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 Rencontre avec les physios de Neuchâtel Xamax

1/3/2010

Des physios aux doigts d’or

Marco Giovannini et Samuel Theler n’ont d’yeux que pour les muscles et la santé de leurs protégés: lors de chaque match, de chaque entraînement, l’un des deux est dans l’ombre des joueurs, prêt à intervenir en cas d’incident. Rencontre avec des soigneurs qui composent une physiothérapie à quatre mains pour les rouge et noir. – par Pascal Tissier (texte et photos)

Marco Giovannini
Marco Giovannini dispense ses soins à Ibrahima Niasse

Dans le staff qui entoure la première équipe, les physiothérapeutes sont certainement ceux qui partagent le plus de temps avec les joueurs. Que se soit Marco Giovannini ou Samuel Theler, il y a toujours un physiothérapeute à La Maladière pour chaque séance d’entraînement.
Au stade, dans une salle située près des vestiaires, Samuel range les tables de soins: «En général on est à disposition des joueurs une heure et demi avant qu’ils se rendent sur le terrain, pour des massages ou des soins. Pendant l’entraînement, on reste près d’eux et on profite de s’occuper des blessés. Quand les joueurs remontent dans les vestiaires, on est encore à leur disposition pendant une bonne heure.» Evidemment, ce planning est doublé les jours où deux séances d’entraînement sont au programme, comme lors des phases de préparation. Mais les massages avant ou après les matchs ou les entraînements ne sont pas systématiques: «chaque joueur à ses habitudes, il y a ceux que l’on voit presque tous les jours, alors que d’autres ne viennent que rarement se faire masser.»

Ambiance de vestiaire

En général Marco Giovannini est présent au stade tous les mercredi et vendredi: «Les autres jours sont assurés par Sam. En ce qui concerne les matchs, je suis présent une fois par mois, et Sam est au bord de la pelouse lors des autres rencontres à la Maladière ou à l’extérieur. Par contre, quand on a des semaines anglaises, c’est-à-dire avec deux matchs par semaine, on vient parfois les deux pour le décrassage.»
A noter que lors des camps d’entraînement, l’un des deux physios est toujours du voyage, ainsi, au début de l’année, c’est Samuel qui a suivi les joueurs à Couvet et en Espagne.
Toujours dans l’ombre de la première équipe, Marco a le verbe modeste lorsqu’il évoque l’atmosphère des coulisses: «Evidemment, l’ambiance varie selon le résultat des matchs… il y a des hauts et des bas, mais j’adore cette ambiance de vestiaire. On est dans l’intimité de l’équipe puisque l’on sait tout des joueurs. Parfois davantage que l’entraîneur ou le directeur sportif.»

Samuel Theler et Frédéric Page
Samuel Theler lors d'une séance d'assouplissement avec Frédéric Page

De l’entraîneur…

Maintenir un joueur hors de la compétition n’est pas toujours du goût de l’entraîneur, mais selon Marco les rapports avec Pierre-André Schürmann sont rarement conflictuels: «c’est parfois un peu tendu, c’est vrai. Lorsqu’on s’occupe d’un joueur blessé, on fait un petit rapport quotidien à l’entraîneur pour l’informer de l’évolution, mais sans jamais donner de prévisions sur son retour sur le terrain. Cette décision est du ressort du docteur Roland Grossen, le médecin de l’équipe.»
Samuel confirme que les physiothérapeutes sont un peu tiraillés entre les joueurs et l’entraîneur. «Mais c’est normal. Si il y a des problèmes, si un joueur ne peut pas s’entraîner, Pierre-André Schürmann veut savoir ce qui se passe. Les joueurs nous parlent beaucoup, notamment de leurs sensations, de leurs petits bobos, mais il y a une part de secret médical que l’on doit respecter. Ce n’est pas toujours évident à gérer. Mais on ne peut pas dissimuler des problèmes. Il faut juste faire la part des choses entre ce que l’on doit dire au médecin et ce que l’on peut dire à l’entraîneur. Avant chaque entraînement, on va voir l’entraîneur, on passe en revue l’état des joueurs que l’on soigne. Même chose au lendemain d’un match, avec un bilan des blessures éventuelles. On peut lui signaler qu’il faut faire attention avec tel ou tel joueur, lui conseiller d’alléger les exercices pour un joueur en particulier.»

…aux médecins

Les physiothérapeutes communiquent quotidiennement – par courriels – avec les trois médecins du club (Dr. Roland Grossen, Dr. Marco Salvi, Dr. Arnaud Widmeier) pour les tenir informé de l’évolution des blessés. «Si un joueur nous signale des douleurs ou une blessure après un entraînement, on téléphone immédiatement au médecin. Lorsqu’un incident survient, le joueur se retrouve dans le plus bref délai dans le cabinet de l’un des trois médecins. On a un rôle primordial dans le staff médical, puisque nous sommes en contact direct avec les joueurs, et en contact quasi permanent avec les entraîneurs et les médecins. C’est un vrai travail d’équipe.» Samuel ajoute que l’un des trois médecins du club est toujours présent sur le terrain lors des matchs, que ce soit à la Maladière ou à l’extérieur, «sauf à Bellinzone et à Saint-Gall, où c’est un médecin local qui est à disposition de l’équipe.»

