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 Rencontre avec Frédéric Page, défenseur du Xamax

2/2/2010

Frédéric, un père à la page

Depuis juin dernier, Frédéric Page dirige avec brio la défense des rouge et noir... Tout en assumant, en parallèle, son rôle de père de famille. D’une manière très conviviale, le 24 xamaxien profite d’une matinée de repos pour se confier, avec beaucoup de naturel, sur son parcours et sur son couple... - par Pascal Tissier (texte et photos)

Frédéric Page
Frédéric Page

Après leur séjour «enneigé» au Centre sportif de Couvet, les rouge et noir retrouvent la Maladière pour une semaine, histoire de se remettre en jambes avant leur camp de préparation, en Espagne. Pas d’entraînement matinal à la veille du match amical face au FC Bienne: Frédéric Page en profite pour se rendre, avec son fils Mathéo (3 ans), au centre Zénith Physiothérapie, à Neuchâtel, là où il retrouve les soigneurs du Xamax. «En faisant du ski de fond et de la raquette à Couvet, nous avons mis à rude épreuve certains muscles moins sollicités au foot.» Pendant que son père est «manipulé» par Samuel Theler, l’un des deux physiothérapeutes du club, Mathéo explore la salle d’exercices et teste l’aspect ludique de chaque objet, des tapis en mousse aux haltères, en passant par les trampolines. Au terme de sa séance de soins, Frédéric Page éclate de rire en découvrant la «salle de jeux» de son fils: «Bon, eh bien maintenant, il faut remettre chaque chose à sa place!» En quelques minutes, chaque accessoire a retrouvé son emplacement initial, puis, avec beaucoup de douceur, le footballeur chausse son garçon, l’aide à enfiler sa veste et son bonnet. Père très attentionné, c’est en français que Frédéric Page parle à Mathéo. L’enfant lui répond le plus souvent en allemand, même s’il est parfaitement bilingue.

Des origines romandes
Dans les rues de Neuchâtel, avec son garçon sur les épaules, Frédéric Page évoque ses origines romandes: «Mon père a grandi à Vevey et ma mère est bernoise. Ils se sont rencontrés en Suisse romande. Mes parents se sont installés à Seon, près d’Aarau, pour des raisons pratiques, mon père étant représentant pour une firme américaine installée à Zoug. Aujourd’hui, ils vivent à Charmey».

Le foot dès l'âge de cinq ans
A l’entendre, Frédéric Page avait cinq ans lorsqu’il a intégré le club de foot de son village avec des copains de l’école enfantine: «Peut-être parce que mon grand frère (de quatre ans son aîné, ndlr) était déjà au club. A l’époque, c’était juste pour m’amuser et faire du sport… Je n’avais pas conscience que je pourrais un jour devenir professionnel. Et puis, à douze ans, toujours dans les pas de mon frère, j’ai passé les tests qui m’ont permis de rejoindre le club d’Aarau. Plus tard, alors qu’il évoluait avec l’équipe espoir, mon frère a tout plaqué pour se concentrer sur ses études universitaires».

Junior dans l'équipe nationale
Junior à Aarau, junior dans l’équipe nationale et apprenant en dehors des terrains, Frédéric Page n’a pas eu une adolescence vraiment  simple. «J’ai effectué mon apprentissage d’employé de commerce dans une fiduciaire, alors que j’étais sous contrat au FC Aarau. Depuis l’âge de seize ans, j’ai honoré conjointement les entraînements de la première équipe locale et ceux de l’équipe nationale, tout en suivant mes cours. C’était vraiment compliqué parfois, mais mes parents exigeaient que je termine ma formation avant tout.»

Avec tous les Xamaxiens au resto
A midi, son garçon dans les bras, Frédéric Page retrouve Sybille, sa femme, et Lia, leur fille née il y a moins de trois mois. Dans la salle à manger du restaurant La Gondola, toute la famille s’installe à une table voisine de celle réservée aux Xamaxiens. Au fur et à mesure de leur arrivée, les joueurs viennent saluer «les» Page. Défilent Selver Hodzic, Guillaume Faivre, Mario Gavranovic, Julio Hernan Rossi ou Raphaël Nuzzolo, pour ne citer qu’eux.
A la question de savoir si le mélange des nationalités, des cultures ou des langues pose des problèmes de communication entre les joueurs, Frédéric Page s’étonne. «Non, non! Nous discutons en français, parfois en anglais, mais nous arrivons toujours à créer des liens. C’est important pour l’ambiance… Il suffit de voir les joueurs rassemblés, ici, tous les midis. En général, nous sommes toujours une quinzaine à la même table… Et les gars parlent entre eux et rigolent souvent. Ce qui est important, c’est que toute l’équipe avance dans le même sens et soit soudée sur le terrain.»

Quatre ans en Allemagne
Jaecky Halimi, le patron de la Gondola, vient prendre la commande. Toute la famille prend le steak proposé au menu, mais à chacun son accompagnement: du riz pour Sybille, des frites pour Mathéo et des pâtes pour Frédéric. A voir la complicité qui anime mari et femme, le couple nage dans le bonheur. «J’ai rencontré Sybille durant mon apprentissage… Dans le train que nous prenions quotidiennement pour Aarau: moi, pour mon travail, elle, pour ses cours. Le plus dur, c’est qu’elle a terminé ses études au moment où je partais en Allemagne pour intégrer Union Berlin* (2003-2004, ndlr). Elle m’a rejoint l’année suivante, lorsque je suis allé à Nuremberg pour rejoindre Greuther Fürth* (2004-2006, ndlr). Elle m’a aussi accompagné en Bavière, lorsque j’ai été engagé par Unterhaching* (2006-2007, ndlr).» Entre-temps, Frédéric et Sybille se sont mariés à Nuremberg. «C’était en 2005, lors d'un mariage civil en comité très restreint.» Dans un éclat de rire, Sybille ajoute qu’ils ont quand même fait la fête avec leurs amis, «mais plus tard, à Berlin»… Quelques mois après, le jeune couple accueille Mathéo, né à Munich en octobre 2006.

