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 Une journée avec Mario Gavranovic

1/12/2009

Foot et romance au bord du lac

Dès son arrivée, cet été, dans les rangs xamaxiens, Mario Gavranovic s’est imposé comme l’un des piliers de l’équipe (huit buts et quatre assists en moins de quinze matchs). Rencontre avec ce jeune Helvético-Croate qui, avec une modestie déconcertante, parle de sa carrière et de son rêve de porter un jour le maillot de l’Inter de Milan. - par Pascal Tissier (texte, dessin et photos)

Mario Gavranovic
Mario Gavranovic

Non, Mario Gravanovic ne vit pas que d’amour et d’eau fraîche… il préfère, dès le matin, les boissons sucrées et autres jus de fruits… Mais il est très amoureux aussi, et il tient à en faire part. A dix heures précises, le jeune homme arrive à pied à La Gondola - le seul restaurant qu’il fréquente à Neuchâtel - main dans la main avec Jelena, une jeune Tessinoise qu’il a rencontrée durant ses vacances, juste avant son transfert dans l’équipe de Pierre-André Schürmann. «Elle est encore pour quelques jours avec moi à Neuchâtel. J’aimerais bien qu’on parle d’elle, qu’elle passe la journée avec nous et qu’elle soit aussi sur les photos.» Jelena, qui prétend ne pas parler le français, a parfaitement compris ce qui vient de se dire. Elle sourit et les tourtereaux échangent un bref baiser…

Tessinois dans l’âme
Sans lâcher la main de sa bien-aimée, «Gavra» – qui a fêté ses vingt ans le 24 novembre – évoque son enfance au Tessin. «Avant d’être Suisse ou Croate, je suis Tessinois. Et même si j’ai une affection particulière pour la Croatie, même si on y trouve la plus belle mer du monde, c’est au bord du lac de Lugano que j’aimerais vivre, là où je suis né, un an après que mes parents se soient installés en Suisse.»
Le jeune homme apprécie que sa famille vienne le voir jouer: «C’est vrai qu’aujourd’hui mes parents sont très fiers de me voir évoluer en Super League, mais comme Lugano est à quatre heures en voiture de Neuchâtel, ils ne viennent pas à tous les matchs. Ils préfèrent me suivre lorsqu’on joue à l’extérieur, comme à Zurich ou à Lucerne.»
Jouer dans une grande équipe internationale serait un aboutissement pour «Gavra» et son vœu de rejoindre un grand club italien lui paraît tout à fait logique. «Comme les Romands suivent plutôt les clubs français et que les Suisses allemands sont plutôt passionnés par les matchs de la Bundesliga, j’ai toujours été fan du championnat italien.»

Mario Gavranovic

Balade au bord du lac
Pas d’entraînement ce matin. Et apparemment Mario a envie de profiter de la présence de Jelena et du beau temps. «On pourrait aller se balader au bord du lac.»
En traversant la zone piétonne, le couple bavarde en italien sans jamais s’arrêter devant l’un ou l’autre des commerces. Quelques instants plus tôt, le jeune homme confiait qu’il ne faisait pas de shopping à Neuchâtel. «J’apprécie beaucoup la mode italienne. Du coup, je préfère acheter mes habits dans les boutiques tessinoises, ou directement en Italie.»
Arrivés sur le quai Osterwald, Mario et Jelena s’arrêtent un instant, s’embrassent discrètement et vont s’isoler quelques minutes au bout du ponton qui enjambe le lac. Leurs mains toujours enlacées, les amoureux longent la rive, puis se dirigent à nouveau vers le centre-ville, choisissent une terrasse ensoleillée et s’installent. Ce sera un expresso pour elle, un jus d’orange pour lui. Les confidences continuent entre eux, ponctuées par des gestes de tendresse…
Le 19 des rouge et noir a le verbe modeste lorsqu’on aborde le fait qu’il est l’un des meilleurs buteurs de cette saison. «Si je marque, c’est avant tout parce que l’on me passe de bons ballons. C’est un travail d’équipe. J’ai une place privilégiée au milieu d’un dispositif d’attaque, protégé et servi par Brown devant et deux ailiers.»

Mario à table
A midi, comme tous les jours quand ils ne sont pas en déplacement, bon nombre de Xamaxiens se retrouvent à La Gondola où ils ont leur table réservée. Jaecky Halimi, le patron, est aux petits soins avec les joueurs et adapte les menus en fonction des goûts de chacun. Aujourd’hui Mario se contente d’une tranche de viande accompagnée de pâtes. «J’aime bien la cuisine italienne, mais je ne suis pas difficile. Chez moi je cuisine rarement, même s’il m’arrive parfois de me cuire des pâtes le soir.» A la question de savoir s’il a un plat préféré, Mario réfléchit un instant et demande à Jaecky comment se traduit «coniglio» en français… «lapin». «Alors, quand je suis chez mes parents, j’adore manger le lapin préparé par ma mère.» A la fin du repas, le patron se propose de lui offrir le dessert. Ce sera une «fusée». Jaecky est médusé: «Mario est un garçon calme et gentil qui ne se prend pas la tête. Tu vois, tu lui offres un dessert et il prend une simple glace à l’eau. C’est tout lui.»