Samuel Theler, Luca Ferro et Marco Giovannini

Une pelouse plus dure

A la question de savoir si la pelouse synthétique du stade de la Maladière induit des soins particuliers, la réponse de Samuel est nuancée: «Il semble que le terrain soit un peu plus dur. Apparemment le synthétique absorbe moins bien les foulées et les réceptions de saut. Au début, on a eu quelques problèmes de dos et on a constaté des problèmes tendineux dû, là aussi, à une absorption moindre des charges. Mais il n’y a pas eu de blessés en plus à cause du synthétique. C’est avant tout un problème d’adaptation. On le constate aussi lorsque, d’une semaine à l’autre, les joueurs alternent entre gazon et synthétique, du mou au dur, le corps doit à chaque fois s’adapter.»

Un cabinet en ville

Si Marco Giovannini et Samuel Theler sont omniprésents dans l’entourage de la première équipe, au sein de la structure de Neuchâtel Xamax, ils ont un statut d’indépendants mandatés par le club. Les physiothérapeutes ont leur propre cabinet à Neuchâtel. Comme l’explique Marco, c’est Beat Kurmann – physiothérapeute des équipes juniors de Neuchâtel Xamax et responsable des tests de force et d’endurance d’entrée pour les nouveaux joueurs – qui prit l’initiative, en 2007, de reprendre un cabinet de physiothérapie au bas de la rue des Terreaux, juste au-dessus d’un fitness. Quelques mois plus tard Marco a rejoint Beat: «au début je n’y travaillais que deux jours par semaine. Puis j’ai été contacté par Neuchâtel Xamax qui me proposait un poste à plein temps. On a alors développé la capacité du cabinet. Avant il n’y avait qu’une personne qui travaillait à 40% alors qu’aujourd’hui, deux ans et demi plus tard, on travaille à cinq. Quant au fitness, nous l’avons repris l’an dernier, après le décès de son propriétaire et nous l’avons confié à un gérant, en l’occurrence Selim Nur, un entraîneur sportif. C’est un bon complément pour nous: quand un joueur est blessé, on peut le soigner au cabinet et entreprendre sa rééducation sur les engins du fitness. En réalité, pour Neuchâtel Xamax, notre cabinet fonctionne un peu comme une petite clinique de physiothérapie.»

Pour rester au top

Samuel se charge des présentations: «Beat, Marco et moi sommes associés à la tête de «Zénith Physiothérapie», secondés par deux employées. Beat est un Suisse-allemand de la région de Walenstadt; Marco est un Tessinois, de mère allemande et de père italien; quant à moi, je suis Valaisan. Il y a aussi Ariane Jeanrichard-Hirt, qui vient de La Neuveville, et Michelle Fertek, qui est physiothérapeute dans l'équipe nationale de Snowboard (elle était aux JO de Vancouver, ndlr).
Comme l’explique Samuel, outre une formation de base de quatre ans, complétée par des modules de l’Association Suisse de Physiothérapie du Sport, les physiothérapeutes du cabinet ne cessent de se perfectionner: «pour rester à jour au niveau de la profession en constante évolution, nous devons obligatoirement suivre des cours de formation continue spécifiques, à raison d’au moins six jours par année.»

Un autre «touché»

Alterner le travail entre le cabinet et la Maladière, en faisant équipe à deux est une excellente chose selon Samuel: «Au cabinet, ce sont des personnes de tous horizons, des enfants, des adultes ou des personnes âgées, affectés plus ou moins dans leurs activités quotidiennes. C’est un travail très varié, qui implique d’adapter les soins à chaque patient. Avec les footballeurs, c’est avant tout un travail d’entretien, musculaire ou articulaire, ainsi qu’une approche préventive. En les suivant et en les écoutant quotidiennement, on peut parfois anticiper un problème. C’est un autre «touché», une autre approche liée avant tout à la compétition. C’est presque un paradoxe… au cabinet on soigne souvent les patients en les ménageant, alors qu’on soigne les footballeurs en flirtant avec les limites pour les pousser dans la performance, toujours en respectant avant tout la santé du joueur. »

Beat Kurmann, Samuel Theler, Marco Giovannini et Arianne Jeanrichard-Hirt
Beat Kurmann, Samuel Theler, Marco Giovannini et Arianne Jeanrichard-Hirt

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Sur la pelouse de La Maladière, Samuel Theler s'occupe d'Ibrahima Niasse...

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...avec massage personnalisé en prime

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Au "SalonSport", à Neuchâtel, c'est Selim Nur, le responsable du fitness, qui surveille les exercices d'Ibrahima Niasse

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Dans les vestiaires des rouge et noir, après une séance de massage, Ibrahima Niasse fait du vélo

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Samuel Theler

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