Philippe Perret un bail de 20 ans avec Xamax » Blog de PasTis

 Philippe Perret un bail de 20 ans avec Xamax

1/2/2010

"Petchon" l'inégalable

Avec plus de 500 matchs joués en LNA sous la bannière rouge et noire et deux piges d'entraîneur-assistant, Philippe Perret a vécu de l'intérieur plus de la moitié de l'histoire de Neuchâtel Xamax. Morceaux choisis d'un bail inégalable. - par Oncle Xam (photos Pascal Tissier)

Philippe Perret XA'mag

«Mes parents tenaient la fromagerie de La Sagne, sept jours sur sept. Très vite, j'ai su que ce qu'ils faisaient, ce n'était pas pour moi. A l'âge de cinq ou six ans, je leur ai dit que je serais maçon-footballeur, et à 16 ans j'ai débuté un apprentissage... de maçon à La Chaux-de-Fonds. Après une année de formation, Gilbert Facchinetti m'a proposé de rejoindre Neuchâtel Xamax et de terminer mon apprentissage à Neuchâtel.» Il l'a terminé en jouant cinq et six matchs lors des saisons 1978-1979 et 1979-1980. «Au début, j'ai habité chez les Facchinetti à St-Blaise. Gilbert m'a traité comme son propre fils.»

«Baptisé» par Rub et Decastel
Célèbre, notre numéro six ne l'a pas toujours été. S'il a marqué en coupe Anker et en coupe Suisse dès son arrivée, c'est aussi parce qu'il a débuté comme centre avant et ailier. «Mais la saison d'après, Jean-Marc Guillou m'a repositionné en milieu défensif, ce qui me correspondait mieux.» Quid de son célèbre surnom «Petchon»? «Lorsque j'ai rejoint l'équipe, il y avait une minorité de Romands. J'ai été très bien accueilli par des joueurs comme Richard, Rub et Decastel. Ces deux derniers m'ont appelé d'emblée «Petchon», c'est un surnom habituel pour «Perret». On ne m'avait jamais appelé ainsi avant. Depuis lors, c'est resté..»

L'appel de l'Europe... et de la Nati
1981-1982, première saison européenne du club: «Pour notre premier match, contre le Sparta Prague qui était une équipe renommée à l'époque, nous étions sûrs que nous allions nous faire bouffer tout crus. Nous sommes arrivés à la Maladière où le public avait répondu présent, avec 12'750 spectateurs. Nous avons livré un match exceptionnel en leur passant quatre buts. C'était le début d'une folle aventure européenne.» Le Sparta, Malmö FF, Sporting Lisbonne et, en quarts de finale, le SV Hambourg: «C'est un souvenir un peu triste parce qu'il nous a manqué un rien pour nous qualifier. Au match aller, à Hambourg, Don Givens donnait le tournis à Beckenbauer. Nous menions 2 à 1. Il y avait eu un penalty non-sifflé pour une faute sur ma personne. Malgré tout, en fin de rencontre, Hambourg a pu renverser la vapeur et gagner 3 à 2. Au match retour, Robert Lüthi a ajusté sur la latte, mais le score es est resté à 0-0.»
S'en suivirent plusieurs saisons inégales pour Neuchâtel Xamax. Mais il faudra en retenir que, le 7 septembre 1983, Paul Wolfisberg sélectionne une première fois Philippe Perret pour un certain Suisse-Tchécoslovaquie à... la Maladière. «C'est un souvenir fantastique. Le match, mauvais, végétait à 0-0. Au fil du match, le public s'est mis à réclamer mon entrée sur le terrain. J'ai pu jouer la fin du match et j'ai même eu une occasion. La qualité du match mise à part, cette entrée sur la pelouse représentait une avancée dans ma progression. J'ai très vite aligné les parties.» Au total, il a joué quatorze matchs sous le maillot rouge à croix blanche. Certaines de ces rencontres furent mémorables. Il retiendra tout particulièrement ces quarante-cinq minutes jouées contre l'Argentine, où évoluait un certain Maradonna.

