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 Les confidences de Raphaël Nuzzolo

1/1/2010

Interview

Raphaël Nuzzolo face au public

Il n’est pas le plus vieux de l’équipe, mais à 26 ans ans, Raphaël Nuzzolo est bel et bien le plus ancien joueur de Neuchâtel Xamax. Repéré en 2001 par Alain Geiger, titularisé par Miroslav Blazevic, «Nuz» a largement contribué à la promotion de son équipe en Axpo Super League, lors de la saison 2005-2006. Très gentiment, le milieu de terrain xamaxien s’est prêté au jeu de l’interview en répondant aux questions posées par quelques inconditionnels des rouge et noir. - par Pascal Tissier

Raphaël Nuzzolo

Questions de Charly, facteur, supporter depuis 35 ans et stadier bénévole depuis plus de vingt ans.

• Lorsque vous étiez enfant, est-ce votre père ou une personne de votre famille qui a éveillé en vous la passion du ballon?
- Oui, probablement, puisque toute ma famille est passionnée de football. J’ai quatorze et quinze ans de moins que mes deux frères et, quand j’étais gamin, j’allais voir tous leurs matchs, quand ils jouaient en première ligue, ou en ligue B. Mon père jouait aussi... A l’époque, j’avais toujours un ballon pour jouer au bord du terrain.

• A quel moment, à quel âge, avez-vous décidé de devenir footballeur professionnel?
- En fait, ce n’est pas une décision que l’on prend comme ça un jour. Pour ma part, ce sont les circonstances qui m’ont amené à devenir professionnel. A 18 ans, je jouais en première ligue à Bienne et j’ai eu la chance d’être repéré par Alain Geiger qui m’a proposé d’entrer à Xamax. C’est comme ça que j’ai été amené à signer mon premier contrat professionnel. Quand je suis arrivé à Neuchâtel, je jouais avec les Espoirs, mais je m’entraînais tous les jours avec la première équipe, aux côtés des joueurs que j’admirais à la télévision. C’est là que j’ai pris conscience que j’avais franchi un cap.

Raphaël Nuzzolo

• Quand vous voyez Steve Von Bergen, avec qui vous avez joué à Xamax, faire une belle carrière en Allemagne et en équipe suisse, est-ce qu’il vous arrive de vous demander «Pourquoi pas moi?»
- C’est marrant que vous me posiez cette question, car Steve est l’un de mes meilleurs amis. On se téléphone souvent. Dans le foot, tout peut aller très vite. Steve a fait de bonnes saisons à Xamax, puis à Zurich et puis il a eu l’opportunité de partir à l’étranger. Je suis vraiment très content pour lui, sans aucun sentiment de jalousie. Personnellement, je suis très heureux de ma situation et je ne me pose pas trop de questions. Si une offre devait arriver, je l’étudierais, mais ce n’est pas vraiment un objectif que je me fixe dans le temps. Si ça vient, on verra…

• Et l’équipe suisse, vous y pensez?
- L’équipe nationale, c’est un peu comme pour l’étranger. Ce n’est pas évident d’être convoqué lorsque l’on joue dans un – entre guillemets – petit club comme Xamax. Il y a très longtemps qu’il n’y a plus eu un Xamaxien engagé dans l’équipe suisse.  

• Avec quel entraîneur avez-vous le plus progressé?
- Honnêtement, tous les entraîneurs que j’ai eus ont été importants. Disons que le premier, Alain Geiger, est celui qui m’a donné la chance de m’améliorer au contact de joueurs confirmés et, alors que j’étais encore jeune, Miroslav Blazevic m’a fait jouer avec la première équipe. Mais j’ai aussi beaucoup appris avec Gérard Castella et aujourd’hui, Pierre-André Shürmann me permet de progresser encore au quotidien. 