De Aarau à Neuchâtel
Quand on lui demande pourquoi, après quatre saisons outre-Rhin, et un come-back de deux ans dans «son» club argovien, on le retrouve sur le littoral neuchâtelois, le défenseur xamaxien ne botte pas en touche. «Je pensais pouvoir m’installer définitivement à Aarau, jouer encore quelques années et, pourquoi pas, devenir entraîneur, là où j’ai fait toutes mes classes de junior. Il en avait été question lorsque je suis rentré d’Allemagne, mais subitement le club a tout bloqué. A l’époque, avec Sybille, nous cherchions même à acheter une maison. Entre-temps, j’ai été approché par Xamax. Le club neuchâtelois m’offrait un poste pour trois ans minimum, avec à la clef un projet pour monter une jeune équipe et la possibilité de découvrir la Romandie. Nous ne regrettons pas d’avoir accepté cette proposition.» 

Toute la famille Page à Cudrefin
Pendant que Mathéo déguste une glace et que Sybille nourrit discrètement la petite Lia, Frédéric Page explique pourquoi il a élu domicile à Cudrefin, de l’autre côté du lac: «Il a fallu faire vite et il n’y avait rien de disponible à Neuchâtel. Lors de mon transfert à Neuchâtel, je suis resté un mois à l’hôtel. A l’époque, Sybille était enceinte de Lia… Nous ne trouvions rien pour quatre personnes et nous préférions le lac à la montagne. Finalement, grâce à l’aide du club, nous avons découvert ce logement à Cudrefin… Je ne savais même pas où c’était. Lorsque nous sommes allés visiter cet appartement l’été dernier, il faisait au moins trente degrés, nous nous croyions en Italie… Nous sommes tombés sous le charme de ce village, de sa plage et du lac. C’est exactement ce que nous voulions pour nous et nos enfants». 

Footballeur jusqu’à 40 ans?
La table voisine se vide, il y a entraînement cet après-midi. Frédéric Page prend encore le temps d’aborder son avenir: «Sybille est institutrice de formation. Lorsque nous étions à Aarau, elle faisait des remplacements. Depuis que nous sommes arrivés dans la région, il y a eu la naissance de Lia. Alors pour l’instant, elle s’occupe des enfants… Si un jour je dois arrêter le foot, c’est moi qui resterai à la maison et elle ira travailler… Mais elle ne veut pas!»
Sybille a bien compris la boutade, mais elle a son avis sur la question: «Moi, je pense que chacun de nous pourrait travailler à mi-temps».
Plus sérieusement, le Xamaxien poursuit: «Je suis content d’avoir un diplôme en poche. Lorsque je devrai ranger définitivement mes crampons, c’est évidemment dans le milieu du football que j’envisage de me reconvertir. Mais à ce jour, je n’envisage pas de m’arrêter. Il y a ce chiffre fatidique de 35 ans, mais on connaît des joueurs, comme Maldini, qui ont joué jusqu’à 40 ans. Pour l’instant, je n’ai que 31 ans, je suis bien dans ma tête, je me sens bien physiquement...»

Frédéric Page sur internet
La journée n’est pas terminée pour Frédéric Page, elle se poursuit à la Maladière avec, au programme, une séance photos pour la couverture du magazine que vous avez entre les mains et une longue séance d’entraînement avec tous ses coéquipiers. Et, dans la soirée, le Xamaxien envisage encore de mettre à jour son site internet (www.fredericpage.com).

* Des équipes de la deuxième Bundesliga

 

Frédéric Page

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Séance photo à la Maladière: face à Frédéric Page, David Baumann veut exploiter la perspective d'un couloir

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David Baumann cherche la meilleure pose: bras croisés ou pas?

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Frédéric Page à la pose dans les couloirs du stade de la Maladière

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Frédéric Page visionne les photos prises par le photographe David Baumann

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La photo – signée David Baumann – choisie pour la couverture du troisième numéro de XA'mag

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Le défenseur xamaxien aux petits soins de Samuel Theler, l'un des deux physiothérapeutes de l'équipe

Frédéric Page
Frédéric Page, en chair et en muscles, chez le physio...

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Le petit Mathéo Page (3 ans) accompagne parfois son papa chez le physio

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Pour Mathéo le cabinet des physio est un superbe terrain de jeux... mais son père prend certaines précautions.

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Après le passage chez le physio, balade jusqu'au restaurant pour rejoindre le reste de la famille

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Au restaurant La Gondola, à Neuchâtel: Mathéo, Frédéric, Lia et Sybille Page (avec Luca Ferro en arrière-plan)

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Au restaurant La Gondola, à Neuchâtel: Mathéo, Frédéric, Lia et Sybille Page (avec Luca Ferro en arrière-plan)

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Les enfants: Mathéo et Lia

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Les enfants: Mathéo et Lia

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Frédéric Page lors du camp d'entraînement au Centre sportif de Couvet

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Frédéric Page lors du camp d'entraînement au Centre sportif de Couvet

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Frédéric Page découvre le deuxième numéro de XA'mag

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Séance d'entraînement sur un terrain fraîchement déneigé... Frédéric Page, Luca Ferro et Laurent Walthert

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Echange cordial entre Frédéric Page et Luca Ferro

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Frédéric Page et Ideye Brown (en jaune) peu avant le début de l'entraînement

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Invisible sur cette photo de Frédéric Page: le froid glacial qui règne sur la Maladière

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