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 Rencontre avec l’équipe féminine de Xamax

1/12/2009

Reportage

Xamax, c’est aussi des filles

Elles n’ont peut-être pas les gestes techniques des joueurs de la première équipe, mais elles défendent avec la même détermination les couleurs rouge et noir. Elles, ce sont les membres de l’équipe féminine de Neuchâtel Xamax. Rencontre avec ces filles, très motivées, et leur entraîneur. - par Pascal Tissier

En haut, de gauche à droite : Jean-Paul Buonocore (Adjoint) ; Jean-Pierre Marcon (Entraîneur) ; Joséphine Leuba ; Kim Andrey ; Gwenaëlle Beyeler ; Catia Da Silva ; Virginie Jordan ; Monica Schmutz ; Tanja Bodenmann ; Morena Tamburini ; Tania Mendes ; Stefan Schenk (adjoint).
En bas : Nadja Burkhalter ; Letizia Cavuoto ; Jeanne Aubert ; Tifany Bordignon ; Nadia Cutro ; Sabrina Migliozzi. Absentes sur la photo : Sarah Moeschler ; Sabrina Maspoli ; Joëlle Dalla Piazza ; Laure Oberli ; Cindy Rossi. Photo et montage Pascal Tissier


Il fait un temps glacial au Chanet, juste au-dessus de Vauseyon, là où l’équipe féminine de Neuchâtel Xamax s’entraîne deux soirs par semaine. Dès 19 heures, les premières filles arrivent et filent directement se changer aux vestiaires. A l’extérieur, Jean-Pierre Marcon, l’entraîneur, discute du programme de la soirée avec ses deux adjoints, Jean-Paul Buonocore et Stefan Schenk: «Nous devons encore trouver un ou deux ballons, pour que chacune des filles en ait un. Comme l’équipe de troisième ligue de Xamax ou les vétérans, nous ne faisons pas partie de la formation Neuchâtel Xamax. Du coup, nous devons nous débrouiller pour alimenter notre caisse, trouver des sponsors et acheter nos équipements, ballon compris.»
Pour tous, Jean-Pierre Marcon, c’est JPP. Outre son poste d’entraîneur des filles, cet animateur professionnel est aussi l’un des deux speakers lors des matchs de la première équipe au stade de la Madière: «C’est en général moi qui m’occupe des jeux-concours sur le terrain pendant la mi-temps».

Du terrain à la cantine
Si les filles bénéficient d’un bon rabais sur l’achat de leur équipement, elles doivent néanmoins débourser des sommes importantes pour s’offrir maillot, short, chaussettes et survêtements aux couleurs de leur club favori. «Elles vont travailler dans une cantine lors de chaque match de la première équipe au Stade de la Maladière», explique JPP. «Elles sont toujours derrière le comptoir du secteur D (face à l’entrée est du stade) deux heures avant le match et jusqu’à une heure après. Le défraiement qu’elles  touchent pour ce boulot va directement et intégralement dans la caisse commune de l’équipe.»

Equipe Féminine Xamax

Une gardienne efficace
La bise est toujours aussi glaciale au Chanet, et pourtant Tifany, 16 ans, transpire: en face d’elle, un coach ne cesse de lui expédier des ballons. La jeune gardienne saute, plonge et se déplace à la vitesse de l’éclair, afin d’empêcher les projectiles d’entrer dans sa cage. A la pause, Tifany est essoufflée mais radieuse: «C’est ma première saison à Xamax. Avant, j’étais en troisième ligue, chez moi, à Fleurier. Ici, on joue à un autre niveau, c’est plus rapide et c’est un nouveau challenge.»
Depuis cette rencontre, Tifany, mais aussi Tanja et Morena, deux autres filles de l’équipe, ont passé des sélections à Noiraigue, dans l’espoir d’être titularisées dans l’équipe féminine cantonale M18. Les trois joueuses ont réussi les tests et, dorénavant, elles évolueront aussi sous les couleurs de la formation cantonale.