• En ce qui vous concerne, est-ce que votre statut de vedette a été un avantage pour «draguer»?
- Pour ma part, pas vraiment puisque j’ai rencontré ma compagne très tôt. Mais il est vrai que c’est le cas pour certains de mes coéquipiers.


Questions de Laure Oberli, 16 ans, lycéenne, membre de l’équipe féminine de Xamax

Raphaël Nuzzolo

• Sincèrement, que pensez-vous du football féminin? Avez-vous déjà eu l’occasion d’assister à un match ?
- J’ai suivi la Coupe du monde de foot féminin à la télévision et je trouve que certaines équipes ont un sacré niveau, notamment les Américaines. J’ai vu deux ou trois fois des matchs de l’équipe féminine de Xamax et j’ai trouvé que ça jouait plutôt bien.


• Les joueurs de Neuchâtel Xamax sont d’origines et de langues diverses. Est-ce que cela complique les rapports entre vous?
 - C’est vrai que si l’on n’a pas quelques notions d’anglais c’est difficile de se faire comprendre avec certains joueurs étrangers. Xamax a toujours été un club multiculturel et personnellement, je trouve ça enrichissant.

• Quel est votre sentiment lorsque le public scande votre nom après une victoire ou vous siffle après une défaite?
- Bien sûr, c’est toujours prenant d’être acclamé par la foule ou d’entendre son nom scandé dans les tribunes. C’est chaque fois une sensation bizarre, un vrai plaisir surtout. A l’inverse, c’est évidemment un peu plus pénible lorsqu’on est hué ou sifflé, surtout lorsqu’on joue à domicile à la Maladière. Mais bon, ça fait aussi partie du jeu.

• Vivez-vous en couple? Est-ce que le statut de footballeur professionnel est une embûche à une vie de famille?
- Oui, je vis avec ma compagne. Concernant la deuxième partie de la question, je dirais même que c’est plutôt un avantage. Dans le football, on a plus de temps à partager. Moi, je n’ai pas d’enfant, mais je vois bien que mes coéquipiers peuvent consacrer beaucoup de temps à leurs enfants, à leur famille, plus que s’ils avaient un job classique dans la vie civile.

Raphaël Nuzzolo

• Quel est votre style de jeu préféré, anglais, allemand, méditerranéen?
 - J’aime bien le football anglais… irlandais aussi. Ils ont une façon particulière de se battre. C’est un football plein de caractère. D’un autre côté, j’ai toujours un œil sur le championnat allemand qui offre des matchs spectaculaires dans de magnifiques stades.

• Etes-vous superstitieux? Quelles sont vos petites « manies » d’avant match?
- Oui, je suis plutôt superstitieux. Disons qu’avant chaque rencontre, j’ai une manière un peu cérémoniale pour me préparer dans les vestiaires. J’ai des petites manies qui font que si un match s’est bien déroulé, je refais les mêmes choses le match suivant. Par exemple, je mets la chaussure gauche avant de chausser le pied droit. C’est comme pour les numéros, j’ai des chiffres préférés.

• Que pensez-vous des transferts au milieu d’une saison?
- C’est bien d’avoir des transferts à Noël. Les clubs qui vont mal ont ainsi l’occasion de se renforcer en effectuant des transferts pour améliorer leur effectif. Et puis, si un joueur n’est pas à l’aise dans une équipe, il est bien qu’il puisse changer de club.

Questions d’Alexandre Ballet, 14 ans, écolier, juniors C au FC Corcelles-Cormondrèche.

Raphaël Nuzzolo

• Suite à la fameuse «main» de Thierry Henry et à d’autres fautes, êtes-vous pour ou contre l’utilisation de la vidéo lors des matchs de foot?
- A mon avis, il n’y a rien à changer. Ça fait parler les gens et c’est des fautes il y en a toujours eu et il y en aura encore. Avoir cinq arbitres comme en Coupe UEFA serait une bonne chose. Quant à la vidéo, je suis plutôt contre.

