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 Bernard Python, le photographe de Xamax

1/1/2010


Neuchâtel Xamax dans l’œil d’un Python

Cela fait plus de dix ans que Bernard Python suit l’équipe de Neuchâtel Xamax. Sur tous les matchs et tous les événements organisés en marge de la compétition, l’œil soudé au viseur de son «Canon», il mitraille sans retenue et tire le portrait de tous les rouge et noir. Auteur de centaines de milliers de photos, le photographe officiel des xamaxiens se raconte. - par Pascal Tissier

Bernard Python

«Il y a eu de grands moments du temps du duo des Gilbert, Facchinetti et Gress. La période sous la direction d’Alain Pedretti a certainement été la plus dure. On nageait dans l’inconnu. Pour moi, les meilleurs moments, professionnellement parlant, datent des saisons conduites par Gérad Castella… Une époque magnifique, pleine d’émotions, durant laquelle on a vu l’équipe décrocher une coupe pour monter en Axpo Super League ou prendre possession du nouveau stade de la Maladière.»

Au gré des entraîneurs

Le photographe a côtoyé tous les «chefs d’orchestre» de la première équipe et, à l’entendre, il les a tous appréciés: «Je garde d’excellents souvenirs avec Claude Ryf, Alain Geiger, ou Miroslav Blazevic qui fumait cigarette sur cigarette. Chaque entraîneur génère une ambiance différente et impose son style et ses règles. J’ai dû m’adapter à chacun d’eux, comme aujourd’hui avec Pierre-André Schurmann.»

Les joueurs exposés

Durant plus d’une décennie, il a également vu passer des dizaines de joueurs: «Avec la majorité, le contact est facile et des liens amicaux se sont noués. Je ne m’occupe pas de ce qui se passe entre les footballeurs et le club, je fais connaissance avec eux au bord du terrain, dans les vestiaires ou au resto. Dans l’équipe actuelle, je m’entends très bien avec Nuzzolo, Ferro, Besle et d’autres.» Depuis quelques années, Bernard Python accroche ses plus belles photos de Xamax sur les murs de la Gondola, à Neuchâtel, là où la plupart des joueurs vont manger à midi: «C’est une exposition permanente que je modifie en fonction des départs et des arrivées. Pour l’anecdote, Stéphane Besle m’a dit un jour qu’il se trouvait moche sur mes photos, qu’il avait toujours la langue dehors… Mais est-ce ma faute s’il se lèche toujours les lèvres quand il produit un effort.»

Bernard Python
Mai 2007: heureuse de retrouver la Super League, l'équipe menée par Gérard Castella pose spécialement pour Bernard Python

Un parcours atypique

Né à Delémont, il a 56 ans. Bien que portant un patronyme de souche fribourgeoise, Bernard Python a passé toute son enfance à Bienne. Au terme de ses classes, il entre chez Tornos, à Moutier, où il suit une formation de dessinateur en mécanique avant de s’exiler en France: «Amateur de plongée, j’ai voulu joindre l’utile à l’agréable en entrant dans une école d’ingénieurs en hydraulique à Marseille. Mon projet d’études consistait à développer des éléments d’étanchéité pour des appareils téléguidés sous-marins, comme des caméras ou des appareils photo. C’est comme ça que j’ai été amené à suivre une initiation à la photographie. Quand je suis revenu en Suisse, six ans plus tard, j’ai travaillé pour des sociétés d’inspection de barrages, un job qui nécessitait de prendre énormément de photos».

La rencontre improbable

Quand il s’installe à Neuchâtel, Bernard Python réalise des reportages photo ou des suivis de chantiers pour des entreprises ou autres bureaux d’ingénieurs: «C’est justement lors d’un shooting sur un chantier que j’ai rencontré Gilbert Facchinetti. Il m’a abordé et m’a proposé de le suivre à la Maladière pour faire quelques portraits de Gilbert Gress. C’était au cours de la saison 1997-1998, la dernière à Xamax pour Gress. C’est suite à cette rencontre imprévue, pour ne pas dire improbable, que j’ai entamé ma collaboration avec les rouge et noir.»

Pour une image soignée

Dans la structure actuelle du club, le photographe est en relation directe avec Pro’imax, le département responsable de la communication, du marketing et de l’image de Neuchâtel Xamax. «Depuis la mise en place de cette organisation, tout s’est professionnalisé et les dirigeants sont beaucoup plus attentifs à la qualité des documents. Maintenant, mes photos sont sélectionnées et transmises à Inox, l’agence de communication qui a créé le design du site internet, qui élabore les publicités du club et l’Info’max, le petit magazine distribué lors des matchs à domicile.»

Bernard Python
Mai 2007: dans les vestiaires, après leur victoire sur Lugano, Pascal Zuberbühler, Florent Delay et Laurent Walther
laisse éclater leur joie... évidemment Bernard Python était là...

Mille photos par match

Pour Bernard Python, la photo est comme une partie de pêche: il faut être calme, patient, bien choisir son coin et attendre, parfois très longtemps avant d’appuyer sur le déclencheur. Pour chaque match il a toujours avec lui ses deux boîtiers reflex Canon EOS Mark IIN munis d’objectif de 200 et de 400 mm. «En général je prends près de mille photos. J’essaie toujours de devancer l’action, d’anticiper ce qui va se passer. Et puis, à chaque match, je change d’emplacement, histoire de ne pas avoir le même cadrage, le même fond sur toutes les photos. Je veille aussi à ce que le public soit présent, même si souvent il est flou derrière les joueurs. Si une partie des tribunes est inoccupée, un fond de sièges rouges ne sera pas du plus bel effet avec le maillot sanguin des joueurs.»

Xamax, sinon rien !

Dans son nouvel atelier aménagé à Cortaillod, Bernard Python insiste sur le fait qu’il ne pourrait pas suivre un autre club: «Il est évident que mon travail pour Xamax – qui représente plus d’un tiers de mon activité – a été le chausse-pied qui m’a permis de m’installer et de devenir photographe professionnel. Mais aujourd’hui, je ne pourrais pas faire ce boulot pour une autre équipe. J’ai vécu les bonheurs, mais aussi les malheurs du club, parfois ceux de joueurs. Ce n’est pas évident d’être le témoin d’un moment triste ou douloureux, même si je reste caché derrière l’objectif. Mais je crois que c’est aussi ça qui m’attache à ce club. Je vis avec lui, à travers lui, des émotions rares».

Pascal Tissier

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