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 Les souvenirs de Jean-Robert Rub

1/1/2010

Oncle Xam

Jean-Robert Rub l'as des buteurs

Avec 67 buts marqués en 157 rencontres de championnat, Jean-Robert Rub a joué un rôle-clé dans le Neuchâtel Xamax des années 1970. Aux Bayards, dans le Vallon qui l'a vu naître en 1951, modeste, lucide et heureux,  il nous a raconté sa trajectoire. - Par Oncle Xam / Photos Pascal Tissier

Jean-Robert Rub

Jean-Robert Rub débute tard le football dans l'équipe de son village natal, Fleurier. Il a déjà 14 ans. Mais c'est par contre très rapidement que les dirigeants xamaxiens de l'époque le remarquent.  Au point qu'en l'espace de deux mois à peine,  il arrive à Neuchâtel. Comme il le dit lui-même, c'est un «petit miracle». Il joue un certain temps avec les Inter A, et en septembre 1969, le destin frappe à sa porte. «La première équipe du FC Xamax, alors en Lnb, s'en allait jouer à La Chaux-de-Fonds (Lna) dans le cadre des 16e de finales de la Coupe de Suisse. Un remplaçant étant blessé, j'ai pu d'abord être du voyage. Ensuite, j'ai pu rentrer sur le terrain et j'ai marqué deux buts. Ce jour-là, nous avons gagné le match 5 à 3. Depuis lors, je n'ai plus quitté la première équipe.»

Un but marqué à pied nu
Quelque mois plus tard, le club devient Neuchâtel Xamax. Après une première saison d'apprentissage, Rub est couronné meilleur buteur de Lnb, coup sur coup, en 1971-72 et en 1972-73. Le 18 août 1973, a lieu le premier match de Lna de l'histoire du club. L'équipe perd 3 à 2, à Zurich, face aux Grasshoppers. Mais Rub, lui, inscrit son nom dans l'histoire, en signant le premier goal xamaxien à ce niveau. «Je me souviens bien de ce but, qui n'aurait pas dû compter normalement. On m'avait arraché le soulier au milieu du terrain, mais j'avais continué à jouer et marqué ce but à pied nu. L'arbitre ne s'en était pas aperçu.»

L'histoire d'un transfert avorté
On n'aligne pas les succès sans susciter de l'intérêt, comme par exemple celui du sélectionneur national. « J'ai été sélectionné à deux reprises. La deuxième fois fut lors du tout dernier match qualificatif pour la Coupe du monde 1974. La rencontre s'était conclue sur un échec, en Turquie, à Izmir, par 2 à 0. Moi j'étais resté sur le banc.» Et la première fois? «Ce fut à l'occasion d'un match amical contre la Grèce, juste une semaine avant. Nous venions d'atterrir et... ce fut le grabuge, à cause de la fameuse «dictature des colonels». Le match avait été annulé, nous étions repartis illico.» Deux matchs et basta, vraiment? Il raconte alors l'histoire d'une autre convoitise et d'une rancoeur... «A l'origine, il était prévu que je sois transféré à Grasshopper, en été 1974. Avant de m'y établir, je devais juste retourner à Zurich pour signer le contrat. Seulement voilà, mes interlocuteurs - majoritairement des colonels et des majors à l'armée - m'avaient renvoyé une image peu réjouissante de la vie qui m'attendait là-bas. Tout était organisé sans que l'on ne m'eût demandé mon avis. La semaine suivante, j'en concluais qu'il était inutile de déménager sur les bords de la Limmat pour rentrer deux semaines plus tard. Alors j'ai renoncé à partir. Après la campagne pour le Mondial 74, le nouvel entraîneur national s'appelait René Hüssy, en provenance directe de... Grasshopper, un enfant du club. Ainsi s'achevait ma carrière internationale.»

Jean-Robert Rub

Etape au bord du Léman
Exit donc GC! Et c'est le chemin vers Lausanne qu'il suivit, dans le cadre d'un échange avec Walter Müller qui, lui, fit la route inverse. «Cela s'est fait très naturellement, d'entente entre les dirigeants xamaxiens, lausannois et moi-même. Je me suis arrangé pour trouver un job à mi-temps dans un magasin de sports.» Pourquoi donc ce besoin d'un emploi? «A l'époque, nous n'avions pas le droit d'être des professionnels. Un règlement du football suisse édictait, qu'à l'exception des étrangers, tous les joueurs devaient avoir un travail à côté du football...»

Avec Gress joueur-entraîneur
Jean-Robert Rub est resté deux années à Lausanne-Sports, puis il a rejoint à nouveau les "rouge et noir" pour la saison 1976-77. Gilbert Gress y était entraîneur-joueur. «Gress était un très bon joueur, intelligent sur le terrain, et il savait mener ses troupes. Il donnait des consignes strictes. C'était le début d'un nouveau football, plus organisé, mais aussi plus calculateur. Auparavant, les équipes entraient sur le terrain pour gagner. Alors qu'à partir de ce moment-là nous rentrions sur le terrain avec un autre objectif, déconcertant à mes yeux: ne pas encaisser de but. Et s'il y avait une ouverture, nous pouvions essayer de gagner. Cette stratégie n'était pas forcément pour me plaire. Même si, je dois dire, nous finissions par marquer des points. En fin de compte, j'ai eu beaucoup de plaisir à jouer sous la direction de Gress. Car il était très honnête dans son rôle d'entraîneur-joueur. S'il ne se sentait pas apte, il ne jouait pas.»

Jean-Robert Rub

Un carton rouge "Suspendu"
En janvier 1977, les xamaxiens eurent droit à un camp de préparation des plus exotiques, en Indonésie. «Nous avons effectué une tournée à travers le pays et joué tous les un ou deux jours, soit face à l'équipe nationale de là-bas, soit face aux équipes locales des principales villes du pays, à savoir face à celles de Jakarta, Medan, Surabaya, Padang...» Et surtout il y a eu ce match ahurissant: «C'était à Jakarta, contre l'équipe nationale d'Indonésie, je crois. Le stade était bondé et le match était vraiment très physique. Les joueurs adverses nous venaient dessus d'une manière nettement plus dure que le sport ne l'admettait. Peu avant la mi-temps, j'ai été expulsé. Franchement, je ne me rappelle plus exactement dans quelles circonstances. Ecoeurés par cette décision, les dirigeants du club ont fait savoir à l'arbitre que s'il ne me laissait pas continuer de jouer, ils arrêteraient le match. La pause s'est prolongée jusqu'au moment où le colonel de l'armée indonésienne, qui nous accompagnait dans cette tournée, s'est approché des dirigeants de mon club. Il leur a confié que s'ils faisaient arrêter le match, nous courions tous le risque de voir se soulever une émeute. Il fallait donc à tout prix que le match reprenne. Combien de footballeurs peuvent se "vanter" d'avoir pu reprendre un match avec un carton rouge à leur passif?

Des souvenirs plein la tête
Ses meilleurs souvenirs? «Justement les déplacements liés au football. En Thaïlande, puis à Haïti, au Brésil, en Arabie Saoudite, au Koweit. Ce fut une époque très sympa.» Fin janvier 1980, une grosse blessure à une jambe, a mis abruptement fin à sa carrière. Aujourd'hui, Jean-Robert Rub oeuvre comme employé communal au Val-de-Travers et garde un magnifique souvenir de son fabuleux passé de footballeur.

Jean-Robert Rub

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