• Selon vous, à quoi est dû l’actuel passage à vide de Neuchâtel Xamax?
- On savait qu’il y aurait un passage difficile, on ne pouvait pas gagner à tous les matchs. On a très bien commencé la saison et c’est vrai que c’est dommage d’avoir perdu des points à la maison, face à Aarau ou Grasshopper. Mais bon, il y a toujours des hauts et des bas et il est certain que l’on va tout faire pour gagner des points et remonter au classement.

• Combien de fois par semaine avez-vous des entraînements avec l’équipe?
- En préparation, c’est deux entraînements quotidiens tous les jours de la semaine. Sinon, en compétition, c’est deux fois les mardi et mercredi, et une séance d’entraînement les autres jours de la semaine.

Raphaël Nuzzolo

• Un transfert à l’étranger est-il, selon vous, l’aboutissement d’une carrière professionnelle?
- Oui, ça peut l’être. Lorsqu’on joue dans le Championnat suisse, on aimerait toujours partir ailleurs. Cependant, chaque joueur à des objectifs différents et un plan de carrière qui peut varier selon sa situation familiale. 

• Quels sont vos rapports avec Pierre-André Schurmann?
- Ils sont très bons. On a bénéficié d’une très bonne préparation avec lui et je pense que l’on a bien appris à se connaître durant ces quelques mois. En ce qui me concerne, j’ai un excellent contact avec lui.

• Est-il difficile de jouer un match contre un ancien coéquipier?
- Non, ce n’est pas difficile, c’est même parfois rigolo et finalement ça fait partie du jeu. Ce qui change, c’est qu’on va se téléphoner avant et après le match et se marrer en parlant nos duels durant la rencontre.

Questions de Blaise Rey, cuisinier, patron du restaurant Le Tennis, à Peseux.

Raphaël Nuzzolo

• Comment envisagez-vous l’avenir? Avez-vous un plan de carrière pour l’après foot?
- C’est vrai qu’aujourd’hui j’ai 26 ans et qu’il m’arrive de me poser la question, j’ai deux trois idées. A 18 ans, j’ai interrompu une formation pour me consacrer exclusivement au foot. A l’époque il n’y avait pas encore des structures sport-études. Mais je ne m’inquiète pas trop pour ça… on verra bien.

• Comment analysez-vous le désistement du public à la Maladière?
- Apparemment, le public neuchâtelois est sensible aux résultats de son équipe. Il vient quand on a du succès et c’est vrai que cette année, alors que tout allait bien pour nous, on a été un peu déçu de voir que peu de monde venait nous soutenir. Pour les joueurs, c’est important. La dernière opération plein stade reste un magnifique souvenir, on était porté par le public et en plus on a fait un excellent match contre Saint-Gall.

• Quels sont vos rapports avec Silvio Bernasconi ou Pierre-André Schurmann? Vous arrive-t-il de partager des moments, des repas, en dehors du «boulot»?
- Non, pas du tout. Et c’est vrai qu’il est difficile de créer des liens. Monsieur Bernasconi vient nous voir quelques fois dans l’année. Mais on sait qu’il veille et que si on a besoin de lui il vient pour dire ce qu’il pense. Le club est très structuré, chacun à sa place et c’est bien comme ça.

• Quel est votre rapport avec l’argent? Econome ou dépensier?
- J’ai toujours été économe, d’autant qu’il faut bien penser que la durée d’une carrière dans le football est assez courte. Je vis donc simplement, sans excès, d’autant que je ne suis pas intéressé par les belles voitures ou les vêtements de marque. Je laisse ça à d’autres dans l’équipe.

• Quel footballeur, d’hier ou d’aujourd’hui, admirez-vous le plus?
- Diego Maradona. Pour moi c’est le plus grand. Même s’il n’a pas toujours été exemplaire dans sa vie, ce qu’il a démontré sur le terrain reste magnifique.

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