Mario Gavranovic

Un tatouage spirituel
13h30. Avant de se rendre à l’entraînement de l’après-midi, Mario va se reposer un peu chez lui. Il occupe un petit deux pièces en plein centre-ville. Pas de nom sur la boîte aux lettres, ni sur la sonnette. «Mon courrier arrive toujours chez mes parents ou au club, c’est plus simple pour moi.» Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’aménagement de l’appartement est sobre: un grand canapé, une table basse, une télévision et une petit table avec deux chaises. Sur les murs, pas de cadre, ni de poster. Seul un crucifix est suspendu en face du canapé. Croyant? Pour toute réponse, le jeune homme retrousse la manche de son bras gauche pour laisser apparaître un tatouage d’une bonne trentaine de centimètres: «I believe in Jesus Christ» (Je crois en Jésus-Christ). La messe est dite!

Un vrai couche-tôt
Pas de journaux, ni de magazines, ni de livres… Il y a bien un ordinateur portable sur la table basse et une console de jeu connectée à l’écran plat. Comment Mario Gavranovic occupe-t-il ses soirées? Il joue, regarde la télévision ou sort? «Je suis un solitaire et je ne sors jamais le soir. Je reste chez moi et je me couche tôt, surtout la veille d’un match. Quand Jelena n’est pas là, je passe de longues heures à discuter avec elle, via la webcam de l’ordinateur. Sinon, je regarde un peu de foot à la télé ou je joue à «Pro Evolution Soccer» (une simulation de football) avec ma PS3».
Des rêves plein la tête
Il est 18h30 lorsque Mario et Jelena arrivent à l’hôtel-restaurant du Vignoble, à Peseux. «J’ai habité là quelques semaines, lors de mon arrivée à Neuchâtel, et j’y reviens régulièrement pour souper.» Alors que Jelena commande une pizza, Mario se rabat une fois encore sur une tranche de viande avec des pâtes.
Apparemment, dans l’après-midi, l’entraînement s’est prolongé: «Après les deux heures d’exercices sur le terrain, on a encore eu une séance de théorie. Il était 17h30 lorsque je suis parti de la Maladière.»
Mario Gavranovic ne sait pas si l’année prochaine Xamax lèvera l’option de transfert liée à son prêt, mais il est optimiste quant à son avenir. «Bien sûr, je serais très heureux d’être sélectionné un jour dans l’équipe nationale A ou de partir jouer sous les couleurs de l’Inter de Milan, mais comme tous les footballeurs, je rêve de pouvoir disputer une coupe du monde…»

Mario Gavranovic
Mario Gavranovic




Super Mario: sa vie c’est le football

Faute d’avoir pu briller dans le football pour des raisons de santé, le père de Mario Gavranovic va transmettre sa passion du ballon à ses trois garçons. Aujourd’hui, alors que Mario fait parler de lui à la Maladière, son grand frère, de deux ans son aîné, évolue en troisième ligue dans une équipe tessinoise. Quant au cadet, du haut de ses douze ans, il espère suivre la trace de son idole… son frère.
«J’ai toujours voulu être footballeur professionnel et si j’ai été au bout de mes études d’employé de commerce, c’était surtout pour rassurer ma mère… J’ai toujours préféré courir derrière un ballon, plutôt que de m’asseoir derrière un banc d’école.»
A dix ans, après avoir usé ses premiers crampons dans son club de quartier, Vezia, le petit «Gavra» entre au FC Lugano. Là, saison après saison, l’adolescent peaufine sa technique et son jeu de jambes: un apprentissage ponctué par quelques sélections nationales juniors et marqué, au terme de la saison 2006/2007, par deux apparitions en Challenge League.

De Lugano à Neuchâtel
Mario Gavranovic a 17 ans lorsqu’il entame pleinement sa carrière de footballeur professionnel. Toujours sous les couleurs du FC Lugano, il marque ses premiers buts (8) au cours de la saison 2007/2008 et se voit même proposer un transfert en Italie, à Gênes. C’était sans compter sur sa lucidité et sa sagesse. «Je ne voulais pas brûler les étapes… Mon rêve est de jouer un jour à l’Inter de Milan. J’ai préféré rejoindre Vittorio Bevilacqua, à Yverdon. C’était mon entraîneur dans les M18 luganais et avec lui je savais que je pouvais encore progresser.» Mario Gavranovic ne décevra pas les supporters nord-vaudois: là encore, il signe huit buts en vingt matchs et d’autres encore, avec le maillot rouge de l’équipe nationale des moins de 21 ans (M21), dirigée alors par Pierre-André Schürmann. Cet été, lorsque ce dernier devient l’entraîneur des rouge et noir, il sollicite le renfort de «Gavra». Les dirigeants du FC Yverdon acceptent le «prêt» et c’est ainsi que Mario Gavranovic s’est retrouvé en Super League, dans le onze de base xamaxien…
Lorsqu’il évoque son parcours, Mario Gavranovic se souvient de l’époque où, ramasseur de balles au stade du Cornaredo (Lugano), il n’avait d’yeux que pour son idole Julian Hernan Rossi. «Et dire qu’aujourd’hui je joue dans la même équipe que lui, c’est incroyable!» A suivre…

Pascal Tissier (texte et photos)


Mario Gavranovic
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BONUS: quelques images inédites non publiées dans XA'mag
Photos: Pascal Tissier

Mario Gavranovic
Mario Gavranovic dans son appartement au centre-ville de Neuchâtel

Mario Gavranovic

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Mario et Jelena... tendrement amoureux...

Mario Gavranovic

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