schalke 04. C’était durant mon étape genevoise. Mais à l’époque, les footballeurs suisses étaient considérés comme des joueurs extra-communautaires, au même titre qu’un Africain, un Brésilien ou un Japonais… Et les clubs ne pouvaient pas en engager plus de trois. Mon transfert a finalement échoué et je regrette de ne pas avoir eu l’occasion de jouer en Bundesliga.»

 

REYCONVERSION EN QUESTION...

Alexandre Rey

Alexandre Rey est installé au troisième étage du complexe de la Maladière, dans les bureaux de Pro’Imax. Ceux-ci sont situés juste à coté du secrétariat du club et des vestiaires des rouge et noir. Pro’Imax a été créé en 2006 par l’ancien attaquant, qui en assure la direction. La mission d’Alexandre Rey est de promouvoir l'image du club, d’organiser des événements et d’entretenir les contacts avec les partenaires et les sponsors de Neuchâtel Xamax.

«J’aime bien parler de ma reconversion, c’est quelque chose qui me tient à cœur.» En 1991, avant d’intégrer l’équipe de Sion, il avait décroché son diplôme d’employé de commerce, mais sans jamais avoir bossé. «Comme la plupart des joueurs, pendant plus de quinze ans, je me suis consacré exclusivement à ma carrière de footballeur et pendant toutes ces années, j’ai été «baby-sitté» et je ne me suis occupé de rien.» Le problème, c’est que lorsqu'une carrière sportive s’arrête, si aucun projet de reconversion n'a été mis sur pied, la chute peut être brutale. «A part devenir entraîneur ou vendre des assurances, qu’est-ce que tu peux faire? Rien! Personnellement, je me suis approché d’une société spécialisée dans la reconversion de sportifs. Là, j’ai trouvé un guide, qui m’a accompagné tout au long de ma reconversion. J’avais 28 ans à l’époque, je n’ai pas attendu la fin de ma carrière.»

Quand on arrête une carrière sportive, on se retrouve face à une chaîne de montagnes à franchir, équipé uniquement de ses effets de footballeur. «Alors, dans un premier temps, il faut définir tes objectifs: quelle montagne vas-tu gravir? Celle de 4000 mètres ou celle d’à coté, moins haute? Pour le savoir, il faut évaluer tes compétences à travers un bilan, qui te permettra de t’orienter vers la bonne voie: marketing, finance, vente, etc.» Une fois le but défini, encore faut-il s’équiper du bon outillage pour atteindre le sommet choisi. «Mes instruments d'ascension ont surtout été les langues et l’informatique. Avec cet «équipement» et l’aide de mon guide, j’ai entamé la formation qui m'a permis de gravir la montagne et de planter mon drapeau au sommet.»


Il a opté pour la voie créative, en mettant le cap sur le marketing et la publicité. «J’ai effectué quelques stages en entreprise avant d’entrer dans une école de marketing où, durant trois ans, j’ai suivi des cours du soir. C’était durant la période où je jouais à Xamax.» Dans son plan de reconversion, il s’était fixé une date butoir en se disant que, quoi qu’il arrive, il raccrocherait les crampons en juin 2006. «C’est ainsi que durant mes deux dernières saisons à Neuchâtel, j’ai fait un stage dans une société de marketing où j’ai élaboré un projet, un concept de communication pour le club. J’ai présenté ce projet à Silvio Bernasconi qui a cru en moi et, en été 2006, on a créé la société Pro’Imax que je dirige aujourd’hui.» - pti

 

ALEXANDRE REY A L’ASF

Logo SFL

En novembre 2008, Alexandre Rey a été élu au sein du comité de l’Association Suisse de Football (ASF). L'ancien buteur xamaxien est – avec le Sédunois Jean-Claude Donzé – l’un des deux représentants romands parmi les neuf membres du comité de l’ASF. «C’est passionnant, d’autant que je suis dans un groupe de travail qui s’occupe des labels de formation. Il s’agit de peaufiner encore un concept qui est déjà à la pointe de la formation.» - pti

maillots

Carrière

Saison    Club             Matches     Buts
05-06      NE Xamax         21             8
04-05      NE Xamax         29             7
03-04      NE Xamax         20             9
02-03      NE Xamax         36           15
01-02      NE Xamax         14             9
01-02      Lucerne              2             0
00-01      Lucerne            14             5
00-01      Servette           20             6
99-00      Servette           31           14
98-99      Servette           33           19
97-98      Servette           33           12
96-97      Servette           15             3
96-97      Sion                   5             0
95-96      Bâle                 30           10
94-95      Bâle                 31             5
93-94      Sion                 30           15
92-93      Sion                 11             3
91-92      Sion                 24             5
90-91      Sion                 15             3
81-90      Sion (juniors)     -              -
80-81      Bramois             -              -
TOTAL                         414         148

Soulier d'or


Alexandre Rey
Alexandre Rey sur le toit du Stade de la Maladière

Alexandre Rey
Alexandre Rey dirige la société Pro'imax depuis son bureau dans le Stade de la Maladière

Alexandre Rey

Alexandre Rey

Alexandre Rey

Alexandre Rey

Alexandre Rey
Le 20 mai 1991, Alexandre Rey (alors âgé de 18 ans) fait sensation en permettant au FC Sion
de remporter la Coupe Suisse: du jour au lendemain il fait la une des médias.

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