Une équipe soudée
A l’entendre, JPP est un entraîneur comblé même si «ses» filles n’occupent pas le haut du classement. «Ce qui importe, c’est d’avoir une équipe soudée et motivée. A ce niveau-là, il n’y a rien à redire, elles mouillent vraiment leur maillot, si j’ose dire. Et en plus, elles ont du plaisir. Ainsi, lorsque nous sommes allés jouer au Lignon, près de Genève, Sabrina «Totti» a fait le déplacement pour jouer une mi-temps, avant de retourner à Neuchâtel pour aller bosser au Mac Do. Sur le chemin du retour, les filles on voulu rejoindre Sabrina et on est tous allés manger au fast-food pour fêter notre victoire avec elle.»
Les porteuses du maillot rouge et noir ne résident pas toutes sur le littoral. Jean-Pierre Marcon doit aussi tenir compte des problèmes de logistique et de transport, notamment pour les matchs qui se déroulent à l’exterieur. «J’ai des filles qui habitent dans les Montagnes, à La Chaux-de-Fonds, aux Brenets, alors que d’autres vivent dans le Val-de-Travers. J’en ai même qui viennent de Ins ou d’Aarberg. Et comme la majorité d’entre elles n’ont pas l’âge d’avoir le permis, selon les déplacements à effectuer, plusieurs des filles se retrouvent parfois sans train pour rentrer chez elles.»

Equipe féminine de Xamax

Paroles de filles
La joueuse d’Aarberg, c’est Monica. Avec ses 28 ans, elle est l’aînée de l’équipe et elle n’a pas l’intention de raccrocher ses souliers à crampons. «C’est ma deuxième saison à Xamax et comme toutes les filles ici, je suis célibataire. Mais ça ne veut pas dire que l’on n’a pas de copain. Evidemment, le foot féminin est moins viril que chez les garçons, il y a moins de contacts…» «C’est moins violent surtout!», intervient Gwenaëlle (21 ans). «Mais il y a plus d’insultes», ajoute Tania (18 ans) dans un éclat de rire général.
Avant de rejoindre, cet été, l’équipe féminine de Xamax, Kim (18 ans) accumule déjà dix ans de football. Les déplacements de ses parents l’ont amenée à jouer en Australie et à Hambourg. «Sincèrement, c’est ici que je m’éclate le plus… c’est plus professionnel.»
Initiée au foot par son père et ses deux frères, Laure (16 ans) est depuis trois ans dans l’équipe. Elle vient de reprendre l’entraînement après un séjour de trois mois au Canada. Quand on lui demande si son père chausse aussi les crampons, Laure et ses copines éclatent de rire. «Il est toujours là, mais en supporter.» 
L’une des plus anciennes de l’équipe, c’est Nadia, 22 ans, une fille qui a déjà un plan de carrière bien arrêté. «Je veux devenir directrice d’entreprise!» Pour l’instant, comme la majorité de ses copines de terrain, Nadia est encore en études. Après six saisons en rouge et noir, elle considère que le football correspond parfaitement à sa nature. «Comme je ne sais pas jouer avec mes mains, je joue avec mes pieds.»

Tout est dans la manière
Alors que «ses» filles achèvent leur séance d’entraînement et vont se réchauffer aux vestiaires, JPP prend le temps de commander un café à la buvette. Après avoir entraîné des garçons pendant des années, il revient sur ce que lui inspirent ses deux saisons dans le championnat féminin. «On ne gère pas les filles comme des garçons. Il m’a fallu quelques mois pour m’adapter. Les meilleures joueuses sont celles qui ont commencé vers dix ans, ou avant, dans des équipes juniors mixtes. Il est difficile et délicat de faire la différence entre les filles et les garçons. Les joueuses n’ont pas la même résistance, elles vont moins au contact et elles ont moins d’agressivité. Je le vois à chaque match. Mais personnellement, j’ai moins de pression qu’avec des garçons. C’est surtout une question de sensibilité. On ne peut pas s’adresser à une joueuse comme on parle à un garçon. Si l’on est mené à la mi-temps et que je les engueule, ça pleure. Il faut les gérer autrement, mais c’est aussi ça qui est passionnant.»

Pascal Tissier

Equipe féminine de Xamax

Bonus: quelques images non publiées dans XA'mag
Photos Pascal Tissier

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L'entraîneur Jean-Pierre Marcon, dit JPP (au centre) avec ses adjoints, Jean-Paul Buonocore et Stefan Schenk

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