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Un Gress toujours intraitable
La saison 1985-1986 fut une saison-clé à plusieurs titres. Les rouge et noir cèdent leur premier titre à Young Boys pour deux petits points, et la campagne européenne débute face au Studentesc Bucarest «où évoluait un joyau nommé Hagi. Gress m'avait assigné la tâche de le marquer à la culotte. Nous avions à nouveau fait un grand match à domicile, en gagnant 3 à 0. Au match retour nous avons commencé par gagner 2 à 1, puis nous avons rapidement été menés 4 à 3. Après l'égalisation à 4 à 4, le match était bouclé. A dix minutes de la fin, j'ai pris l'initiative de monter en contre. Gress a bondi et hurlé le long de la ligne de touche. J'ai stoppé mon action et balancé le ballon. A la fin du match, j'aurais dû fêter la qualification, mais je faisais la gueule pour cette remarque anodine.» «Pétard» qui n'a pas duré longtemps, puisqu'au tour suivant, l'adversaire est le Lokomotiv Sofia. Le match, en Bulgarie, en est à 1-1-, quand Perret, d'un plat du pied, inscrit son premier but européen. Au vu du score de 0-0 au match retour, ce goal est celui de la qualification. S'en suit la confrontation à Dundee United puis, en quart de finale, au Real Madrid. «Les anecdotes sur cette rencontre sont nombreuses. Stielike a été accueilli en star dès sa descente d'avion, faisant ainsi de l'ombre à Gilbert Gress. L'arbitre a été aperçu en plein «shopping sponsorisé» en ville. Et surtout, le match a eu lieu devant 100'000 spectateurs. N'importe quel joueur de Ligue A aurait payé cher pour pouvoir jouer régulièrement dans de telles enceintes.»

Dernier match à la Maladière
Enfin, viennent les deux titres, tant convoités. Les soirées dans une Maladière comble. «Un sportif de haut niveau travaille pour vivre ces émotions, et aussi pour se construire une carte de visite. Avec ces titres, les matchs en équipe nationale et les cinquante 50 matchs de coupe d'Europe, j'ai été comblé. Les années 1990 ont été plus difficiles. Pour les finances du club notamment. Mais de jolis exploits ont été réalisés.»
Son dernier match à la Maladière est une rencontre «pour beurre» face à Lugano. On lui offre de tirer un penalty: «Je m'élance et je glisse, c'est peut-être ça qui a pris le gardien à contre-pied.» Victoire 3 à 1.

Pour l'anecdote - un mythe écorné
Vingt saisons, une fidélité indéfectible? En fin de compte oui, mais il s'en est fallu d'un douloureux rien. «A deux reprises j'aurais pu rejoindre Jean-Marc Guillou, d'abord à Mulhouse. Puis en 1986, alors que tout le monde voulait aller à Servette, je devais signer mon contrat à Genève le jeudi. Mais le soir d'avant, le mercredi 9 avril 1986, lors d'un Suisse-Allemagne, je me fais casser la jambe. Parfois, le destin perturbe nos plans, et Xamax m'a montré un soutien très fort et tout-de-suite proposé un nouveau contrat longue durée, et je n'ai rien regretté.»
La suite de son parcours est encore ouverte, on connaît ses bons résultats à la tête de La Chaux-de-Fonds et Bienne. Son métier n'est pas le fruit du hasard: «Je m'étais préparé depuis longtemps à devenir entraîneur, je voulais découvrir cet autre aspect du football. Vous savez, treize saisons avec Gilbert Gress, ça marque...» L'homme est prolixe et revient avec passion et une grande sympathie sur son parcours. Ne nous reste plus qu'à lui souhaiter un avenir à la hauteur de son vécu.

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BONUS: Photos extraites de la collection de Philippe Peret

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